Dans sa déclaration du 11 décembre 2025, monseigneur Martin Blaise Nyaboho, président de la CNIDH, tire la sonnette d’alarme. Il demande au gouvernement de prendre les mesures qui s’imposent pour réduire la population carcérale. Selon certains défenseurs des droits humains, il y a plus de 12 mille prisonniers sur une capacité d’accueil de 400 détenus. Ils dénoncent les détentions illégales comme étant l’une des causes de la surpopulation carcérale.
« La CNIDH trouve que dans le monde, en Afrique et dans la sous-région des Grands-lacs, la situation globale des droits est caractérisée par une régression des acquis, une polarisation politique accrue, des conflits armés, un rétrécissement de l’espace d’expression démocratique, une instabilité et des violences politiques persistantes qui ont des impacts néfastes sur les populations civiles », a indiqué monseigneur Martin Blaise Nyaboho, président de la Commission nationale indépendante des droits de l’Homme », (CNIDH). C’était à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits de l’Homme, édition 2025.
Cependant, il note avec satisfaction l’insertion de plusieurs instruments internationaux de protection des droits de la personne humaine dans la Constitution burundaise de 2018, en vertu de son article 19. En l’occurrence, 7 sur 9 Conventions internationales ont été régulièrement ratifiées par le Burundi et incorporées dans cette Constitution.
Il cite notamment celles relatives aux droits des groupes de personnes vulnérables tels que les réfugiés, les enfants, les femmes, les personnes vivant avec un handicap et les personnes âgées.
Par ailleurs, le président de la CNIDH apprécie la grâce présidentielle qui est décrétée chaque fin d’année pour libérer des prisonniers qui remplissent les conditions déterminées par la loi, dans le but de désengorger les prisons.
Il recommande au gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour continuer à réduire la population carcérale, en libérant spécialement les personnes acquittées, celles ayant purgé leur peine et celles souffrant des maladies mentales.
Les prisons sont débordées
Vianney Ndayisaba, coordinateur de l’Association de lutte contre le chômage et la torture (Aluchoto), salue et soutient la recommandation du président de la CNIDH. Néanmoins, il se dit préoccupé par les cas de détention illégale qui gonflent le nombre de prisonniers. Son rapport provisoire montre que plus de 60% de détenus le sont en violation de la loi.
« Plus de 20% ont été acquittés mais restent écroués. 34% ont purgé leurs peines mais restent écroués. 6% qui devraient bénéficier de la liberté provisoire à l’issu de la décision de la chambre de conseil sont en prison ».
Le coordinateur de l’Aluchoto informe aussi que 302 détenus ayant bénéficié de la grâce présidentielle n’ont pas recouvré leur liberté. Il précise que la seule prison centrale de Mpimba compte 103 prisonniers, soit ayant été acquittés, soit ayant purgé leurs peines, mais qui jusqu’aujourd’hui, restent en prison.

Vianney Ndayisaba tire aussi la sonnette d’alarme sur les cas de détenus qui le sont sans dossiers. « Il y a des prisonniers qui sont oubliés. Leurs dossiers sont introuvables. Il y a d’autres qui sont accusés d’infractions mineures, tel que le vol d’un régime de banane qui restent en prison alors que ceux qui ont volé des sommes importantes d’argent se la coulent douce ».
Ce défenseur des droits humains demande que la mesure de grâce présidentielle soit respectée. Selon lui, la dernière a été mal exécutée indexant certains membres de la Commission ayant trempé dans les pots-de-vin.
« Il faut une commission élargie et indépendante composée de personnalités intègres issues de la présidence de la République, du Parquet général, de la Cour suprême, de la société civile et des confessions religieuses ».
« L’emprisonnement devait être un dernier recours »
Pour Jean Marie Nshimirimana, président de l’association Solidarité avec les prisonniers et leurs familles, SPF/Ntabariza, la surpopulation carcérale est due au comportement de certains magistrats qui abusent de la détention.
Il pointe du doigt le retard observé dans le traitement des dossiers des prisonniers, qui, selon lui, est dû en grande partie à la distraction de certains magistrats. « Nous espérons qu’avec la nomination de la nouvelle procureure générale de la République ainsi que les nouveaux responsables des cours et tribunaux les choses vont changer et que les dossiers seront traités avec célérité ».
Interrogé sur les causes de la surpopulation carcérale, ce défenseur des droits des prisonniers cite les cas d’emprisonnements pour cause de dette civile ou d’autres infractions mineures. Il évoque aussi les cas d’escroquerie où les femmes sont de plus en plus incriminées.
Pour désengorger les prisons, suggère le président de SPF/Ntabariza, l’emprisonnement devrait être le dernier recours. « Pour les litiges fonciers et les dettes civiles, l’emprisonnement n’est pas une réponse. Il faut plutôt privilégier la médiation et la conciliation car nous avons des médiateurs sur toutes les collines ».
Quant à l’application du travail d’intérêt général comme une alternative à la peine d’emprisonnement, Jean Marie Nshimirimana estime que ce travail n’apporterait rien aux familles. Pour lui, il y a des gens qui pourraient en tirer profit.
« Ce qui est important est que le détenu recouvre sa liberté, rejoigne sa famille et s’occupe des travaux pour le développement de sa famille ».
A propos de la recommandation de la CNIDH, le président de SPF/Ntabariza y adhère. « Nous saluons le souhait du président de la CNIDH. Nous demandons au président de la République d’offrir ce cadeau de Noël et du Nouvel an aux familles qui ont les leurs dans les prisons ».
Quant aux irrégularités qui ont émaillé la mise en application de la dernière grâce présidentielle, M. Nshimirimana recommande la mise en place d’une Commission composée de personnalités intègres.
Il promet de surveiller la mise en application de la grâce présidentielle. « Nous allons faire le suivi et surveiller pour qu’il n’y ait plus d’irrégularités ».
Iwacu a essayé de contacter le ministère de la Justice à propos de la problématique liée au désengorgement des prisons, mais sans succès.




Igituma les prisons zuzuye, n’uko abarundi tudatinya amategeko. la societe itinya amategeko, igira impfungwa nkeya. uriba umuntu udafise ubwoba y’ibikurikira, ukica nta kinya ko wishe ikiremwa nkawe, n’ibindi vyaha vyose, tukabikora ntaco twinona, tutiyumvira ko amategeko afise ikindi risigura, keshi bivugako utegerezwa kuja mw’ibohero. Ico nico gituma amabohero yacu yama yuzuye.
Le principal ennemi de Ndayishimiye est son propre parti politique ainsi que les fonctionnaires affiliés à son propre parti politique . D’abord qui sont ces gens qui refusent d’appliquer la grace présidentielle ? Qui sont ces intouchables qui détournent les deniers publiques et ne sont même pas inquiétés ? Au fait qui en sont les commanditaires ? Voilà la bonne question. Je comprends bien que le président ne souhaite pas directement s’en prendre directement aux éléphants de son parti , car avoir deux ou trois Bunyoni en prison ca ne lui servirait à rien .Il faudrait appliquer la stratégie des lions lorsqu´ils chassent: ils identifient la proie la plus faible et frappent d’un coup de dent dans la gorge et le jeu est fait. Il faudrait donc pour lui identifier ces petits fonctionnaires détourneurs et autres corrompus de son parti et les frapper de sorte à isoler le chef. Il ne faut pas directement s’en prendre au commanditaire , mais il faut le couper de ses partisans et de son entourage . Le président a encore le pouvoir de le faire . Après tout les mastodontes de son parti font la même chose ! Alors!