Pour résoudre le problème de manque de banc pupitre dans les écoles, le gouvernement va donner, une enveloppe de 100 millions BIF, à chaque direction communale de l’enseignement. « Quid du suivi de ces fonds? », s’interroge la société civile.
L’annonce a été faite, jeudi 18 décembre 2025 par Alain Ndikumana, ministre ayant les Finances dans ses attributions. C’était lors d’une réunion stratégique tenue à Gitega sous l’égide du Cabinet du premier ministre. L’objectif de la réunion était de valoriser les ressources forestières nationales afin de vider durablement le problème de manque de bancs pupitres dans les écoles. Et ce, dans la perspective de la vision 2040-2060.
A cette occasion, M. Ndikumana a annoncé que le gouvernement a prévu un montant de 18 milliards de BIF pour remédier au problème de banc pupitres.
« Cette enveloppe s’inscrit dans le cadre d’un budget annuel estimé à 188 milliards BIF issue de la valorisation des ressources en bois disponibles sur le territoire national. » Ainsi, il a précisé que dès la semaine du 20 décembre, chaque province va recevoir un montant de 4,2 milliards BIF pour les frais de fonctionnement.
Et sur ce montant, il a souligné que chaque direction communale de l’enseignement bénéficiera de 100 millions BIF. « 50 millions BIF sont destinés à la fabrication urgente de bancs pupitres et l’autre partie est pour l’exploitation du bois destiné à leur fabrication en suivant les normes données. »
« Un arbre coupé, deux autres plantés »
« Conformément à la Vision 2040-2060, chaque arbre coupé devra être remplacé par la plantation de deux nouveaux arbres », a recommandé M. Ndikumana, notant que cette initiative devra être concrétisée totalement dans un délai maximum de six mois. Ce qui permettra, selon lui, de résoudre complétement le problème de manque de banc pupitre dans toutes les écoles du pays.
Il a demandé à chaque commune d’identifier les six hectares d’arbres : deux pour la fabrication directe des bancs pupitres et quatre pour la production de planches et de vente de bois brut dans le cadre de la valorisation économique du bois.
Les responsables communaux ont été mis en garde contre toute mauvaise gestion de ces fonds. M.Ndikumana a promis d’ailleurs que les communes qui seront plus efficaces dans cette tâche seront récompensées par un financement supplémentaire pour continuer la production.
En plus des cadres du cabinet du premier ministre, étaient présents aussi dans cette réunion le ministre ayant l’environnement dans ses attributions, les représentants du ministère de l’éducation, les gouverneurs des provinces, les administrateurs communaux, les responsables communaux des départements en charge de l’environnement, des finances et de l’éducation.
Réactions
« Une annone salutaire »
« Cette annonce a été bien accueillie d’autant plus que nous avions beaucoup besoin des Bancs pupitres », réagit Elie Ndikumana, directeur provincial de l’éducation à Burunga.

Et de préciser que dans toute la province, ils ont besoin d’environ 73900 bancs pupitres. Un budget suffisant ou insuffisant ? Là, il trouve que pour le moment, il n’est pas suffisant. « Mais, nous espérons que cela va continuer jusqu’à vider complètement le problème de bancs pupitres dans les écoles. Nous demandons à tous à chacun de porter sa pierre pour bâtir l’humanité. » Il signale qu’avant de fixer ce budget, les concernés ont été impliqués : « Nous avons été consultés et nous avons fourni les données. Et ils ont tenu compte de ça. »
« Le montant ne peut pas être forfaitaire »
« Le problème de disponibilité des bancs pupitres date de très longtemps. Chaque année, on dit qu’on y a alloué des fonds mais le problème reste récurrent. Le bilan reste mitigé. Pour résoudre cette question, le montant ne peut pas être forfaitaire partout. On devrait partir d’une évaluation en bonne et due forme des besoins en pupitres sur toute l’étendue du territoire et décider l’allocation en fonction des résultats de cette évaluation selon chaque entité administrative », commente Faustin Ndikumana, directeur national de la Parcem (Paroles et Actions pour le changement des mentalités).
Par ailleurs, il indique qu’il faudrait baliser aux initiatives des directeurs d’écoles qui collectent les cotisations pour soi-disant payer des bancs pupitres mais au final, parfois, ces fonds sont détournés. « On a toujours dit que les parents sont invités à cotiser, à contribuer à l’achat des bancs pupitres mais le résultat reste très médiocre. » Pour réussir, il propose qu’il faut un débat sincère sur le financement de l’éducation car même la gratuité de l’enseignement n’existe presque plus.
D’après lui, il faut tenir compte d’autres problèmes comme la corruption au moment de la fourniture et la passation des marchés.
« Il y a des conflits d’intérêts, des cadres de l’Etat qui essaient de créer des entreprises en toutes pièces pour fournir ces bancs pupitres oubliant cette notion d’incompatibilités.»
« C’est une bonne initiative mais…. »
Pour Gabriel Rufyiri, président de l’Olucome, c’est une bonne nouvelle et initiative. « Les bancs pupitres étaient devenus un sérieux problème au niveau des écoles fondamentales et post-fondamentales. Le gouvernement a pris en main cette question. Mais, nous demandons qu’il y ait de mécanisme de gestion et de suivi. Parce qu’il pourrait y avoir des vols organisés. »
D’après lui, il faut penser à résoudre même d’autres défis d’enseignants, des locaux, d’équipements, etc. « Toutes les provinces n’ont pas les mêmes besoins mais ces derniers sont presque similaires. »
Pour lui, avant de fixer un budget, il doit y avoir l’évaluation des besoins au niveau national. « De la colline jusqu’au niveau provincial. Et après l’identification des besoins, il doit y avoir des principes de gestion qui doivent être mis en avant. Si cela n’est pas le cas, ça serait une manière de voler l’argent. »
Il souligne qu’il y a beaucoup des programmes qui ont été annoncés mais qui n’ont pas donné des résultats escomptés. « L’argent affecté a été bouffé sans que ces programmes puissent être réalisés. »
Il demande que des cadres du ministère en charge de l’environnement soient associés dans ce programme. « Ils doivent être impliqués pour vérifier qu’en cas de coupure d’arbres, il y ait des nouveaux boisements. »





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