Face à l’absence des auto-écoles, les aspirants conducteurs de Gitega se forment sur le tas. Les jeunes en particulier apprennent à conduire en observant les autres ou en prenant des risques inconsidérés. L’absence d’une formation adéquate conduit à une méconnaissance des règles de sécurité routière et augmente le risque d’accidents.
Dans la capitale politique, un paradoxe inquiétant se dessine. Alors que le parc automobile se développe rapidement malgré les problèmes de carburant, l’absence quasi totale des auto-écoles structurées transforme chaque trajet en un pari dangereux.
Privés de formation, de nombreux jeunes et des femmes apprennent à conduire de manière improvisée. Ce qui met en péril leur sécurité et celle des autres usagers de la route. Dans les rues, des voitures et mototaxis roulent parfois à vive allure sans se soucier des priorités, dépassent ou s’arrêtent sans clignoter ou sans klaxonner.
D’après les conducteurs vétérans, cela amène dans la plupart des cas des accidents. Les usagers de la route sont confrontés à une circulation désordonnée où chacun interprète les règles de conduite automobile à sa manière. « Ils apprennent sur le tas. Après deux ou trois jours sur le volant d’une voiture automatique, beaucoup se prennent déjà comme de véritables chauffeurs », déplore Jules Ndihokubwayo, un conducteur d’un poid-lourd. Selon lui, le temps où être conducteur passait par l’auto-école, convoyeur ou aide mécanicien est révolu. Il suffit d’avoir de l’argent et de s’acheter un permis de conduire pour devenir chauffeur. Il indique qu’il faut se tenir à tout moment sur ses gardes. Il suffit d’une seconde d’inattention pour être percuté par une voiture ou une moto conduite par un apprenti chauffeur. « Ces chauffards mettent en avant la carte d’assurance comme si cette dernière lui autorisait de faire un accident », ajoute un certain Saidi.
Les femmes et les jeunes, des cibles vulnérables
D’après beaucoup de témoignages, les femmes et les jeunes sont particulièrement exposés aux dangers de la circulation. Par nécessité ou par pression sociale, ils sont attirés par la conduite sans comprendre pleinement les risques encourus. Les conséquences sont dramatiques. Les accidents de la route, souvent causés par des conducteurs non formés ou imprudents, entraînent des blessures graves et des pertes en vies humaines. « Ici, l’important est d’avoir un véhicule et on apprend à conduire après », raconte Jean-Paul Sibomana. Quant à Liliane Nitegeka au volant de sa voiture flambant neuve, elle reconnait que beaucoup de femmes ne perdent pas beaucoup de temps à apprendre la conduite automobile. « Ce qui me complique est de faire la marche arrière et passer dans le portail chez moi », a-t-elle avoué. A la question sur ses connaissances du code de la route, elle sourit d’abord avant de dire que « c’est en forgeant qu’on devient forgeron !»
Créer des auto-écoles
Face à cette situation alarmante, beaucoup appellent à la création d’auto-écoles accessibles pour permettre de former correctement les conducteurs et de réduire les risques d’accidents.
Malheureusement, même le peu d’écoles qui existent ferment. Selon le propriétaire de l’auto-école Simba Network, en 2022 il y avait 5 établissements mais avec la conjoncture économique actuelle, elles ont fermé leurs portes. « J’étais le dernier à résister mais depuis six mois, j’ai constaté que je suis incapable de payer la maison et tout le nécessaire. Le loyer est cher, les taxes et les pièces de rechange aussi. Les apprentis ne peuvent pas supporter le tarif conséquent. Ils se débrouillent autrement malgré les conséquences souvent fâcheuses ».
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