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La plainte «ignorée»

Un collectif de trois avocats a déposé une plainte à la Cour pénale internationale au nom de 60 familles de victimes d’exécutions extrajudiciaires présumées. Pour le procureur général de la République, elles devraient déposer leurs plaintes au Burundi.

Valentin Bagorikunda invite ces familles à venir déposer leurs plaintes au Burundi.

Valentin Bagorikunda invite ces familles à venir déposer leurs plaintes au Burundi.

Le procureur général de la République, Valentin Bagorikunda, assure, dans un communiqué de presse sorti ce mardi 29 mars, ignorer jusqu’à présent la plainte déposée par ce collectif d’avocats. Il en profite pour mettre en garde ces familles de victimes d’exécutions extrajudiciaires présumées contre le risque de manipulation dont ils peuvent faire l’objet « en confiant leurs plaintes à des gens qui ont des agendas autres que celui de la justice.» Sans oublier au demeurant de rappeler que Me Bernard Maingain et Me Armel Niyongere, deux des trois membres de ce collectif, font l’objet de plusieurs enquêtes judiciaires.

Valentin Bagorikunda exhorte ces familles à venir déposer leurs plaintes et autres éléments de preuves au Burundi afin que des enquêtes soient entamées. «Si d’aventure certains faits infractionnels commis n’ont pas fait l’objet de poursuites, c’est parce qu’ils n’ont pas été rapportés au ministère public.»

«Le procureur général a peur» 

«En principe, le ministère public devrait se saisir des cas de violations des droits de l’Homme et il ne devrait pas attendre les plaignants», réagit d’emblée Armel Niyongere. Selon lui, le procureur général montre avec ce communique qu’il a peur parce qu’il n’a pas fait son devoir de diligenter des enquêtes pour poursuivre les auteurs des crimes commis au Burundi et qui continuent à se commettre. «Ensuite, ils ont été surpris d’entendre que les victimes se sont organisées pour demander justice.»

Cet activiste souligne que les victimes n’ont plus confiance en la justice burundaise, raison pour laquelle elles ont directement saisi les juridictions internationales. « Le procureur a mis en place des commissions qui n’ont jamais arrêté ou condamné aucun criminel ou bien convoqué les personnes citées dans les dossiers de crimes. »

En ce qui concerne les poursuites contre Me Bernard Maingain et lui, il trouve que c’est facile d’affirmer que les avocats sont poursuivis par la justice et qu’ils ont un agenda caché. « C’est une façon de nous empêcher d’exercer leur mandat, mais je pourrai lui dire qu’il se trompe car nous sommes très engagés et nous avons tous les éléments de preuve. Il faut que lui aussi se prépare à montrer les résultats de ses enquêtes.» Et de préciser qu’ils ne sont pas eux poursuivis par la CPI.

Signalons qu’en novembre dernier, le procureur de la CPI, Fatou Bensouda, a sorti une déclaration où elle rappelle que quiconque, au Burundi, incite à commettre des violences à grande échelle ou se livre à de tels actes, notamment en ordonnant, sollicitant ou encourageant la commission de crimes relevant de la compétence de la CPI, ou en y contribuant de toute autre manière, s’expose à des poursuites devant cette cour.

  10   Vos commentaires
  1. Ne soyez pas aveuglés par la tendance des événements pour rejeter systématiquement ce que font les mal-aimés du moment! Revenons au Procureur Général: Ce dernier parle comme s’il ignorait que des gens ont été massacrés et il attend que les familles déposent plainte chez lui. Je ne sais pas s’il est conscient de ce qu’il doit faire mais un procureur (général) entame une enquête aussitôt qu’une mauvaise nouvelle en rapport avec la sécurité publique lui tombe dans les oreilles. Et en Avril 2016, il attend qu’on vienne se plaindre des crimes commis en Décembre 2015. Quel sommeil! Non, il ne dort pas mais il ne signerait pas tout de même son mandat d’arrêt, raison pour laquelle d’autres procureurs feront la tâche à sa place.

    A ceux-là qui s’adressent véhémentement à Mr Niyongere, je conseillerais de le laisser tranquille. Il se bat pour la justice et le droit pour tous. Demain ou un autre jour, vous pourriez bénéficier des services qu’il est en train de bâtir. Nous vivons des événements et ceux-ci sont passagers. D’autres viendront comme le dit si bien ce vieil adage burundais, « Ubwatsi burasha bukabisa ubundi. » Laissez de côté la passion de mots sensationnels comme « abolir un peuple » (je ne sais pas si cela existe), la virulence contre la CPI et ainsi de suite. Ainsi, comportez-vous en humains au lieu de vous attaquer férocement à ce que vos supposés adversaires construisent.

  2. Ntazizana

    Bagorikunda , iyo winumira nk’uko unuma amabi ariko aragirirwa bamwe mu barundi.
    Wanse kuba umushingantahe , utora kuba umugabo uca usanga ur’umugabo niryo.
    Ico womenya n’uko abarundi bazi gutandukanya icatsi n’ururo. Uyu musi iyo uhaguruka ukiyamiriza amabi igipolisi ca snr kigira, hari abantu benshi wari kuba warakijije.

  3. Honest

    vous vous fatiguez pour rien. vous connaissez comment la CPI fonctionne?

    • Muhima Mweru

      Honest tu n’est pas honnête d’abord, tu veux décourager qui ? Le temps change! Tous ces criminels au pouvoir au Burundi ne vont pas échapper à la justice. Si la justice au Burundi est corrompu est dictée par les tenants du pouvoir, les Burundais chercherons justice ailleurs, pas seulement à CPI, même ailleurs! La compétence universelle fonctionne que tu l’accepte ou pas.

  4. Mayagwa

    La CPI doit fermer bientôt ses portes. Elle n’a plus la raison d’être car elle poursuit les africains oubliant que les commanditaires sont les occidentaux. Quel Président dictateur africain qui commet des actes de violation des droits humains s’il n’est pas soutenu par une puissance mondiale? S’il faut punir les criminels, je pense que les commanditaires devraient être puni sévèrement avant les autres. Malheureusement cette justice n’existe et n’existera jamais. La mission de la CPI est de poursuivre les criminels africains mais elle a peur de poursuivre les commanditaires qui encouragent et financent les criminels.

  5. MUGABARABONA

    Au fait, rien n’a été signalé au Burundi ? Pourtant il y a des jeunes loups au pouvoir qui ont des sociétés à l’Île Maurice semble-t-il ?
    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/04/07/panama-papers-comment-le-petrole-congolais-s-evapore-dans-les-paradis-fiscaux_4898082_3212.html

  6. MWEZI GISABO

    La justice burundaise n’existe pas. Celle que nous avons est une justice aux ordres, une machine manipulée à outrance par le parti au pouvoir pour broyer ses opposants. C’est cela la triste réalité

  7. roza kamikazi

    Basha bitebe bitebuke uwakoze amaraso azobihanirwa nayo gutera ubwoba ngo nibitware i burundi bareke kuja la haye mbere wohungira imvura mumuserege bazokwitara aho babona ko bumvirizwa ndaremye ugira bizoba nkivyo muri kenya bazobagiriza nyene naho abari iburundi vyobananira abari hanze bazobikora ata gitsure ca batwara.

  8. Jean-Pierre Ayuhu

    Cher Monsieur Niyongere,
    Tout le monde est actuellement au clair par rapport à vos intentions et aux intentions, du reste, de de la plupart de ce qui se réclament défenseur des droits de l’homme au Burundi…Il y a des gens de bonne Foi – pour éviter la globalisation-, parmi les dits défenseurs!
    En effet, après vos échecs à renverser les institutions à travers vos manifestations, les tentatives de faire endosser au gouvernement un génocidaire imaginaire, la tentative de coup d’état,.., ce fut le tour la CPI.
    Si vous suivez l’actualité, de telles tentatives ont eu lieu contre le président Kenya et son vice-président…Ils ont été acquitté. Pour le président Kenyan, les pays africains devaient se retirer de la convention instituant la CPI car elle est un outil pour régler des comptes aux dirigeant africains…Rassurez-vous, les autorités burundaises s’en sortiront. Simplement, cessez d’être les fossoyeurs de votre peuple! On abolit jamais un peuple.
    Portez-vous bien

    • Muhima Mweru

      Mr Jean- Pierre Ayubu, le temps évolue, nous ne sommes plus à l’époque où le pouvoir se permettait de massacrer la population sans défense et s’en sortir. Sachez aujourd’hui qu’avec  » la loi de la compétence universelle » non seulement la CPI mais aussi d’autres pays ou juridictions peuvent juger les crimes de guerres, crimes contre l’humanité, les tortures et autres traitements dégradants ». Donc, tout burundais ou membre de sa famille, pour des crimes graves, peut saisir une juridiction compétente en dehors du Burundi. Ce procureur à la solde du pouvoir, qui par ordre du pouvoir a émis des mandants d’arrêt international à des innocents, en l’occurrence des journalistes, membres de la société civile et les activistes de droit de l’homme, pansez vous que l’on a encore confiance à lui ? Pas du tout, seuls les dupes peuvent porte plainte devant lui, et il s’agit d’un suicide!!.

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