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Commission d’enquête sur le Burundi: Bujumbura sous le feu des critiques

16/03/2018 Egide Nikiza 9
Commission d’enquête sur le Burundi: Bujumbura sous le feu des critiques
Doudou Diène : «L’intérêt du Burundi est d’être le plus transparent possible.»

Dans son rapport du 13 mars, la Commission d’enquête de l’Onu fait état de la persistance de la violation des droits humains. Pour le pouvoir, il s’agit d’un montage. Le rapport est bien documenté, rétorque un activiste des droits de l’Homme.

« Le gouvernement n’est pas dans une position qui lui permet de se défendre objectivement », soutient Doudou Diène, président de la Commission d’enquête sur le Burundi, dans une interview au service information de l’Onu.

Les autorités ne peuvent pas critiquer le manque d’objectivité d’un rapport déjà présenté par la commission. Elles ne lui permettent pas pour le moment d’accéder au territoire.

Il met l’accent sur la nécessité de recueillir des données auprès des autorités et des autres acteurs. «Notre mandat nous oblige à procéder à une enquête rigoureuse et complète et nous le ferons».
Le recueil des données documentées et chiffrées implique la confrontation des versions des autorités compétentes et des autres acteurs. Le cas échéant, dit-il, il en sortira un rapport résultant d’un travail sans préjudices et sans préjugés.

Selon ce juriste sénégalais, aucun gouvernement ne peut abuser ou avoir une situation qui ne soit pas l’objet d’observation objective des mécanismes de promotion des droits de l’Homme. Il parle des organisations de la société civile à l’intérieur des Etats, de la Commission africaine des droits de l’Homme, etc.

Sur ce, il appelle le gouvernement à la coopération : «L’intérêt du Burundi tout comme de tout pays accusé d’avoir violé les droits de l’Homme est de jouer le jeu». Celui-ci consiste à être le plus transparent possible.

Un rapport polémique

M. Diène rassure quant à l’intégrité des membres de la commission : «Chacun de nous est porteur d’une expérience qui fait que nous sommes habilités à produire un rapport qui reflète au plus près la situation». Ils vont, en attente de l’autorisation d’accès au territoire, travailler avec les ONG nationales, régionales et internationales.

Pour rappel, le président de cette commission a soutenu, mardi 13 mars, devant le Conseil des droits de l’Homme, que la situation ne s’améliore pas. Il évoque des arrestations et des détentions arbitraires, des cas de torture, des disparitions, etc., à l’encontre des opposants soupçonnés de faire la propagande contre le référendum.

Térence Ntahiraja, porte-parole du ministère de l’Intérieur, balaie du revers de la main ce rapport : «Il est biaisé, la commission a travaillé de connivence avec des putschistes.»

Il assure qu’il s’agit d’une manœuvre pour enfoncer le Burundi dans le gouffre. Il recommande au secrétaire général de l’ONU de ne pas considérer ledit rapport. M. Ntahiraja soutient qu’il sera sans effets : «Nul ne peut empêcher la tenue du référendum prévu pour le mois de mai.» Ce dernier met en garde ceux qui voudraient battre campagne avant le temps : «Quiconque le fait doit être sanctionné.»

Lambert Nigarura, activiste des droits de l’Homme, ne s’étonne pas du discours de Bujumbura par rapport au travail de la commission : «Nous n’attendons pas du bourreau de reconnaître ses crimes».
Il encourage le pouvoir à produire un contre rapport qui démontre que les personnes citées comme portées disparues ou tuées sont encore en vie. «A défaut, c’est un signe évident d’un manque d’arguments. »

M. Nigarura se dit, en outre, sidéré par l’attitude de la communauté internationale : «Les violations sont commises en toute impunité. Combien de morts ou de disparus attendus pour sauver le peuple pris en otage ?» Et d’insister sur le principe de la responsabilité de protéger avant qu’il ne soit tard.

Doudou Diène est président de la Commission d’enquête sur le Burundi depuis le 1er février dernier en remplacement de Fatsah Ouguergouz.

Forum des lecteurs d'Iwacu

9 réactions
  1. Ntahitangiye"

    Vous avez l’habitude de coller ce que vous pensez sur les autres.
    Tous vos commentaires en réponse au mien ne sont que des propos sentimentaux et de haine.
    Je n’ai jamais dit qu’il fallait continuer à tuer puisqu’on a tué en 1972. Voilà un raisonnement médiocre.
    La CVR a en ce jours identifié près de 2600 fausses communes depuis 1962. C’est à dire une fosse commune tous les 10 km². Cela n’intéresse pas M.Doudou, ce qui l’intéresse c’est à partir d’avril 2015.
    Malgré votre haine les Burundais sont déterminés à se réconcilier. Nous n’avons pas de choix et nous y arriverons parce que nous le voulons
    Vos débats pleins de haine sans solutions concrètes ne servent à rien pour nous.

  2. Gateka Alain

    Ntahitangiye je respecte votre douleur et les épreuves subies mais faut-il continuer à tuer .? Qui a empeché le CNDD qui a tous les leviers du pouvoir depuis 2005 pour élucider les questions bien circonscrites par les négociations d’Arusha? Qui a empeché le CNDD de nommer une commission Vérité /Réconciliation couplée avec des mécanismes judiciaires et réparations éventuelles. Ububegito gusa. Sinon Ntahitangiye vous faites preuve de légéreté ou de négationisme que sais-je. Il ne sert à rien de se réfugier derrière une politique d’autruche ,il faut assumer vos responsabilités sinon c’est la sempiternelle chanson on a tué avant donc on ne peut rien demander aujourdhui. Quelle étroitesse d’esprit?

  3. harimbari

    Les DD disent qu’ils tuent parce que 1972 il y a eu tueries. Demission ou declaration d’incompetence? Demain quelqu’un va dire je prend un mandat de trop parce que on en a pris en 2015. Quelle mediocrite !! On Burundi on institutionalise l’incompetence. J’ai honte du Burundi et de ses Dirigeants.

  4. mt

    Monsieur Ntahitangiye ne cache point le leitmotiv du pouvoir DD”tuons, volons, puisque même avant nous cela a été fait”.
    Cela s’appelle la mediocratie, sinon le gvnt, de surcroît élu, est là pour empêcher les crimes de se répéter, plutôt que les rééditer.
    Mais sachez que chacun restera comptable de ses actes, ce justificatif de l’histoire ne tient debout devant aucune instance, même au ciel

  5. Ntahitangiye"

    Mais avant 2005 ?Puisque moi j’ai vécu et suis rescapé du génocide de 1972. Si en ce moment l’ONU et Doudou n’existaient pas, maintenant qu’ils existent,ils devraient savoir que les violations et les tueries au Burundi sont les conséquences des administrations antérieures en commençant par l’administration du Burundi par les Allemands et les Belges. Les Burundais ne connaissaient pas ce genre de problèmes pendant le système royal. L’ONU devait commencer les enquêtes sur les Allemands et les Belges, puis sur les régimes des Présidents Micombero, Bagaza, Buyoya ,Ndadaye,Ntaryamira, Ntibantunganya, Ndayizeye et finalement sur le régime du Président Pierre Nkurunziza.
    Nous savons qu’une telle enquête n’intéresse pas l’ONU; étant donné que l’ONU c’est quelques pays (5 sur plus de 200) qui ont le droit de véto.
    Cinq pays sur plus 200 c’est la démocratie au sommet du monde.
    L’enquête sur le Burundi ne vise que les intérêts de ceux qui la commanditent et jamais les intérêts des Burundais.
    Tous les Burundais le savent; mêmes ceux qui se disent opposants le savent bien.

  6. Congo

    @ Ntahitanhiye, les crimes avant 2015? Depuis 2005 vous avez tous les pouvoirs, l armée, la police : qui donc vous a empêché de punir ces crimes ? Personne. Pourquoi ? Cela vous confère le statut de victimes éternelles .

  7. Ntahitangiye"

    Monsieur on comprend qui vous êtes. Le Burundi fait partie des Nations Unies, c’est vous seul qui comprenez selon vos intérêts, pourquoi les mandats d’enquêter pleuvent sur le Burundi alors qu’on ferme les yeux ailleurs sur les situations dix fois pires qu’au Burundi. Peut-être que vous ne lisez les informations que sur le Burundi.
    Il se pourrait que ce soit vous qui minimisez la maturité politique des burundais et qui risquez de vivre le contraire de ce que vous pensez. Tous les burundais savent que les crimes n’ont pas commencé en 2015.
    Et en plus pourquoi les crimes commis depuis avril 2015. Les victimes avant 2015 ne sont-ils pas des humains ?Vous avez peur des enquêtes avant 2015 et pourquoi ?Cela montre que l’enquête de Monsieur Doudou n’a pas de sens aux yeux des Burundais sauf vous, Monsieur Doudou et l’ONU

  8. SENYAMWIZA Jean-Claude

    @Ntahitangiye

    Vous êtes complètement hors sujet car vous ne répondez pas du tout à la question de M. Doudou Diène. Ce dernier a le mandat des NU d’enquêter sur les crimes commis au Burundi et pas sur la question libyenne..! Il faudrait poser cette question ailleurs. Vous faites exprès bien sûr de vous tromper d’interlocuteur. On appelle cela une diversion mais ça ne marche pas. En ce qui me concerne je suis persuadé que tôt ou tard, la vérité sur les violations des droits de l’Homme et autres probables crimes contre l’humanité commis au Burundi depuis avril 2015 se sauront tôt ou tard avec ou sans ce gouvernement du CNDD-FDD qui y est impliqué jusqu’au cou; c’est une question de temps. Mais je suis persuadé que les commanditaires de ces crimes graves n’auront pas le dernier mot. Ils ont fait une erreur grave d’appréciation d’une paert en minimisant la maturité politique des Burundais et d’autre paert, en se trompant de temps. Ils le paieront cash. Let us wait and see..!

  9. Ntahitangiye"

    Monsieur Doudou Diéne , vous dites : “L’intérêt du Burundi est d’être le plus transparent possible”
    Qu’attendez-vous pour demander une enquête internationale sur la disparition de 11 milliards d’Euros des fonds libyens dans les banques belges ? Les fonds partent de l’Afrique pour disparaître en Europe et on vient crier “l’Afrique est pauvre”.
    http://www.bbc.com/afrique/monde-43425325

    On sait que c’est de la Belgique que viennent ou sont conçus les plus virulents critiques contre le Burundi: corruption, vol, mauvaise gouvernance etc.

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