Droits Humains

Commission spéciale d’enquête parlementaire : Quid de sa valeur ajoutée ?

19-09-2017

L’Assemblée nationale a mis en place une commission spéciale d’enquête parlementaire chargée d’examiner le contenu du rapport de la commission d’enquête des NU sur le Burundi. D’aucuns doutent de sa réelle efficacité.

Révérien Nzigamasabo, président de la Commission spéciale d’enquête parlementaire.

La commission spéciale d’enquête parlementaire est composée de 12 députés. Six sont du Cndd-Fdd, quatre sont de la coalition d’Amizero y’Abarundi, un de l’Uprona et un représentant des Batwa. Elle a un mandat de travail de trois mois à partir du mois de septembre 2017.

Elle a pour mission de vérifier la véracité des allégations du rapport d’août 2017 de la Commission d’enquête sur le Burundi. Selon ce rapport, des crimes contre l’humanité tels que des cas de torture, d’enlèvement et de disparition forcée ont été commis par les autorités burundaises.

Pour les députés, cette commission est une valeur ajoutée pour le Burundi. Elle va accorder au Burundi des opportunités de démentir les faussetés contenues dans le rapport. Et donner la véritable situation et ainsi redorer l’image du pays. Elle pourra, en outre, proposer des poursuites judiciaires contre des auteurs de fausses allégations.

Une commission face à des défis de taille

A y regarder de près, cette commission a du pain sur la planche. Manifestement, les membres de la commission spéciale d’enquête parlementaire partent avec des idées préconçues. Ledit rapport serait biaisé et la méthodologie utilisée par les experts contestable. Ils passent sous silence les difficultés d’investigation maintes fois soulignées par les enquêteurs onusiens. Notamment l’interdiction de fouler le sol burundais durant la période d’enquête.

Par ailleurs, quelle sera sa procédure pour accéder aux sources d’informations ? Du moment que l’on sait que la Commission des NU a gardé secret les sources, les victimes et les bourreaux.

En plus, le temps matériel de la Commission est court. Pourra-t-elle abattre dans trois mois le travail réalisé dans neuf mois ? Et son financement suscite aussi des interrogations.

Valeur ajoutée ou pas de cette commission, en tout état de cause, les faits sont têtus et les Burundais ont besoin d’avoir la lumière sur les différents crimes commis et leurs auteurs.

  20   Vos commentaires
  1. Björn

    So vous ecoutez les representants du gouverment DD. Ils ne nient les faits.seulement ils disent que dans le passe on a tue des gens et les commenditaires n’ont pas ete punis donc nous aussi on a droit de faire la meme chose.

  2. Rurihose

    Monsieur Ayubu, Gacece, et cie
    Aimez vous vraiment votre pays?
    Avez vous un minimum d’âmes?
    Avec vos syllogismes, vos arguments alambiqués, savez vous que nous parlons içi des gens tués comme du bétail, des enfants qui deviennent du jour au lendemain orphelins, des vies brisées et d’un pays dévasté?
    Et pour vous donner bonne conscience, vous glissez que les régimes précedents ont tué plus mais que l’ONU n’a rien dit.
    Regardez vous vos enfants dans les yeux quand vous rentrez???
    Shame and Shame

  3. Source du Nil

    Mentez,mentez,il en restera quelque chose!Le systeme repressif du2 regime DD est mis à nu,cette commission parlementaire me pourra pas changer les faits documentés.Laissons au temps decanter cette situation.Bientôt la CPI sera à l’oeuvre et l’UA ne pourra pas bloquer car sous la presidence du Rwanda.

    • Ukuri KUBISI

      @ Source du Nil,
      La tu te trompes mon ami !!!! N’oublie pas que c’ est une presidence tournante seulement pour une annee!!! Kagame ne fera rien contre Nkurunziza pendant cette seule annee ou il assurera cette presidence de l’ Union africaine !!! Te souviens -tu de la MAPROBU ?????? Te souviens-tu du chantage-montage de l’ imminent genocide des Tutsi au Burundi chante depuis 2015 ?????? Cette enquete de la violation des droits de l’ homme par la CPI contre le pouvoir CNDD-FDD est purement un reve pour les SINDUMUJA et subira le meme sort que la fameuse MAPROBU ou la resolution d’ envoi des Policiers de l’ ONU au Burundi. Et si je te disais que meme le Soudanais Bachir longtemps recherche par la CPI est toujours President du Soudan et en liberte sur toute la Terre Africaine et ne s’inquiete de rien ???? Ne s’est-t-il pas dernierement rendu a Kigali pour l’ intronisation de Paul Kagame et bien avant-ca en Afrique du Sud , en Zambie, etc…..Cher frere ou soeur, la CPI n’ est devenue, aux yeux des Africains, rien qu’un epouvantail qui ne peut faire peur qu’ aux moineaux ou tout simplement UN CHIEN QUI NE MORD PLUS. Wait and see !!!!!

  4. Jean Habonimana

    Le régime DD a érigé le mensonge en mode de gouvernement. L’homme fort du régime, Willy Nyamitwe, fait le tour du monde pour défendre les crimes contre l’humanité, alors qu’il sait pertinemment bien qu’il raconte des mensonges. Il ne faudra jamais oublier que Willy Nyamitwe a révélé, au journaliste néerlandais, Olivier van Beem, que le parti CNDD-FDD savait que le 3ème mandat céleste était illégal. Le pays est mis à feu et à sang avec risque d’extension dans toute la région interlacustre pour conforter un mensonge. Le parlement burundais va entrer dans la danse, mentir sans aucun scrupule. Comme le procureur général de la République, la Commission nationale des droits de l’homme, la Cour constitutionnelle achetée d’après Olivier van Beem pour quelques casiers de limonades (appréciez la hauteur morale des DD born-again qui ne pouvaient pas corrompre par l’alcool, se serait un péché) et le poste d’Administrateur à la Brarudi. Sans responsabilité morale des NU, sans le courage des Occidentaux (on ne peut pas compter sur la coupable lâcheté africaine) le Burundi et la région des Grands Lacs s’acheminent vers un désastre pire que celui du Rwanda en 1994 et qui a été exporté au Congo par nos allies Interahamwe faisant au moins 5 millions de morts induits. Le massacre de Kamanyola est le prélude d’une catastrophe annoncée. Les NU et les Occidentaux (seuls responsables par le fameux fardeau de l’homme blanc) ne devrait pas sous-estimer la gravité de la situation burundaise.

  5. Rurihose

    Une commission dans le genre discours de « Never: »
    Les blancs sont des diables, le CNDD FDD a été créé par Dieu, le pays est paisible,etc…
    Pourquoi donner 3 mois à une commission à laquelle on dicte ce qu »il faut faire: traduire en justice les experts des faux rapports?
    Ridiculum Sum.
    Où est Ntasano,Hafsa Mossi,Habarugura Léopold, famille Nkezabahizi, journaliste Iwacu, etc….
    Chers dépités, Trouvez nous ces gens

  6. Jereve

    Mais en fait, quelle est la différence entre le gouvernement et son assemblée nationale ? Cette dernière est-elle si indépendante du premier au point que nous puissions accorder entière confiance à une commission qui en est issue ? Est-elle à l’abri de la peur qui ronge presque tout le monde et qui nous oblige à ne répéter ce que le gouvernement nous dit ou veut entendre ?

    • Yves

      @Jereve : Les parlementaires burundais ont été réduits au rôle de presse-boutons, il n’y a donc aucune différence entre le gouvernement et son assemblée nationale. Au Burundi, la séparation des pouvoirs est un champ de ruine, le judiciaire et le législatif ayant été totalement phagocyté par l’exécutif. Il n’y a dès lors rien à attendre de cette commission, si ce n’est qu’elle se couvre de ridicule

  7. La voix de la victime

    Cette commission parlementaire est un mort né pour 2 raisons:
    – Primo, elle va travailler sous l’œil vigilant des Généraux pressentis pour aller se présenter à la CPI
    – Secondo, relisez moi ce paragraphe du texte ci-dessous: « Pour les députés, cette commission est une valeur ajoutée pour le Burundi. Elle va accorder au Burundi des opportunités de démentir les faussetés contenues dans le rapport. Et donner la véritable situation et ainsi redorer l’image du pays. Elle pourra, en outre, proposer des poursuites judiciaires contre des auteurs de fausses allégations. »
    Source: iwacu

    Déjà on a qualifié de faussetés le contenu, ensuite les poursuites judiciaires seront dirigées par les auteurs du rapport. Heureusement que le ridicule ne tue pas

  8. Mafero

    Qu’est-ce que cette commission d’enquête du parlement avait attendue depuis 2 ans que les choses se gâtent pour commencer ses propres enquêtes? Que du parallèlisme dans notre chère patrie. Aux négotiations d’Arusha, on a créé un truc baptisé dialogue inter-burundais qui a déçu plus d’un. Maintenant voilà qu’on invente un autre truc après ce rapport accablant des NU sur les Droits de l’Homme au Burundi. Je crois que ces « parlent-menteurs » auraient dû y songer bien avant pour que cette commission ait un sens. D’orès-et-déjà on sait que c’est une commission stérile.

  9. MUBI

    Quel est le gouvernement qui reconnaît ses aberrations ? Même en 1972, le ministre Simbananiye, défendait l’indéfendable au siège des Nations Unies. Mais un militant joue son rôle, que voulez-vous ? Mais ce qui est drôle, c’est qu’il pense qu’on croit ce qu’il dit. Ecouter ne veut pas dire accepter. Quant au citoyen Murundi , avuga ko uko zivugijwe niko zitambwa !!!

  10. Ayahu Jean Pierre

    Cher Monsieur Félix Haburiyakira,

    Si cette commission « … a pour mission de vérifier la véracité des allégations du rapport d’août 2017 de la Commission d’enquête sur le Burundi » comme vous l’affirmez, c’est bien ça sa valeur ajoutée. Elle permettra effectivement de confirmer et/ou de mettre à nu les allégations avancées par la commission des droits de l’homme.

    « Du moment que l’on sait que la Commission des NU a gardé secret les sources, les victimes et les bourreaux » c’est cela les limites de leur travail et aussi le côté énigmatique du rapport de la dite commission. J’ai suivi des procès qui ont eu lieu devant ces juridictions des nations unies et à chaque fois, cette notion de protection des témoins ressurgi et cela fausse les débats. Dans le cas du Burundi, s’il y a des maux dont souffre mon pays, c’est la soif de la vérité. Tout est codé, tout est secret, tout est caché et quand l’on fonctionne de la sorte c’est que l’on est loin de la vérité.

    Si alors l’on doit se contenter que x et y ont été torturé par tel officier de la police, bonjour la vérité!

    • karanga lilia

      @Ayahu
      Vous dites  » cette notion de protection des témoins ressurgi et cela fausse les débats. Dans le cas du Burundi, s’il y a des maux dont souffre mon pays, c’est la soif de la vérité »
      Je ne pense pas que l’idée de protection des témoins fausse les débat il est justement important de les protéger afin de libérer la parole, car nous vivons dans un pays ou hélas tout le monde connait tout le monde et surtout un pays dans lequel les gens peuvent refuser de dénoncer un mal pour protéger leurs familles. C’est carrément la double peine , on est victime d’une injustice et on est obligé de se taire .
      Par contre je suis d’accord avec vous lorsque vous affirmez que la soif de la vérité est l’un des principaux maux de la société Burundaise . A tel point qu’au Burundi , nous sommes toujours obligé de : deviner ce que l’interlocuteur cache, ce qu’il veut dire lorsqu’il accepte de parler , ce qu’il cache en acceptant de parler , ce qu’il dit en se taisant . Bref , au Burundi , même le silence est devenu la parole .

      • Bakari

        @karanga lilia
        « A tel point qu’au Burundi , nous sommes toujours obligé de : deviner ce que l’interlocuteur cache, ce qu’il veut dire lorsqu’il accepte de parler , ce qu’il cache en acceptant de parler , ce qu’il dit en se taisant . Bref , au Burundi , même le silence est devenu la parole . »

        Avez-vous bien observé comment les autres font ailleurs qu’au Burundi?
        Il me semble qu’il y en a qui font pareil, si pas plus. A tel point que ce type de comportement est parfois appelé « finesse ».

        • karanga lilia

          @ Bakari
          C’est une question culturelle et historique si vous voulez. Mais ce qui était valable ou plutot conseillé en 1850 au Burundi ne l’est peut être plus aujourd’hui . Hier je discutais avec quelqu’une sur l’opportunité d’organiser la fête de « gutwikurira » , nous sommes tombés d’accord sur le fait que cette cérémonie ne tient encore que le fil solide de la culture . Rien d’autre n’explique aujourd’hui cette tradition qui avale enormément de temps et d’énergie. On pourrait multiplier les exemples avec  » gusohora amahasa » etc . Doit on continuer ces traditions au nom de la seule culture ? L’argument est très faible . Vous appelez cela  » finesse » c’est votre droit .

      • Congo

        @kaŕanga, oui ce que vous dites est tellement vrai que même dans les pays democratiques on ne dévoile jamais les sources d une information. Après je dirais que le mensonge , le silence qui est souvent une lâcheté , sont les maux qui gangrènent la société burundaise. Ntawuhandwa ku rurimi : tout ce silence a fait bcp de victimes. Vive le Burundi.

  11. karanga lilia

    Du n’importe quoi cette commission . Avant meme de faire son travail elle tire des conclusions et donne le ton du rapport à produire, lisez vous même  » Pour les députés, cette commission est une valeur ajoutée pour le Burundi. Elle va accorder au Burundi des opportunités de démentir les faussetés contenues dans le rapport. Et donner la véritable situation et ainsi redorer l’image du pays. Elle pourra, en outre, proposer des poursuites judiciaires contre des auteurs de fausses allégations ».
    C’est un non évenement.

    • Karabona

      Le travail sera vite bouclé, il suffit de demander à Pierre Nkurikiye s’il a eu vent de tous ces actes ignobles dénoncés par le rapport NU… sa réponse sera confirmée par le CNIDH et le tour est joué.

      • Meurlsaut

        Un parlement à la solde du pouvoir reproduira le point de vue du pouvoir point à la ligne.Inutile de perdre du temps à spéculer à sujet.

        • Karabona

          Cela fera cependant une différence de taille: si les parlementaires couvrent d’éventuels mensonges, en toute connaissance de cause, et permettent par là la poursuite d’une « attaque généralisée », juridiquement la notion de leur complicité pourra être posée… ce n’est pas anodin du tout.

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