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Politique

Elections & CVR, un couple antinomique

08-02-2015

Les habitants de la commune Muruta estiment que la CVR et le processus électoral ne peuvent pas se dérouler concomitamment.

Des habitants de la commune Muruta, province Kayanza, affirment  que la CVR et les élections ne peuvent pas aller de pair ©Iwacu

Des habitants de la commune Muruta, province Kayanza, affirment que la CVR et les élections ne peuvent pas aller de pair ©Iwacu

« A mon point de vue, il faut commencer par les élections, parce que si on commence par la CVR, ça peut créer des conflits. Ce qui peut empêcher même certaines personnes d’aller voter parce qu’elles ont été accusées d’avoir commis des crimes », déclare Ferdinand Bimenyimana, 40 ans, natif de la colline et commune Muruta, province de Kayanza. Simon Ndikubwayo, de la même localité, abonde dans le même sens : « Si ça se passe concomitamment, les choses risqueraient de ne pas marcher comme on le souhaiterait. » Idem pour Anastasie Nyabenda.

Dans cette même commune, d’autres personnes accordent la priorité aux travaux de la CVR. C’est le cas de Valentin Kamwenubusa, 42 ans, qui pense que les enquêtes sur la vérité devraient précéder les élections. « Les propagandes et les élections devraient venir après la réconciliation entre les Burundais. » Cet homme estime qu’il est nécessaire que les Burundais se mettent ensemble pour trouver un consensus en la matière.

Du côté des politiciens, Augustin Nzojibwami, président du parti Sangwe-Pader, se référant au retard dans la mise en place de la CVR, juge urgent qu’elle débute son travail. Il rappelle, par ailleurs, que son mandat est de quatre ans, renouvelable un an. Durant la période électorale, suggère-t-il, il est possible qu’elle mène des enquêtes et procède à la réécriture de l’histoire du Burundi. « Si nous attendons la fin des élections, elle ne travaillera jamais », insiste-t-il, tout en rappelant que le but ultime de cette commission est la réconciliation entre les Burundais.

A ceux qui doutent de la qualité des commissaires, Augustin Nzojibwami assure que la loi sur la CVR prévoit le remplacement de ceux qui posent problème. Mais il trouve que les inquiétudes n’ont pas raison d’être étant donné que les commissaires seront assistés par une équipe d’experts internationaux.

Augustin Nzojibwami estime qu’il n’est pas opportun d’empêcher des personnes de participer aux prochaines élections parce qu’elles sont soupçonnées d’avoir commis des crimes. « Cette question pourra revenir en 2020 parce que la CVR aura probablement donné son rapport », dit-il, tout en reconnaissant que des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre… ont été commis au Burundi. Il rappelle que lorsque la justice ne s’est pas encore prononcée, l’accusé continue à bénéficier de la présomption d’innocence. Et dans la quatrième partie de la loi sur la CVR, M.Nzojibwami signale qu’il est prévu ‘’ le veeting’’ consistant à écarter des institutions toute personne accusée de crime, afin de garantir la non répétition des crimes.

Pour l’expert en mécanismes de justice transitionnelle, Merius Rusumo, la CVR a déjà commencé son travail avec le serment des commissaires. « Les Burundais doivent savoir qu’il est impossible de retourner en arrière. » Avant de passer aux enquêtes proprement dites, précise-t-il, la CVR doit chercher des bureaux, instituer le règlement d’ordre intérieur, organiser des formations à l’endroit de son personnel… Cet expert demande aux Burundais d’être tranquilles car le travail proprement dit de la CVR débutera après les élections de 2015.

L’Uprona pro Nditije est pessimiste

Evariste Ngayimpenda ©Iwacu

Evariste Ngayimpenda ©Iwacu

Evariste Ngayimpenda, un des poids lourds de l’Uprona pro Nditije, se pose plusieurs questions : « Moi, je pense que nous ne sommes pas dans un même pays. Est-ce que vous ne vous rappelez pas les magouilles qui ont caractérisé la mise en place des commissaires de la CVR? Et la loi qui les a institués ? Pourriez-vous me dire que parmi eux, il n’y a pas des gens qui sont sur mission ? ». Ainsi, ces derniers travailleront dans la droite ligne de leur maître. Pire encore, il signale que les contributions de son parti ont été jetées à la poubelle. Ce sont entre autres l’intégration des représentants de la société civile, des étrangers dans cette commission ainsi que mettre l’accent sur le tribunal spécial international. « Tous ces efforts ont été vains. »

Il s’interroge finalement sur l’objectif de cette commission. Quid de la présence des religieux dans cette commission ? Sans refuser que les religieux fassent partie de la société civile, M. Ngayimpenda aimerait que sa représentation vienne de celle très active en la matière. C’est-à-dire les associations qui ont déjà organisé des émissions ou mené des études sur les mécanismes de justice transitionnelle. « En considérant la composition de cette commission, rien ne me pousse à affirmer que la société civile est représentée », déclare-t-il, tout en affirmant que certains commissaires n’ont pas les mains propres. Il déplore, ensuite, que la loi sur la CVR soit votée par un seul parti, alors qu’elle concerne tous les Burundais.
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Elections & CVR, deux rendez-vous importants pour le pays

Merius RusumoD’après l’expert Merius Rusumo, les Burundais doivent comprendre que les élections constituent une étape importante dans la vie du pays. En démocratie, elles sont indispensables pour élire des dirigeants et mettre en place des institutions justes, capables d’acheminer le pays vers un avenir meilleur. Et pour ce, poursuit-il, la vérité doit être connue afin d’arriver à la réconciliation, but ultime de la CVR. « Tout le monde doit se préparer pour ces deux rendez-vous. »

  8   Vos commentaires
  1. BUTOYI

    QUI VIVRA VERRA

  2. JUSTICE?

    Contradiction burundaise oui: « Umuryambwa aba umwe agatukisha umuryango ». Certains membres ne devraient pas figurer sur la liste! JUSTICE, nous risquerons d’emprisonner un bon nombre de nos politiciens (au fait, parmi eux, ils sont combien ceux avec des mains propres?????).
    Cette commission pourra reconcilier seulement un groupe de Burundais mais pas tous les Barundi.

  3. Vuvuzela

    Ivyo muvuga vyose dupfuye tukiriko. Ehe bamwe ngo igifaransa kigoye kumva, abandi ntiducishamwo na fye, kubera ngira tutakinonosoye canke dutinya ko baduca amakosa.

    Plus grave, notre Kirundi est delaisse meme par tout ce beau monde qui croit lutter pour l’avenir de notre nation.

    Exemple, gende dans la section Kirundi de ce site, murabe akayazwe: les nouvelles datent de Ntare V!
    Muri parlement canke les institutions supposees etre « nationales » le Kirundi et la culture Burundaise sont negligees; et on crie qu’on veut sauver notre pays.

    Oublier notre langue et « decimer » notre culture bisumba ibikorwa bibi vya Peter et compagnie. Sibo bonyene.

    Ntitwigire abanyabwenge tutaribo.

  4. Citoyen II

    En tant que natif de Muruta, kuvyahabaye mu magume, hari abo mbona babwirizwa kubazwa vuba na vuba amaraso basheshe! Turababona ntah bazohungira. Bamw bakora mur OTB, abandi mur ISABU na DPAE! Ntamazina yabo nshimy gushira hano ariko bariyizi! Arya masoko mwagandaguriyemw inzirakarengane, burakeye muvyemange!!!! Gira amahro!!!!!

    • kirere

      ivya CVR nibintu bitegerezwa kubonerwa umwanya ukwiye kuko nibirebire cane. Ntibishoboka ko avant ya matora ko vyoba vyaheze. Urambaza ndagusigurire igituma.

      • dusigurire sha.ubanze amatora harimwo abatwiciye bagomba kwitoza?nababanze CVR,BAKUREMWO ABO BICANYI BATUVEMWO.MERCINTAYINDI NSIGURO.AMATORA ABE HARIMWO ABANTU BERA.

      • uburundi bukwiye kuba uburundi.CVR,ni ikintu cavuzwe igihe ca arusha,categerezwa kuba carakozwe kuva kera.kuvuga rero ngo habanze amatora,bisigura ko muzoba mushigikiye abicanyi ko badutwara.ntidukeneye gutora abicanyi,dukeneye gutora abantu bera mumaboko yabo.turasavye abera bere,abahanwa bahanwe,kandi ntibitoze muri 2015,hanyuma dutore abatakoze amaraso.erega,abahutu turazinanyi,ivyo twakoze turabizi,ababikoze turabazi,nimereke CVR IGIRWE,HANYUMA AMATORA ABE HATORWA ABERA.

  5. Burundi Bwacuu

    Monsieur Renovat,
    Un article intéressant mais pour des mots trop difficile a comprendre pour nous autres citoyen lambda :’un couple antinomique » . Je vais voir dans le dictionnaire. Sinon Monsieur Ngayimpenda est un monsieur tous les jours fache peut etre nous avons besoin d’un peu d’optimiste au Burundi. Il n’inspire pas!

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