Les Grands-Lacs

Burundi-RDC-Rwanda : une région paisible et prospère

26-02-2015

Où le dialogue est une valeur culturelle, où tous les citoyens jouissent de leurs droits fondamentaux et célèbrent la diversité. Telle est la vision de la table ronde qui vient de se tenir à Kigali du 23 au 24 février regroupant les principaux artisans de la paix venus du Burundi, du Rwanda et de la RDC.

Les participants écoutent attentivement les intervenants ©Iwacu

Les participants écoutent attentivement les intervenants ©Iwacu

D’abord, ils ont discuté des principaux obstacles à la paix tels que proposés dans la feuille de route proposé par le programme régional « Paix au-delà des Frontières ». Il s’agit de gouvernance, sécurité, économie, foncier, identité, jeunes et femmes. Les participants ont constaté que le manque de redevabilité qui se traduit par la faible implication des communautés dans la prise de décision et le vote des lois, leur faible participation dans l’application des lois et accords internationaux est la cause de la mauvaise gouvernance. En plus, ils ont trouvé que plus de 40 groupes armés sont encore présents à l’Est de la RDC, nationaux comme étrangers. La prolifération des armes, l’exploitation illégale des ressources naturelles et le caractère transfrontalier des problèmes sécuritaires exacerbent la méfiance entre les communautés de la région. La région des Grands Lacs souffre d’un déficit de développement économique. Les participants à la table ronde ont aussi constaté qu’il existe des conflits liés à la terre dans les trois pays de la région. Souvent meurtriers, ils divisent les familles, touchent les communautés, stigmatisent. Un autre constat, c’est que dans la région des Grands Lacs, les identités ethniques sont perçues sous plusieurs formes et ont toujours influencé la façon d’interpréter les situations politiques. Les guerres sanglantes qu’ont connues les trois pays ont toujours eu des connotations ethnico-politiques. Enfin, il a été constaté que les jeunes et les femmes sont les premières victimes de ces conflits.

Des changements envisagés

A ces problèmes, la feuille de route propose des voies de sortie que les participants à la table ronde ont enrichie. Entre autres les décideurs politiques de la région manifestent la volonté de garantir la paix et la sécurité de leurs citoyens ainsi que la participation active et inclusive dans le processus de prise de décision, de redevabilité et de gestion de la chose publique. Que la sécurité humaine des citoyens soit assurée par les institutions légitimes et efficaces. Une économie prospère, diversifiée et durable, dans un environnement pacifié et dans laquelle les communautés, particulièrement les jeunes et les femmes, contribuent et bénéficient de manière juste. Une gestion et exploitation rationnelle, partagée et comprise des terres bénéficient équitablement aux citoyens en particulier aux jeunes et aux femmes. Les institutions, les décideurs sociopolitiques et les communautés de la région des Grands Lacs acceptent leurs diversités politiques, religieuses, ethniques et nationales et travaillent ensemble pour promouvoir une citoyenneté responsable.

Signalons que les principaux organisateurs de la table ronde sont A.C.O.R.D et OXFAM.

  1   Vos commentaires
  1. Albert Tanganyika

    Quelle Hypocrisie?
    Que A.C.O.R.D et OXFAM. demandent d’abord à Museveni, Kagame, Kabila et Nkurunziza
    de quitter le pouvoir afin de permettre la continuité de la démocratie. Céder le pouvoir
    pour permettre l’alternance est une véritable force et non de la faiblesse. Ceci peut d’ailleurs
    être un atout pour quelqu’un d’ambitieux pour un futur come back.
    Ces organismes sont financés par les mêmes gens qui ont aidé Museveni à faire 30 ans
    au pouvoir, qui ont permis le découpage du Soudan pour son pétrole, des gens qui
    ont créé ce qu’on a appelé « la guerre inter-africaine » (en RDC) où les armées africaines
    se sont entretuées, toutes envoyées parfois par le même patron, et cela sans le savoir!
    Le conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale!
    Ces gens induisent nos dirigeants en erreur en leur promettant du soutient diplomatique, militaire
    et financier afin de continuer à mater leurs concitoyens pour des intérêts que eux mêmes
    connaissent.
    Ces conflits de terre ne seront réglés qu’une fois la démocratie respectée
    car ce problème est d’ordre judiciaire. Pas de démocratie, pas de justice équitable.
    La Démocratie ne s’arrête pas au changement du chapeau (du président). La Démocratie
    reste la quintessence même de la valeur humaine.
    Si Kagame et Museveni restent tolérés par les bailleurs de fonds pcq ceux-ci
    utilisent ceux-là pour commettre des péchés à leur place, Nkurunziza et Kabila
    auront tendance à vouloir signer le même contrat afin de bénéficier des mêmes
    privilèges, et là encore c’est toujours la région qui continuera à en payer le prix.
    Et j’ai peur que cela arrive. En europe, on ne parle que de Nkurunziza et Kabila.
    Pas de Museveni, pas de Kagame! Bizarre, non?

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