L’année 2025 a été marquée au Burundi par une situation sécuritaire tendue, dominée par la guerre dans l’Est de la RDC, les bombardements transfrontaliers, l’afflux massif de réfugiés. À ces défis régionaux se sont ajoutés des incidents internes liés au contexte électoral, des violences politiques, des attaques ciblées ainsi que des atteintes à la sécurité des journalistes et des responsables politiques.
Dès le début du mois de décembre 2025, des signaux d’une dégradation rapide de la situation sécuritaire régionale sont devenus évidents. Le Burundi, engagé militairement en RDC aux côtés des FARDC, voyait ses troupes confrontées à l’avancée de la rébellion de l’AFC-M23 dans le Sud-Kivu. Cette implication militaire, conforme aux accords bilatéraux entre Gitega et Kinshasa, visait à combattre les forces négatives burundaises et étrangères opérant dans l’Est congolais. Les autorités burundaises ont toujours affirmé que cette mission était exécutée « avec professionnalisme et respect strict des droits de l’Homme et du droit international humanitaire ».
Le jeudi 4 décembre 2025, un accord a été signé entre le Rwanda et la RDC. Ce qui avait suscité un espoir prudent dans la sous-région. Le président burundais y voyait « un accord qui redonne espoir au peuple congolais et à la sous-région ». Mais , cet optimisme a été de courte durée. Peu après la signature, de violents combats ont été signalés dans le Sud-Kivu. Des bombardements ont suivi, franchissant même la frontière burundaise. Une bombe a été larguée dans la commune Cibitoke, blessant une femme et un enfant. Cet acte a été perçu par les autorités burundaises comme une grave violation de l’intégrité territoriale.
Sur les plans diplomatique et militaire, les accusations se sont multipliées. Le 25 juillet 2025, le MRDP-Twirwaneho a accusé le Burundi de former et de soutenir logistiquement les FDLR. En réaction, la Force de défense nationale du Burundi a publié une mise au point le dimanche 27 juillet 2025, affirmant que le Burundi vit « en harmonie avec tous les pays voisins » conformément à sa politique de non-agression. Elle a rejeté toute collaboration avec des groupes armés étrangers, précisant que « toute formation et tout entraînement militaire s’organisent d’une façon professionnelle au profit des Burundais selon les besoins de la FDNB ».
Le porte-parole de l’armée burundaise, le Général de Brigade Gaspard Baratuza, a également démenti les allégations de lourdes pertes en RDC en les qualifiant de « manipulations propagandistes » mettant en garde les auteurs contre une narration à caractère génocidaire visant la communauté Banyamulenge.
Une crise humanitaire

Après les combats opposant les M23 et les FARDC et leurs alliés dans la plaine de la Rusizi, la ville stratégique d’Uvira est tombée dans les mains du M23 au début du mois de décembre. Cette prise a provoqué un mouvement massif de Congolais vers le Burundi. Dans la nuit du dimanche 7 au lundi 8 décembre, des milliers de Congolais ont franchi la frontière burundo-congolaise par la colline Kaburantwa, en zone Buganda de la commune Bukinanyana, province de Bujumbura. Ces familles épuisées ont rapporté des bombardements meurtriers, des affrontements d’une rare intensité entre les FARDC-Wazalendo et les combattants de l’AFC-M23 ainsi que des destructions dans plusieurs localités du Sud-Kivu.
Entre les 9 et 10 décembre 2025, plus de 10 000 réfugiés ont traversé la frontière Gatumba–Kavimvira. À leur arrivée, ils ont été regroupés dans la cour de la brigade de Gatumba, un site non aménagé et largement insuffisant face à l’ampleur de l’afflux. La situation a rapidement dépassé les capacités d’accueil du Burundi.
Face à l’aggravation de la crise, le Haut-Commissariat des Nations-unies pour les réfugiés a déclaré une situation d’urgence de niveau 2 pour le Burundi, avec un besoin de mobilisation de 33 millions de dollars américains. Selon le HCR, depuis le début du mois de décembre, plus de 84 000 personnes en provenance du Sud-Kivu ont franchi la frontière. Ce nouvel afflux porte à plus de 200 000 le nombre total de réfugiés et demandeurs d’asile congolais présents sur le territoire burundais, faisant planer le spectre d’une catastrophe humanitaire.
Lynchages et violences communautaires
À l’intérieur du pays, l’année 2025 n’a pas été exempte de violences graves. Le lundi 30 juin, à Gasarara en commune Nyabiraba, province de Bujumbura, sept personnes accusées de sorcellerie ont été lynchées puis brûlées vives. Un seul survivant a été recensé et seize suspects ont été arrêtés. Les autorités ont écarté tout mobile politique.
La sécurité a également été marquée par des incidents impliquant des acteurs politiques et médiatiques. Le mercredi 24 septembre, une course-poursuite impliquant le véhicule d’Agathon Rwasa et une voiture banalisée a eu lieu dans le parking du Jardin public, en plein centre de Bujumbura. Ce qui a suscité une vive réaction de l’opinion publique. Par ailleurs, le journaliste William Kwizera de la radio Bonesha a été tabassé par des « Imbonerakure » au campus Mutanga, ravivant les inquiétudes sur la sécurité des professionnels des médias.
En 2025, année électorale, plusieurs incidents sécuritaires ont été signalés. Ils visaient notamment des membres du CNL et d’autres partis d’opposition. Des attaques, des disputes autour des lieux de meetings, des cas de destruction méchante des cartes d’électeur ainsi que des tentatives de campagne en dehors des heures légales ont été relevés. Des faits que le ministre de l’Intérieur de l’époque, Martin Niteretse, a qualifiés de « mineurs ». La situation a également été marquée par l’agression du député Jean-Baptiste Sindayigaya, molesté le samedi 10 mai à Kamenge par des hommes à bord d’un pick-up aux vitres teintées. L’Uniproba s’est dite indignée, tandis que la police, par la voix du colonel Pierre Nkurikiye, a démenti toute implication des services de sécurité.





Et après tout ca les officiels vont dire que le » bilan est globalement positif » ! Ou « muri rusangi ibintu vyagenze neza » . C’ est le délire complet.