Mercredi 12 mai 2021

Société

«Mon vœu le plus cher est de prendre un jour le chemin de l’école» 

20/11/2019 Commentaires fermés sur «Mon vœu le plus cher est de prendre un jour le chemin de l’école» 
«Mon vœu le plus cher est de prendre un jour le chemin de l’école» 
Félix Ngendabanyikwa: «Le retrait et la réinsertion des enfants en situation de rue et des mendiants au niveau de leurs familles et communautés est en cours.»   

A la veille de la célébration du 30e anniversaire de la convention internationale des droits de l’enfant, rencontre, ce mardi 19 novembre, avec les enfants en situation de mendicité dans les rues de Bujumbura.

15h. Face au restaurant Plaza situé en face de l’ancien marché central de Bujumbura, la petite Amina, 6 ans, fait la manche. «Mes parents sont divorcés et je vis sous le toit de mon père à Kinama», témoigne la petite fille d’entrée de jeu. En pull-over noir et jupe en jean bleu, Amina a l’air un peu perdu. Etre assise à discuter avec un inconnu sur un banc public est sans doute inhabituel chez elle. «Je viens ici tôt le matin et je repars la nuit.» Son papa qui est maçon a de la peine à nourrir sa progéniture. Du coup, la fillette se retrouve aujourd’hui dans la rue à errer entre les passants à la recherche d’un billet de 100 BIF, à peine de quoi s’offrir un beignet. Malgré ce dénuement, elle avance avec sa petite voix timide que son désir est de prendre le chemin de l’école.

A 13 ans, Charlène, la grande-sœur d’Amina, a presque l’air d’une jeune femme avec sa longue jupe et son châle noir aux teintes multicolores couvrant en partie ses cheveux. Elle veille sur la petite fille telle une mère poule. «Cela fait maintenant une année que j’ai interrompu mon parcours scolaire. J’étais en 6e primaire. J’aimerais tant reprendre mes études.». Les soucis de la jeune fille ne s’arrêtent pas là. «Les policiers nous traquent souvent. A maintes reprises, nous nous sommes fait appréhender et emmener au cachot de la police judiciaire du quartier Jabe». Et de préciser qu’à chacune de ces interpellations, elles étaient relâchées au bout d’une semaine et déposées dans leur zone de résidence respective. «Comme nous n’avons pas d’autre choix, nous revenons au centre-ville.». Aux bienfaiteurs, elle demande «un toit convenable et une alimentation quotidienne».  

A l’issue d’un point de presse tenu ce mardi, Félix Ngendabanyikwa, secrétaire permanent au ministère des Droits de la personne humaine, des Affaires sociales et du Genre, a affirmé que «l’Etat burundais a lancé une campagne nationale quinquennale de lutte contre la négligence à l’égard des enfants, depuis novembre 2017 ». Il a ajouté que «le retrait et la réinsertion des enfants en situation de rue et des mendiants au niveau de leurs familles et communautés est également en cours».

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