Le 18 novembre, l’Institut national de la statistique du Burundi (INSBU) a organisé un café statistique consacré au thème « Couplage du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) et du Recensement général de l’agriculture et de l’élevage (RGAE) : quelles leçons à tirer de l’expérience du Burundi avec la RGPHAE, édition 2024 ? ». L’événement a réuni une large communauté statistique africaine, réunie pour célébrer la Journée africaine de la statistique, édition 2025.
Le directeur général de l’INSBU et président du Bureau central du recensement (BCR), Nicolas Ndayishimiye, a expliqué que ce Café statistique s’inscrit dans le cadre du « mois de la statistique », lancé officiellement le 20 octobre et qui se clôture ce 19 novembre. Il a indiqué que le thème retenu découle de l’intérêt suscité par l’expérience burundaise dans la mutualisation du recensement général de la population et de l’habitat avec celui de l’agriculture et de l’élevage.
Selon lui, cette démarche a permis d’obtenir des résultats significatifs. Il a souligné que cette activité visait également à partager les enseignements tirés avec les parties prenantes, les utilisateurs de données, les chercheurs et l’ensemble des réseaux impliqués dans cette opération d’envergure.

Le responsable de l’INSBU a rappelé que le couplage des deux recensements a été bénéfique sur les plans matériel et financier. Il a aussi permis aux experts et cadres du BCR de renforcer leurs compétences.
« Je dirais que le Burundi dispose maintenant des experts en matière de recensement général de la population, de l’habitat, de l’agriculture et de l’élevage, qui peuvent servir d’appui, qui peuvent exporter leur expertise dans d’autres pays ou qui pourront être utiles pour le projet de recensement général de la population, de l’habitat et de l’agriculture », a-t-il affirmé.
Il a ajouté que « le Burundi maintenant peut être une école où les autres pays, spécialement les pays africains, peuvent venir apprendre l’expérience burundaise en matière de mutualisation de ces deux opérations statistiques qui sont réalisées dans d’autres pays de façon séparée ».
Une base solide pour les études économiques
Parmi les participants, les universitaires ont souligné l’importance des données produites par ces recensements pour la recherche et la planification. L’économiste et professeur à l’université, Salomon Nsabimana, a insisté sur la valeur stratégique de ces informations. « Je pense que les données que nous avons avec ces recensements, ça peut nous permettre de créer non seulement la planification au niveau national, mais aussi au niveau des ministères, c’est-à-dire la planification sectorielle et au niveau communal », a-t-il expliqué.
Il a également rappelé que les chercheurs constituent de grands consommateurs de données statistiques, indispensables à la recherche fondamentale.
Selon lui, ces recensements offriront aux étudiants et chercheurs un socle solide pour mener des recherches sociales et appliquées, capables de formuler des propositions et des pistes pour l’élaboration des politiques publiques. Il a insisté sur le fait que des données fiables permettent d’éclairer les choix et de renforcer la qualité des décisions dans plusieurs secteurs.
Les intervenants ont rappelé que pour un pays comme le Burundi, où l’économie repose principalement sur l’agriculture, la population et les ressources disponibles, ces données constituent un outil essentiel pour dresser une topographie réelle de la situation économique et sociale. La mutualisation des recensements a permis d’obtenir un tableau plus précis des dynamiques démographiques et agricoles, facilitant ainsi l’élaboration de plans de développement cohérents et fondés sur l’évidence statistique.
Les participants ont conclu en exhortant les responsables du recensement à finaliser les résultats dans les meilleurs délais. Ils ont insisté sur l’importance de réduire l’écart entre la publication des résultats préliminaires et celle des résultats finaux, afin de garantir une utilisation rapide et efficace des données dans la planification nationale et locale.

Le pays le plus pauvre d’Afrique ; modèle ? auto -glorification puérile ‘