Entre la 3ᵉ et la 4ᵉ transversales, dans la zone Ndava, en commune Bukinanyana de la province de Bujumbura, l’état très dégradé de la route RN 5 au niveau de Nyamitanga plonge chauffeurs, commerçants et autres usagers dans le désarroi. Véhicules endommagés, marchandises avariées et lourdes pertes économiques rythment désormais le quotidien des usagers de cette artère stratégique.
Les conducteurs qui empruntent la route reliant la 3ᵉ et la 4ᵉ transversale de Nyamitanga dénoncent une situation qu’ils qualifient de « catastrophique ». Le tronçon rongé par les eaux et le sable, est par endroit totalement coupé rendant ainsi la circulation extrêmement difficile, voire impossible. « On a l’impression que cette route a été abandonnée », confie un chauffeur rencontré sur place. Selon lui, aucune intervention de l’État pour la réparer n’est visible malgré son importance économique.
De lourdes conséquences
Les conséquences sont particulièrement lourdes pour les transporteurs de personnes et de marchandises. Certains témoignent être contraints de décharger les biens pour les transférer dans d’autres véhicules, faute de pouvoir poursuivre le trajet. A cela s’ajoutent les frais de réparation des véhicules endommagés par l’eau et le sable, des coûts supplémentaires qui fragilisent davantage les transporteurs.
Les commerçants transportant des produits périssables comme les mangues, les ananas, les tomates, les pastèques, les mandarines et bien d’autres sont les plus touchés. « Nous enregistrons de grosses pertes car ce sont des produits fragiles », explique un vendeur trouvé au marché de Buganda.
Un commerçant de mangues raconte avoir tout perdu après être resté bloqué pendant deux jours. « J’ai subi de lourdes pertes à cause de la route de Nyamitanga. J’avais contracté un crédit bancaire que je n’ai pas pu rembourser. », témoigne-t-il amèrement.
Les transporteurs de marchandises qui pèsent lourd, notamment ceux qui transportent le ciment de Buceco ou les boissons de la Brarudi, ne sont pas non plus épargnés. Ils se retrouvent eux aussi souvent bloqués. Un chauffeur travaillant pour la Brarudi souligne une contradiction. « Cette route rapporte beaucoup à l’État à travers les taxes, mais on se demande où vont ces recettes, car rien n’est réinvesti ici afin de maintenir la route en bon état ».
A Bujumbura, plusieurs habitants affirment que de nombreux produits alimentaires proviennent des communes Bukinanyana, Cibitoke et Mugina. Ils soulignent que lorsque l’approvisionnement est perturbé, les prix flambent immédiatement sur les marchés.
Un appel pressant à l’intervention
Les usagers de la route et ceux qui vivent dans les environs lancent un appel urgent au gouvernement pour qu’il trouve des partenaires capables d’intervenir rapidement afin de réhabiliter ou réparer le tronçon. Selon eux, l’ampleur des travaux dépasse les seules capacités de l’État.
Contactées, les autorités chargées de la construction et de l’entretien des routes n’ont pas souhaité réagir. Interrogé lors d’une réunion avec les différents responsables administratifs, le gouverneur de la province de Bujumbura a indiqué que la réhabilitation de cette route figure parmi les projets à l’étude du gouvernement.
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