Lundi 26 février 2024

Société

Région Centre/Gitega : Elles demandent beaucoup plus de considération

18/12/2023 Commentaires fermés sur Région Centre/Gitega : Elles demandent beaucoup plus de considération
Région Centre/Gitega : Elles demandent beaucoup plus de considération
Gervais Ndirakobuca : « Les personnes handicapées sont des hommes et des femmes capables. Même les personnes qui se réclament valides ne peuvent pas tout faire, chacun a ses limites. »

Les personnes vivant avec un handicap affirment qu’elles sont toujours considérées comme inutiles et une charge pour la société. Pour le gouvernement du Burundi, des mesures ont été prises pour intégrer cette catégorie de la population dans toute la vie du pays.

Ces sont des femmes et des hommes qui se déplacent dans des fauteuils roulants ou à l’aide de béquilles. Les uns sont nés avec ce handicap et les autres sont devenus invalides à cause des maladies ou des accidents. D’après cette catégorie de la population, beaucoup de personnes valides les considèrent comme une charge, inutiles à la société.

Ils indiquent en outre qu’ils rencontrent beaucoup de difficultés dans les familles, les milieux scolaires, voire en milieu professionnel pour les plus chanceux. « On n’a pas besoin de loupes pour constater que nous sommes discriminés. Il suffit d’observer dans beaucoup d’écoles où les enfants vivant avec un handicap sont obligés d’utiliser les mêmes latrines que des enfants sans handicap. Au moment de la construction, ils ne tiennent pas compte de nous », déplore Sandra, une écolière.

D’après, cette petite fille marchant avec des béquilles, elle est obligée de faire ses besoins à la maison avant d’aller à l’école car elle ne peut pas s’accommoder à toutes les installations de son établissement. Comme elle le confirme, il en est ainsi dans les églises, bureaux, milieu public, etc. Même dans la vie sociale, la discrimination commence dans leurs propres familles.

Souvent, on leur attribue des surnoms péjoratifs et insultants fondés sur un handicap (Kaboko, Kinoro, etc), ce qui leur montre qu’ils ne sont pas comme les autres. Même son de cloche chez, Thierry, un tailleur au centre-ville de Gitega. Selon lui, s’il n’est pas discriminé, il est considéré comme un incapable.

« On nous confond toujours aux mendiants et beaucoup ne savent pas que nous sommes capables de mener notre vie normalement sans recourir à la mendicité. J’ai un métier et une famille. Certains s’étonnent que j’aie une maison et des enfants ! » Thierry explique que quand il a commencé à coudre avec sa machine adaptée à son handicap, il lui a été difficile de convaincre les clients qu’il peut coudre un costume ou autre habit cher. « Ils m’amenaient des habits à rapiécer seulement comme si c’était ma spécialité ».

D’après lui, les personnes handicapées se heurtent tous les jours à différents types d’obstacles. Il peut s’agir d’attitudes, de problèmes de communication ou d’obstacles physiques. Les attitudes négatives à l’égard des personnes handicapées peuvent aussi constituer des obstacles. Il demande la prévention législative qui contribuera à promouvoir le respect et la dignité, et aide les personnes handicapées à prendre pleinement part à la vie communautaire.

Quant à Bruce, un malentendant, la politique nationale d’emploi devrait tenir compte des handicaps divers. Il ne comprend pas comment beaucoup de ses semblables ne peuvent pas être embauchés par des sociétés ou dans les emplois publics. « Nous avons notre problème de communiquer, mais tout travail ne nécessite pas de parler comme tout le monde », a-t-il signifié par messagerie téléphonique

« Il y a encore à améliorer »

Pour Pierre Claver Seberege, président de l’Union des personnes handicapées du Burundi, il y a encore du pain sur la planche en matière de la loi qui protège cette catégorie de personnes. Beaucoup de domaines de la vie publique sont toujours réservés aux seules personnes sans handicap physique. Il fait savoir que dans l’espace politique, les portes sont fermées. Il propose une révision de certains textes de la Constitution pour permettre aux personnes handicapées d’entrer au Parlement. « Les aveugles et les malvoyants, les sourds-muets, les malentendants, ceux qui n’ont pas de jambes ne peuvent pas faire des campagnes politiques ».

Sans pour autant exiger, ce professeur d’université suggère des cooptations dans certains domaines. Il fait savoir que la mise en place d’une discrimination positive s’avère nécessaire. La loi doit veiller à ce que ces personnes aient les mêmes possibilités et avantages, et le même accès que le reste de la population.

Ce que la ministre de la Solidarité nationale, des affaires sociales, des droits de la personne humaine et du genre ne conteste pas. Elle a reconnu qu’un pas a été franchi mais que des efforts restent toujours nécessaires. Pour le Premier ministre Gervais Ndirakobuca, il faut un changement de mentalité envers les personnes handicapées. Le gouvernement a mis en place toutes les mesures nécessaires pour qu’elles soient mieux intégrées dans toute la vie nationale du pays.

« Tous nos faits et gestes devraient s’appuyer sur les principes de conception inclusive au moment de créer des politiques, des programmes, des procédures, des normes, des exigences et des installations. Cela demande des efforts des uns et des autres », a-t-il souligné lors du 50e anniversaire de CENAR à Gitega. Et d’ajouter : « Les personnes handicapées sont des hommes et des femmes capables. Même les personnes qui se réclament valides ne peuvent pas tout faire, chacun a ses limites. »

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