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Gitega : un centre pour jeunes ouvre ses portes

Les jeunes de Gitega ont désormais un dédié à l’apprentissage et aux loisirs. Football, basketball, judo karaté et tennis de table seront au rendez-vous dans cet espace. L’ouverture officielle a eu lieu le 27 septembre courant.

Il a fallu plus de 150 mille euros pour la réhabilitation complète de cette ancienne maison sise au quartier Musinzira, sur la route Gitega-Muyinga, à 50 mètres du parking des bus allant à Muyinga. Première maison étage construite à Gitega, cette bâtisse rouge a été rénovée grâce à un financement de l’Union Européenne par le biais de l’association Peace and Sport. Elle servira pour de multiples activités sportives, culturelles et sociales.

Outre l’encadrement des jeunes, il y’aura aussi une salle réservée à l’informatique et à la lecture. Selon Joël Bouzou, représentant de Peace and Sport, le Burundi est sur la liste des pays les moins avancés (PMA). Il souffre des séquelles des conflits ethniques et des déplacements forcés de la population. Le sport constitue, indique-t-il, un moyen privilégié de réconciliation des communautés et de pacification. Car, en inculquant le respect de soi et de l’autre, c’est un facteur de stabilité et d’intégration sociale.

« Demain sera meilleur ! »

D’après Valentin Nahimana, administrateur de la commune Gitega, le centre fournira un encadrement pédagogique précieux de la jeunesse de Gitega. « Améliorer notre système éducatif pour le rendre plus performant est une priorité pour le développement de notre commune. Les activités sportives proposées par notre nouveau centre vont nous aider à atteindre cet objectif. Grâce à ce centre, l’avenir s’annonce plus radieux pour les jeunes de Gitega », indique-t-il.

Selon le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, le sport est un élément rassembleur et fédérateur fondamental, notamment dans les pays qui ont longtemps souffert de conflits comme le nôtre. « Le sport est un des piliers sur lesquels nous voulons reconstruire notre pays, encourager la réconciliation nationale et permettre aux jeunes d’accéder au système éducatif », a déclaré Jean-Jacques Nyenimigabo.

Pour le représentant de l’Union européenne au Burundi, les activités culturelles et sportives sont un très bon exemple de celles qui favorisent la cohabitation paisible des jeunes Burundais, quelle que soit leur conviction politique.  « Un avenir fondé sur la tolérance, l’acceptation de l’autre avec ses différances et la compassion sont les bases d’une paix durable et d’une vie communautaires harmonieuse », a signifié Stéphane De Loecker.

« L’expérience acquise pourra servir de référence dans toute la région des Grands Lacs d’Afrique. Les jeunes de la région vont pouvoir retrouver des repères et des objectifs grâce aux activités offertes par le centre », a remarqué pour sa part Joël Bouzou de Peace and Sport.

Des attentes multiples

La commune de Gitega, n’avait pas de lieu d’encadrement pour sa jeunesse. A part les jeunes scolarisés qui en bénéficiaient dans leurs écoles, les non- scolarisés étaient plus défavorisés dans les activités sportives, culturelles et éducatives. Egide Ndayisenga, enfant de la rue, voit dans ce centre un lieu de refuge. Pour lui et ses compagnons passaient la plupart du temps à faire du lèche- vitrines. Si bien qu’ils étaient tentés par le vol sur les étalages et le chanvre. « Au lieu d’être pourchassés par la police, nous serons toujours là pour regarder les films et nous initier aux pratiques de karaté », promet-il.
Au moment où les uns sont attirés par le loisir, les autres visent les connaissances intellectuelles. Ingrid Habonayo veut utiliser la bibliothèque pour la lecture et apprendre l’informatique. Toutefois, elle s’inquiète du nombre insuffisant des machines. « Il serait préférable qu’on ajoute d’autres ordinateurs. Les cinq qui existent déjà ne suffiront pas pour toute la jeunesse », explique-t-elle.

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