Dans plusieurs localités du pays, des amendes sont infligées en se référant sur aucune base légale claire. Face à cette situation, la population appelle les élus à éviter le sentimentalisme et à se conformer strictement aux textes de loi en vigueur.
À Busoni, dans la province de Butanyerera, les bureaux communaux récemment investis impressionnent par leur modernité. Devant ces locaux, le calme règne, les habitants vaquent à leurs occupations quotidiennes, les motos circulent librement et des discussions animent les abords des boutiques.
Cependant, derrière cette apparente tranquillité, certains habitants dénoncent des abus de pouvoir. Un résident ayant requis l’anonymat affirme que certaines sanctions infligées par les autorités relèvent de l’arbitraire. « Nous subissons souvent des injustices de la part de l’administration locale. Un chef peut, sur un simple coup de têtephone, t’enfermer au cachot ou t’imposer une amende. »
Il cite notamment le cas d’un éleveur de chèvres condamné à payer une amende de 1 752 000 BIF par le chef de la zone Cumba de cette même commune. Une décision finalement annulée par l’administrateur communal de Busoni, car jugée non conforme à la loi.
De son côté, G.N., habitant de la colline Karyerye, reconnaît que des dérives s’observent tout en soulignant qu’il existe des mécanismes de régulation locale. « Sur notre colline, lorsqu’un conseiller ou un chef collinaire commet une injustice, d’autres responsables ou des sages interviennent pour corriger la situation. »
Il appelle ainsi à une meilleure maîtrise des textes juridiques par les élus et insiste sur la nécessité de renforcer les formations pour garantir une bonne gouvernance.
« La commune joue le rôle de médiateur »
Isaac Nduwayezu, conseiller communal chargé de la communication et des relations publiques, rappelle que les élus doivent avant tout servir les citoyens dans le strict respect de la loi.
Il reconnaît toutefois que certains responsables laissent parfois leurs émotions guider leurs décisions. « Il arrive que notre vécu ou notre nature prenne le dessus au lieu de consulter la loi avant de juger. Pourtant, les textes légaux sont là et bien précis. »
Selon lui, l’administration communale intervient alors pour corriger ces dérives et jouer un rôle de médiateur en montrant ce qu’il fallait faire. Il souligne également que le manque de compétences juridiques chez certains élus constitue un défi majeur.
Pour y remédier, des formations sont en cours, notamment en collaboration avec la commune Kirundo et la province de Butanyerera. « Plusieurs élus suivent actuellement des formations sur les textes juridiques afin d’éviter les erreurs dans la prise de décisions », précise-t-il.
Une amende jugée d’abusive annulée
Le 15 mars 2026, le chef de la zone Cumba de la commune Busoni, a infligé une amende de 1 752 000 BIF contre 17 chèvres trouvées en divagation appartenant à l’éleveur Célestin Nsengiyumva.
François-Xavier Karenzo, administrateur de la commune Busoni a par la suite sorti, le 24 mars, une lettre portant annulation de cette amende en la qualifiant « d’erreur manifeste de mal interpréter la loi afférente à de telles infractions. »
Il a signifié au chef de zone qu’il devrait se référer à la loi n˚1/21 du 4 octobre 2018 portant stabulation permanente et interdiction de la divagation des animaux domestiques et de la basse-cour au Burundi en ces articles 33 et 34.
En effet, selon l’article 33, alinéa 2, « est infligée une amende de 2 000 à 3 000 BIF par tête d’ovins trouvés en divagation ». Et l’article 34 stipule que « tout gardien qui laisse divaguer le bétail qui lui est confié sur les plantations au-delà des clôtures ou bornes des périmètres d’aménagement rurale est punissable d’une amende de 50 000 à 100 000 BIF ou d’une de ces peines seulement. »
Sur ce, l’administrateur communal a déclaré l’amende nulle et a appelé le chef de zone de rétablir l’éleveur Célestin Nsengiyumva dans ses droits conformément à la loi en vigueur.






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