Samedi 22 juin 2024

Politique

Ngozi : le litige de Sabanegwa refait surface

06/10/2016 8

Selon de sources administratives, une maison en construction a été démolie ce mardi 04 octobre par des civils rwandais sous l’œil complice des militaires rwandais sur un îlot litigieux situé dans la Kanyaru. Le gouverneur de Ngozi parle de provocation.

L’îlot de Sabanerwa
L’îlot de Sabanerwa

Cet îlot de Sabanegwa qui alimente des polémiques se trouve à 35 Km de la ville de Ngozi. Elle est rattachée selon les Burundais de la localité à la colline de Rukurazo, en commune de Mwumba.

D’une superficie de quelques dizaines d’hectares, Sabanegwa comprend trois maisons d’habitations de fortune occupées par une seule famille burundaise avec un couple d’une soixantaine d’années et ses trois fils.

Très fertile du fait du limon apporté par les crues de la rivière Kanyaru, il est tout au long de l’année occupé par des cultures de toutes sortes dont le riz, le haricot, le maïs, etc.

Son appartenance territoriale n’est pas bien tranchée depuis la fin de la colonisation belge sur le Burundi et le Rwanda. Les deux pays revendiquent cet îlot crée selon les témoignages des habitants de la localité par la déviation de la rivière Kanyaru il y a un bon nombre d’années.

Longtemps objet de controverses entre Burundais et Rwandais, la question de Sabanegwa est restée pendant longtemps pendante, sciemment conservée dans les tiroirs de la diplomatie des deux Républiques sœurs. Elle refait cependant depuis ce mardi 04 octobre surface.

Tout commence aux environs de 10 heures du matin. «Alors qu’un des trois fils de la famille établie sur Sabanegwa s’occupait à construire une maison pour se marier, des civils encadrés par des militaires rwandais arrivent et démolissent cette habitation en chantier», affirme l’administration locale.

Selon ces mêmes sources, ils brandissent que la localité de Sabanegwa a toujours constitué une partie du territoire rwandais. «Quand ils sont arrivés, ils ont sommé la famille de démolir de son propre gré la maison. La famille a un peu hésité. Ils se sont alors eux-mêmes chargés de détruire jusqu’à la fondation. Ils disaient que Sabanerwa appartient au Rwanda et que ce pays ne peut abandonner une portion si petite soit-elle de son territoire».
Après la démolition, la famille a crié au secours. Des voisins de Rukurazo ont aussi appelé par téléphone l’administration de Mwumba pour solliciter une intervention policière ou militaire. Après le débarquement des militaires burundais, les Rwandais ont rebroussé chemin.

A qui l’ilot de Sabanerwa ?

Les deux pays divergent sur l’appartenance territoriale de Sabanegwa. Pour le Rwanda, l’îlot fait partie intégrante du territoire rwandais. Le litige a d’ailleurs, il y a quelques années, fait objet d’une commission bipartite.
Cette commission devait aussi étudier la question des autres parties des frontières faisant objet de divergences entre Bujumbura et Kigali dont Gishenyo en commune Giteranyi, Marembo en commune de Busoni, etc.
Du côté du Burundi, les témoignages concordent pour dire que Sabanegwa est une cellule administrative de la colline Rukurazo de la zone Gatsinda.

Côme Habonimana, 52 ans, natifs de la colline Rukurazo est sans équivoque: «Je suis né en 1964, Sabanegwa était un îlot dans la Kanyaru, il y avait même une succursale de la paroisse catholique de Mwumba, un père blanc nous taquinait en nous demandant de dire une île de la province de Ngozi. On criait tous : Sabanegwa ! La rivière a dévié de son lit vers le Burundi». Le pouvoir du conseiller de Rukurazo s’étend aussi sur Sabanerwa.

Charles Misigaro, chef de la colline Rukurazo parle d’agression. «Il faut que les Rwandais nous laissent tranquille. Sabanerwa est notre territoire, la population a peur, les Rwandais peuvent à tout moment revenir».

Pour Albert Nduwimana, gouverneur de la province de Ngozi, il y a eu attaque. «Ils n’ont aucun droit sur Sabanerwa car c’est un territoire du Burundi».

Signalons que des éléments de la FDN (Force de défense nationale) ont été déployés dans cette localité.
Côté rwandais, l’armée parle de «propagande burundaise ». Le porte-parole de la RDF, le lieutenant-colonel René Ngendahimana est clair : «Aucun militaire du Rwanda n’est entré au Burundi».

Forum des lecteurs d'Iwacu

8 réactions
  1. Ally

    Quand je pense à un passé très récent (les guerres à l’Est de la RDC causées par des agressions similaires) je me dis que nos amis rwandais sont vraiment en quête de terre.

  2. Kabingo Dora

    @ Karundi , ta réaction est du n’importe quoi

  3. Natacha

    La tension est au plus haut niveau entre les chefs DD et PK( Paul Kagame). Espérons qu ils maîtront leur egos à côté et épargner les les vies des simples citoyens.

    • Ahirwe

      Je pense que tant que la commission n’a pas encore rendu son verdict, construire etait une faute. Les deux parties reclament ce bout de terrain, donc, attendons. Quant aux tensions, elles sont voulu par les DD et bravo aux Rwandais qui garde un silence… responsable!

      • Elie B

        En tant qu’habitant de la sous-région, mon souci premier et mon souhait ardent est ce retour à la normale ds toute la sous-région. Ça ne m »étonnerait pas que cet incident soit une pure et triste réalité. Sinon quel intérêt auraient nos compatriotes du Nord à mentir et donner une version montée ou fausse comme semble le confirmer l’officiel rwandais?
        Chrétien que je suis, je supplie le Bon Dieux pour un redressement de la situation entre les deux peuples qui gardent tout de même des liens très familiers même si les politiques ont souvent jouer des troubles-fêtes.

        • Sama

          Le réflexe d’appel au secours de cette famille qui habite l’îlot aux administratifs burundais parle de lui-même. Ils se reconnaissent Burundais et aucun rwandaise ne réclame y avoir été chassé ! Clair comme de l’eau de roche !!!

      • Kayo

        Tu es sûr alors qu’ils ont détruit une maison d’un simple habitant c’est pas DD c’est toute la nation qui doit se lever pour réclamer son patrimoine

      • Fofo

        Admettons que l’acte commis pas nos voisins est une pure barbarie! S’ils avaient raison, pourquoi ne sont-ils pas la en plein jour.

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