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Médias

Les journalistes africains face aux pressions persistantes

17-11-2017

La mort, l’emprisonnement, la torture et l’arrestation sont le lot des journalistes d’investigation en Afrique. Ils n’ont ni la liberté d’expression ni droit à l’information publique. Reportage depuis la Global Investigative Journalisme Conference (GIJC) à Johannesburg, une conférence dédiée au journalisme d’investigation.

Mwape Kumwenda « Tout journaliste qui accepte la corruption tue la société dont il est la voix et l’œil.»

« Le journaliste d’investigation en Afrique doit se donner corps et âme, avoir un dévouement, consacrer sa vie pour ce travail et afficher sa détermination à braver les nombreuses pressions dont ils sont eux-mêmes l’objet.», lance Mwapa Mumwenda, investigatrice zambienne du Muvi Télévision. C’était ce jeudi 16 novembre dans une Conférence Internationale sur le Journalisme d’investigation (GIJC) qui se tient à l’université de Wits, dans la ville sud-africaine de Johannesburg.

Les participants ont discuté des défis persistants du journalisme d’investigation en Afrique, telles que les difficultés d’accès à l’information, les menaces physiques et les poursuites intentées contre eux. « Nous n’avons pas accès à l’information publique.», témoigne Mwapa Mumwenda. Dans plusieurs pays, les journalistes n’ont ni la liberté d’expression ni droit à l’information. Certains documents sont classés secret d’Etat. Ce qui empêche les journalistes d’accéder aux informations.

Le travail d’investigation qui permet au public de s’informer de certains sujets sensibles se révèle souvent périlleux. « Les journalistes mettent leur vie en danger en enquêtant sur les affaires des membres du gouvernement corrompus et des hommes influents du pouvoir en place ». Certains journalistes courageux et ambitieux ont été torturés et d’autres ont été arrêté et tués. D’autres sont souvent interrogés pour avoir diffusé des informations les abus des orchestrés par les membres des gouvernements.

La protection des sources d’information a été également soulevé comme étant le pilier de ce journalisme d’enquête. « Nous devons protéger nos sources », affirment tous les intervenants. Car les sources ont peur de donner des informations. Ils sont traumatisés par les pouvoirs en place souvent corrompus.

Les journalistes ont du mal à achever leur travail à temps

Ces défis empêchent les journalistes de livrer au public des informations fiables et utiles au moment voulu. Ils passent beaucoup de temps pour produire des informations. Les journalistes ne font pas l’investigation pour eux-mêmes ou pour s’enrichir, mais pour notre société assoiffée de connaître la vérité. « Tout journaliste qui accepte la corruption tue la société dont il est la voix et l’œil.» souligne M. Mumwenda.

Par ailleurs, ce journalisme s’intéresse à mettre la lumière sur le phénomène difficile à détecter notamment la corruption, le trafic de drogue, d’armes et humain. Le travail d’investigation montre les méfaits de ces phénomènes à tous les niveaux de la société et surtout comment elle affecte la vie quotidienne.

L’objectif principal de cette rencontre est de permettre aux journalistes d’investigation et autres aspirants d’échanger et de partager leurs différentes expériences dans la pratique de l’investigation journalistique «En mettant nos connaissances ensemble et en échangeant régulièrement, nous serons plus informés et plus efficaces dans notre métier», a mentionné David Kaplan, président du Global Investigative Journalisme network.

1200 journalistes d’investigation venus de 130 pays participent à cette conférence internationale, dont deux Burundais.

  3   Vos commentaires
  1. MANA

    On en demande beaucoup aux journalistes : ce sont des humains. On ne peut pas leur empêcher d’avoir une sensibilité après avoir démontré le pour et le contre. Quand on rédige il faut conclure.
    Même ailleurs il y a des journaux de gauche et de droite. Vous souhaitez que les journalistes africains disent juste ce qu’ils constatent sans commenter ? Quel épanouissement intellectuel ?

  2. Fofo

    Nous sommes tous appelés à la solidarité avec tous ces journalistes pour un service combien important dans le renforcement de la démocratie, la promotion de droit dit de l’homme (moi je préfère le devoir de l’homme envers l’autre parce qu’il y a pas de droit sans obligation ou un droit sans limite) et la contribution au développement socio-économique.
    Toutefois, les journalistes devraient reconnaître qu’il y a parmi eux qui ne veulent respecter ni la déontologie professionnelle ni la loi qui les régit. D’autres se sont transformés en politiciens déguisés leur objectif, d’une part faire tomber le gouvernement qui ne leur est pas favorable à leurs intérêts. D’autre par soutenir ou defendre le gouvernement dans toutes circonstances. D’autres se sont fixés comme mission, devenir le prophète qui ne sont là que pour prophetiser le malheur contre les autres ou ne rapportent que les faiblesses des autres et jamais leurs qualités. Un bon professeur peut être en même temps grand soulard. Pourquoi vous intéressez-vous de ses faiblesses seulement et non les deux à la fois ?

    C’est au journaliste de veiller au respect de la déontologie professionnelle et à la loi c’était ainsi que vous deviendrez plus solidaires entre vous même d’abord et gagner le soutien de tout le monde.

    Que le journalisme reste une source d’information juste, impartiale et équilibrée et non un outil de vulgarisation des rumeurs, de la haine ou de règlement des comptes.

    • Karabona

      Non Fofo, la presse n’a pas seulement pour mission de donner une information « impartiale » et « équilibrée », ça, c’est une vision qui date du Moyen-Age, dans une démocratie la presse dite « d’opinions » est une chose normale, la presse d’investigation qui traque les magouilleurs, les tricheurs, les mensonges d’état, etc, c’est encore normal, une presse « politique », qui marque un penchant pour un modèle socio-économique ou l’autre, c’est encore parfaitement normal – le journalisme est politique dans son essence, « politique » dans le bon sens du terme, c’est à dire qu’il participe à une bonne gestion de la « chose publique », la « res publica » en latin ou encore la république en français, dans une république, la presse est en résumé LIBRE, mais le Burundi n’est plus une république, c’est un système totalitaire qui par essence, lui,ne peut s’accomoder de la fonction de contre-pouvoir de la presse, de sa fonction de gardien de la démocratie… et pourtant… la liberté de la presse est une condition essentielle à la liberté de chacun des citoyens d’une nation, c’est la liberté d’expression d’un peuple.

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