Mardi 13 avril 2021

Société

«Surmontons les défis afin d’être de vraies femmes leaders!»

05/02/2019 Commentaires fermés sur «Surmontons les défis afin d’être de vraies femmes leaders!»
«Surmontons les défis afin d’être de vraies femmes leaders!»
Les participants et la formatrice (en robe rouge) échangent lors de la formation.

Dans le cadre du projet «Soutenir les femmes leaders d’aujourd’hui et de demain pour faire avancer la paix au Burundi» de l’ONG Search For Common Ground (SFCG) financé par United Nations Peacebuilding Fund (UNPBF), les formations des hommes et femmes leaders ont continué, du 15 au 18 janvier 2018, dans la commune Vugizo de la province Makamba.

«Ce projet sera très bénéfique pour les femmes et les hommes de notre commune», a indiqué l’administrateur de la commune Vugizo, Joselyne Nibimpa. «Il faut donner un bon exemple à nos enfants surtout dans la résolution pacifique des conflits dans notre communauté.» Et d’exhorter les autres femmes leaders d’aider les jeunes filles de leurs communautés respectives «afin qu’il y ait une émergence de beaucoup de femmes leaders dans les années à venir.»

Cette formation était dispensée par des partenaires d’exécution du projet à savoir l’Association des Femmes Rapatriées du Burundi (AFRABU) et l’Association pour la Promotion de la Fille Burundaise (APFB). Selon Bienvenu Hicuburundi, formateur de l’Afrabu, les thématiques abordées étaient le leadership, la résolution pacifique des conflits, le plaidoyer et le réseautage ainsi que la masculinité positive. Les participants à cette formation avaient été choisis parmi les hommes leaders des trois zones que compte la commune à savoir Vugizo, Gishiha et Mpinga.

Un changement de comportement chez les participants

«A travers différents échanges, j’ai constaté que les participants ont apprécié les différents thèmes abordés car, d’après eux, ça touche directement leur vie quotidienne. C’était une occasion de faire un examen de conscience afin de dégager ce qu’il faut corriger en tant que leader», souligne Bienvenu Hicuburundi. D’après lui, ces nouvelles connaissances viennent corriger certaines lacunes de ces leaders dans la résolution pacifique des conflits dans la communauté et dans leurs ménages. Pour M. Hicuburundi, les autorités administratives doivent soutenir ces leaders formés dans leurs communautés. Et à ces leaders il conseille de travailler en synergie afin d’aider efficacement dans la résolution pacifique des conflits.

Au cours de cette formation, les participants étaient unanimes pour dire qu’après l’acquisition de ces nouvelles connaissances, les choses ne seront plus comme avant. «Nous avions une vision un peu erronée d’un leader. Dorénavant, nous allons changer notre manière de nous comporter et de penser ».


Pierre Harushimana, chef de zone Gishiha, indique que désormais il va endosser l’habit d’un dirigeant-leader : «Avant je ne faisais que diriger, donner des ordres, je viens d’apprendre qu’un leader doit écouter les avis des autres pour mieux résoudre pacifiquement les conflits. C’est ce que je vais faire et c’est grâce à ces nouvelles connaissances que je viens d’acquérir.» Cet administratif trouve que depuis longtemps les femmes sont stigmatisées : «Certains hommes pensaient que les femmes ne peuvent pas être des leaders, mais heureusement les mentalités sont en train de changer.» M. Harushimana s’engage à travailler avec les femmes leaders de sa zone afin de conscientiser les autres femmes qui ne veulent pas aller au-devant de la scène.


« Mon mari avait un différend avec un voisin. Ils se regardaient en chiens de faïence, depuis plusieurs mois. Ce matin, avant de venir dans la formation, je les ai fait asseoir ensemble et nous avons pu trouver une solution. J’ai utilisé les techniques de résolution pacifique des conflits qu’on nous a enseignées dans cette formation», témoigne Consolate Niyonzima, une femme Twa de la colline Kayange, zone Vugizo. Cette quadragénaire assure qu’elle n’aura plus peur d’être un leader dans la communauté Twa et partout ailleurs. Et de conseiller aux autre Twa de faire de même. «Il n’y a pas de différences entre nous et les autres Burundais ».


Jeanine Minani de la zone Gishiha trouve que ces nouvelles connaissances acquises vont lui permettre d’être efficace pour aider les autres à résoudre leurs conflits d’une manière pacifique. «Sur notre colline, des jeunes se chamaillent à cause de la politique ou autre chose. Je vais les approcher et leur enseigner à trouver une solution sans recourir à la force, car je suis bien outillée pour le moment..» Cette jeune femme de 24 ans invite les autres filles à suivre ce genre de formation et de se constituer en association pour développer leur pays.


Joséphine Niyoshima est une femme leader de la colline Kikuzi. Pour elle, c’est une aubaine de suivre ces formations car, selon elle, elle commettait beaucoup de fautes lorsqu’elle était en train d’aider les autres à trouver une solution à leurs problèmes. «J’avais tendance à imposer une solution alors que ce n’est pas le rôle d’un leader. Il faut amener les parties en conflit à trouver elles-mêmes une solution ». Mme Niyoshima trouve que certaines femmes se sont longtemps sous-estimées : «Il faut qu’on se réveille. En ce qui me concerne, je vais commencer à être un bon leader dans mon foyer et puis dans la communauté en donnant un bon exemple.»

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