Lundi 02 février 2026

Société

Région Centre/Gitega : La colline Ntobwe entre engrais organiques et péril sanitaire

02/02/2026 0
Région Centre/Gitega : La colline Ntobwe entre engrais organiques et péril sanitaire
Boues de vidange des fosses sceptiques non encore décomposées dans l’un des huit bassins

Sur la colline Ntobwe, des infrastructures d’assainissement soulèvent une polémique. Dans la ville de Gitega, des fosses sceptiques ont été en effet installées afin de traiter et de transformer les boues de vidange en engrais organiques. Ces bassins à ciel ouvert risquent d’être des nids des germes de maladies. Entre agriculteurs en quête de fertilisants et riverains terrifiés par les risques épidémiques en cette saison des pluies, un reportage révèle un projet à la croisée des chemins.

A Ntobwe, le futur de Gitega peut se jouer à partir de huit bassins. Soit ils deviendront le moteur d’une agriculture verte, soit ils resteront le symbole d’un assainissement inachevé, sacrifiant la santé des uns au profit du confort des autres Des camions de vidange y déversent quotidiennement le contenu des latrines de Gitega. Ce qui devait être un modèle de gestion des déchets devient, pour beaucoup, une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la santé humaine. Tout près de ces huit bassins, les effluves d’ammoniac s’élèvent au-dessus de Ntobwe.

Chez certains, ces immenses bassins en béton suscitent de l’espoir d’une révolution agricole. Pour les autres, il s’agit d’une menace qui s’infiltre dans le sol à chaque averse. Pour les exploitants agricoles de Gitega, le calcul est vite fait. Les engrais minéro-organiques (urée, DAP) sont insuffisants. Ce qui rend la fertilisation des sols presque impossible pour le petit paysan.

« Ces installations ne fonctionnent plus correctement et on continue d’y déverser ces déchets. Cela risque de nous causer des maladies », déplore par contre la prénommée Candide, une mère de famille. Dès leur construction par Setag (Service technique d’Assainissement de Gitega), en collaboration avec la GIZ, en 2012 , le but était de rentabiliser les déchets par la formule phare: latrine-déchets-vindange-traitement-fumier-production agricole-aliments-latrines. Cette vision d’une économie circulaire où les déchets de la ville nourrissent la terre était au départ louable. Mais, aujourd’hui, en l’absence de clôture hermétique, certains habitants des alentours récupèrent les déchets des fosses septiques directement après le passage d’un camion de vidange. Ce qui inquiète plus d’un car, « aller les voler nous expose tous aux maladies», lance le prénommé Claver, un agriculteur de Ntobwe.

Une gestion stricte

Durant plusieurs semaines, la matière organique doit en effet subir une phase de décomposition des agents pathogènes par des bactéries. « La boue de vidange n’est pas du fumier immédiat, », explique Claudette Nijimbere, conseillère à Setag. « Pour qu’elle devienne un engrais sûr, elle doit atteindre un taux de séchage d’au moins 30% à 40%. Sans une gestion stricte du temps de rétention et une protection contre les eaux de pluie qui lessivent les bassins, on ne produit pas d’engrais. On déplace simplement une pollution bactériologique », precise-t-elle.

Selon plusieurs, en l’absence de clôture hermétique et de système de drainage efficace du liquide qui s’égoutte des boues vers une station de traitement final, le site de Ntobwe pourrait devenir un incubateur de microbes à ciel ouvert.

D’après le Setag, ce problème pourra trouver des réponses prochainement car la commune Gitega a déjà alerté les bailleurs de fonds et le gouvernement pour que ces installations remplissent leur fonction prédéfinie.

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