Éducation

Gitega : une mesure du ministère qui fait peur

Un coup de fil venant du ministère de l’Enseignement primaire et secondaire est tombé, vendredi 26 septembre. Il interdit les directeurs des écoles secondaires de dépasser 50 élèves dans les classes de 3ème secondaire. Depuis, c’est la peur chez les élèves et la consternation chez les responsables des écoles.

Dans la classe de 3ème à l’Ecole technique secondaire de Kwibuka, certains élèves suivent les cours debout  ©Iwacu

Dans la classe de 3ème à l’Ecole technique secondaire de Kwibuka, certains élèves suivent les cours debout ©Iwacu

«Nous avons accueilli cette mesure avec consternation», martèle Jean Claude Bikorimana, préfet des études à l’Ecole technique secondaire Kwibuka. Comme plusieurs autres directeurs des écoles, il a reçu un coup de fil de la part du ministère. Directives : aucune classe de 3ème pour les humanités générales ou de 1ère année pour les écoles techniques ne peut dépasser 50 élèves. «C’est une mesure difficile à mettre en œuvre.»
Le préfet des études souligne que le ministère a orienté sur son école 85 élèves. «Avec 35 redoublants, la classe compte 120 élèves. Où vont aller les 70 élèves de plus?» Si la mesure doit être exécutée, poursuit-il, il faut que le ministère précise clairement les conditions de sa mise en application ou carrément la remettre pour l’année prochaine après avoir expliqué son bien fondé. «Cette mesure est impossible à réaliser», renchérit Nicodème Manirakiza, préfet des études au Lycée Notre Dame de la Sagesse, ex-CND. Pour lui, vu les effectifs qui sont au cycle inferieur, ça devait être proportionnel qu’au cycle supérieur. «Nos classes de 3ème comptent pour le moment 57 élèves mais nous attendons toujours ceux qui ont fait les recours.»

La peur et l’indignation se lisent sur les visages des élèves

«Depuis que j’ai entendu cette histoire, je ne suis plus à l’aise. J’ai toujours en tête que je vais me faire renvoyer d’un moment à l’autre», s’inquiète un élève de l’Ecole technique secondaire de Kwibuka. «Je n’ai plus envie de me présenter au cours», renchérit un autre. Dans plusieurs écoles, c’est la peur qui se lit sur les visages. La plupart des écoles ont des effectifs pléthoriques dans les classes de 3ème. Certains élèves suivent les cours debout. Par exemple, le Lycée communal urbain de Rango a commencé l’année avec plus de 300 élèves dans une même classe. Des sources indiquent qu’à l’Ecole des travaux publics, certains élèves ont commencé à rentrer chez eux. Le directeur de cette école tranquillise les élèves et les exhortent à continuer les cours car il souligne qu’il n’a pas encore un document écrit.
«Le ministère est en train d’étudier cette situation. D’ici peu, il y aura une note écrite», précise Serge Nkurunziza, directeur provincial de l’enseignement. Toutefois, il pense que ce nombre de 50 concerne les écoles à régime d’internat. «Ce sont peut-être les effectifs que l’Etat peut supporter.» Signalons que malgré ces effectifs pléthoriques, on remarque devant les écoles de longues files de parents qui cherchent encore des places pour leurs enfants.

  8   Vos commentaires
  1. Freddy

    Mbaye nk’abandi abizi barize pe. Kiretse habaye igitangaro none abigisha bazakwigisha gute kuburyo atamwana numwe ayoberwa? Jewe mbona ari uguheza ibwirizwa ngo abana biga kubuntu. none abarimu baheza ubu bazoja kwigisha ivyo nabo batazi? yamara n’abana barabivuze ngo ubu niga muri mforoma ntahe!!!! Abafise uburyo babarungika kwiga hanze canke muri privés zimwe zimwe abasigaye n’akazi kabo. Mbega Ministère ifata ingingo itabanje kwiyumvira?

  2. Björn

    Yemwe abize barize amashure akiri mazima. Ndabira nkiryo shure ku ntebe imwe hariko abanyeshure ba 3 none mushaka baze bamenye gute. Meme la qualite de l’enseignement est miserable.

  3. N'importe quoi

    L’enseignement au Burundi est devenu un business au détriment de la qualité. Comment expliquer 300 enfants dans une salle de classe et qu’est-ce qu’o peut en attendre comme réussite? Les DD vous avez fait du Burundi un pays du n’importe quoi. Je ne crois pas qu’on ait connu au Burundi un régime si médiocre. Vous dépasser de loin, Micombero, Bagaza , Buyoya et Ndayizeye.

  4. Ndikumana Roger

    Des fois je lis ,…et des fois j’ai l’impression de rêver en plein jour.
    Certes, nous avons des problèmes au Burundi, mais je crois qu’on peut mieux faire.
    L’éducation c’est la base!
    Il y a un problème quelque part.
    Et pourtant les preneurs de décisions d’aujourd’hui n’ont pas connu les mêmes problèmes quand ils(elles) étaient sur le banc de l’école!
    Uko niko mushimira?

  5. Nkurunziz Alias Kigwe

    Ces DDs sont tellement bizarres qu’ils demandent toujours une chose et son contraire:

    1) Les chômeurs sont nombreux, ils ont fait l’université et paff pas de job, pour avoir un job d’enseignant il faut des millions de fbu et être membre d’Imbonerakure.
    2) La carence des enseignants est partout le plus grand problème, mais pas de budget pour les recruter, une province qui en demande 300, elle reçoit 50, et silence radio pas de budget ( pourtant la présidence et les renseignement n’en manque pas, il faut des milliards pour les bonnes initiatives du chef bien aimé, en tete des avocats.
    3) Il faut l’education pour tous et surtout faire de la sorte que les redoublements soient oublies et de quel maniere: oublier les echecs des eleves lors des deliberations ( anyway, deliberations veut dire koi alors?)
    4) Manque de sale de classe, manque de professeurs, manque de materiel, manque manque et encore manque meme manque des avocats ( mais officiellement le Burundi plante 8,000,000 d’avocat par an depuis 2005, soit 80,000,000 d’arbre avocats soit en moyenne 3000 avocats par Km2 si on suppose que meme dans le lac Tanganyika et Kibira il y en a)
    5) Mais quand meme ils se rappellent que 300 eleves dans une classe c’est pas bon, faut faire 50 seulement meme si le meme ministère y a oriente le double. Le préfet n’a qu’a s’arranger ( peut être une pression pour chasser les non Imbonerakure)
    6) Les directeurs des ecoles n’ont rien a dire pour proteger leur postes, ils doivent …. peuvent ….. rien en fait, juste oublier ces injonctions, comme le chef bien aimee est content d’avoir fait un appel a Gitega et Bururi, anyway il ne vas pas s’interesser a savoir la suite, la vie va continuer.

    • Twaranyegewe!

      @Nkurunziz Alias Kigwe
      « Ces DDs sont tellement bizarres qu’ils demandent toujours une chose et son contraire »
      Il y a 20 ans lorsqu’on avait que 30 élèves par classes, les autres étaient restés à garder les chèvres, les moutons, ainsi que les vaches pour ceux qui en avaient, ou à cultiver la terre! Pour le moment, plus de vaches à courir derrière, plus de chèvres ni de cochons, encore moins de terrains à labourer! N’oublions pas que sur 30 ans la population nationale a doublé alors que nous étions occupé à nous observer les tailles et les formes de nos nez! Les moyens n’ont pas suivi, et je plains les dirigeants actuels et futurs, qui même avec une bonne volonté sans borne, n’ont et n’auront pas grand-chose à offrir à leurs populations comme solutions à leurs insurmontables problèmes! Je reste convaincu que même avec une gouvernance sans faille, les problèmes du pays resteraient inextricables, du moins à court et à moyen terme! Je suis peut-être trop optimiste?

      • hat

        300 élèves par classe , nos dirigeants sont simplement

        • hat

          Nos dirigeants sont simplement irresponsables. Ces enfants sont voués à l échec. Donc la république ne peut plus instruire ses sujets , si le Burundi était une boutique alors elle fermerait.

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