Politique

« Vers un SNR mieux formé »

22/04/2019 Agnès Ndirubusa Commentaires fermés sur « Vers un SNR mieux formé »
« Vers un SNR mieux formé »
Un organe de contrôle interne sera mis en place au sein du SNR.

Deux projets de loi pour moderniser le service national de renseignement ont été adoptés par le Conseil des ministres. Le service est appelé à être plus performant. Eclairage.

Les services secrets burundais s’offrent une sorte de relooking complet. Le cadre juridique et institutionnel devra être revu. Une véritable opération de ‘ modernisation, professionnalisme et efficacité’. Selon le porte-parole du gouvernement, Prosper Ntahogwamiye, il s’agit de répondre aux besoins de la sureté nationale. Un coup d’accélérateur est donné aux efforts engagés pour assurer la sécurité nationale et améliorer l’économie par un renseignement préventif. « L’Etat doit faire face aux menaces actuelles et potentielles, » a motivé le ministre de la Sécurité, Alain Guillaume Bunyoni devant le conseil des ministres.

Une des grandes nouveautés est la mise en place d’un organe de contrôle interne au sein du SNR. «  Le caractère secret du Service National de Renseignement ne mettant pas en cause le principe de redevabilité et de bonne gouvernance ».

Gitega compte également créer ce qu’il a appelé un centre de formation aux sciences du renseignement pour ses cadres, agents, de même que les nouvelles recrus. Ils devront être préalablement formés sur toutes les missions et les techniques de travail appropriées.

La réforme envisage aussi une synergie du service national de renseignement avec les autres services de renseignement similaires et partenaires. Il compte également ratisser large en développant des antennes extérieures pour lutter contre les grandes menaces venant de l’extérieur.

Le personnel du SNR se frotte déjà les mains

Gitega a prévu d’atteindre ses objectifs en misant sur un personnel actif, dynamique. Le gouvernement a également pensé à améliorer les conditions de vie de ces agents de renseignement. « Un travail souvent dans des conditions dures, exposé à des risques divers et multiformes, » a indiqué le porte-parole du gouvernement. Ce personnel du SNR mérite une protection spéciale tant sur la personne que sur ses biens ainsi que son environnement familial. Sa carrière ainsi que son traitement doivent tenir compte de tous ces éléments.

Gitega mise donc sur un personnel qui bénéficiera de formation appropriée qui le mettra, selon Prosper Ntahogwamiye, à « l’abri des critiques et de la diabolisation».

Le SNR et la nouvelle Constitution

L’ancienne Constitution indique que les corps de défense et de sécurité se composent de l’armée, la police et du service de renseignement. La nouvelle loi mère a fait une exception et détache le SNR de ces corps de défense et de sécurité. Il indique en son article 268 qu’il sera régi par une loi organique. Pourquoi ? Il faut dire que les dispositions des articles 246 à 267 détaillent à suffisance les obligations des corps de défense et de sécurité qu’il serait difficile pour le SNR de remplir. Le respect des accords et conventions internationaux, le contrôle parlementaire et autres mécanismes mis en place pour une nation démocratique. Par ailleurs, l’article 263 de la Constitution assure que les corps de défense et de sécurité ne comptent pas plus de 50% de membres appartenant à un groupe ethnique particulier, compte tenu de la nécessité d’assurer l’équilibre ethnique et de prévenir les actes de génocide et les coups d’Etat. Le SNR ne sera donc pas soumis à cette balise. On le détache en oubliant l’article 246 qui stipule qu’en dehors des corps de défense et de sécurité, il ne peut être créé ou levé une autre organisation armée. Or des agents du SNR ont le port d’arme.

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

Lire le communiqué

Analyse/  Des paroles bien lisses qui cacheraient des visées redoutables

Au regard du communiqué rendu public par le conseil des ministres, on a l’impression que nos 007 burundais seront de véritables enfants de chœur. Ils vont colorier sans dépasser les bords. Un organe de contrôle sera mis en place, cette espèce d’audit interne pour mâter ceux qui brilleront par le manque de professionnalisme. «  Il n’en est rien de tout cela, » estime un observateur bien averti. Par professionnalisme, certains seraient plus enclins à penser respect des droits de l’homme, de démocratie. Au contraire. Il s’agirait plutôt d’opérer incognito, dans l’ombre, sans faire de vague, prévient notre source. Bref, faire des agents secrets burundais encore plus secrets. Continuer à mener des actions clandestines, donc illégales mais dans les véritables règles de l’art d’espionnage et du contre-espionnage. Organiser des missions commandées, des opérations de sabotage, d’enlèvement, de piratage informatique ou industriel. Continuer à mener des actions clandestines tout en échappant au contrôle démocratique. Gitega pense également à élargir ses antennes extérieures. En 2015, il s’est dit envahi par des agents secrets étrangers qui ont aidé les putschistes. Le pouvoir pense à tout prix renforcer l’apprentissage de ces agents au contre-espionnage. Mener des activités de couverture pour donner le change, mais en réalité espionner le voisin, l’ami ou l’ennemi. Savoir ce qu’ils cachent, déceler toutes menaces et les neutraliser. Cette réforme vient donc faire face au contexte géopolitique. Tous les voisins d’en face sont bien armés, et leurs services de renseignement sont performants. Il faut contenir les menaces potentielles extérieures. Quant aux dispositions de Gitega d’amélioration des conditions de vie de l’agent secret, cela relève de plusieurs dimensions. Il va plus loin que le fait de vouloir aider à garantir un meilleur niveau de vie de l’agent et de sa famille. Il s’agit également de le garder loin de la corruption, de la vente de renseignement et du risque d’en faire des agents doubles.

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