La situation, chacun le reconnaît désormais, est d’une gravité exceptionnelle sur la frontières entre la RDC et le Burundi. Au moment où nous mettons sous presse, trois enfants et une femme ont déjà perdu la vie sur le site de Kansega, zone Ndava, commune Bukinanyana. Après une fuite périlleuse, des milliers de réfugiés congolais chassés par les combats au Sud-Kivu se retrouvent dans la détresse la plus totale sur notre territoire.
Dans plusieurs localités de la commune Cibitoke, comme dans la zone de Gatumba et Magara à Rumonge, cette vague massive de déplacés – composée en grande partie de femmes, d’enfants et de personnes âgées – n’a trouvé que très peu de structures d’accueil. Les rares espaces disponibles sont débordés. Des familles entières dorment à même le sol ou sous des abris improvisés. « Ils se soulagent dans un seau et versent les déchets dans la rivière », rapporte un témoin. Les agences humanitaires, elles, peinent à fournir des abris, de la nourriture et des soins adaptés. L’urgence humanitaire est totale, et l’appel à une mobilisation internationale ne peut être différé.
Ces réfugiés ne sont pas des chiffres dans un communiqué : ce sont des personnes avec une histoire, des familles, des rêves. Leur dignité a été brisée par la violence. Hier encore, ils avaient une vie, un foyer, des projets. Leur exil n’est pas un choix, mais une rupture brutale. Leur passé est une blessure, leur présent un combat quotidien, et leur avenir un immense point d’interrogation.
La population de l’Est de la RDC ne mérite en rien la tragédie qu’elle endure. Depuis des décennies, les civils paient le prix d’un cycle de violence complexe qui les dépasse totalement. Ils se retrouvent pris entre des forces multiples, toutes prétendant agir en leur nom, mais qui les exposent en réalité à de nouveaux périls.
Un retour durable de ces réfugiés n’est possible que lorsque des conditions essentielles seront réunies. Un simple rapatriement, sans garanties solides, reviendrait à les livrer une nouvelle fois au danger. La sécurité est la première de ces garanties. Mais elle ne peut se construire sur l’impunité. Justice et réconciliation restent indispensables pour briser enfin le cercle de la violence. Le conflit ayant une dimension régionale, une diplomatie active et une pression internationale cohérente doivent s’attaquer également à ses causes externes. Le retour ne sera donc pas un événement, mais l’aboutissement d’un long processus, nécessitant une volonté politique ferme du gouvernement congolais et l’engagement sincère de tous les acteurs de la région.
En attendant que ces conditions soient réunies, peut-être dans plusieurs années, la priorité absolue est de garantir la dignité, la sécurité et le bien-être des réfugiés là où ils se trouvent aujourd’hui. Les considérer uniquement comme des victimes passives serait une erreur. Ils sont titulaires de droits, porteurs de besoins multiples, et l’aide qui leur est fournie doit aller au-delà de la simple survie : éducation, soutien psychologique, protection, reconstruction de leurs capacités et de leur espoir.
Mais cette prise en charge, aussi indispensable soit-elle, ne suffira pas à elle seule à interrompre le cycle des violences dans la région. La crise actuelle rappelle une fois de plus que les solutions humanitaires ne peuvent éternellement pallier les défaillances politiques. C’est désormais une réponse politique ambitieuse, cohérente et courageuse qui s’impose, une réponse capable de traiter les causes profondes du conflit, de garantir la sécurité des populations et de rendre enfin possible la paix que ces réfugiés attendent depuis trop longtemps.



Le Burundi risque de vivre une crise humanitaire sans précédent. Ces réfugiés congolais arrivent en masse alors que les organisations humanitaires ont déjà clôturé l’année fiscale, Trump ne s’en préoccupe plus (le HCR) , l’UE a ses propres problèmes, guerres à travers plusieurs parties du monde(Ukraine, Palestine, Syrie, Soudan, ….Problématique!
Cher Sikuyavuga
Je sais qu’un journaliste ne prend position , ce n’est pas un juge mais un journaliste doit révéler, dépoussiérer ce que la politique veut cacher et c’est à ce titre que je me permets de vous interpeller . Vous connaissez la cause profonde de la crise à l’Est de la RDC , exposez là et on en parle : une diplomatie ? Oui . Une pression internationale ? Certainement . Une guerre ? Non . En tout cas pas l’intervention du Burundi ! Car le Burundi n’est pas parti réconcilier , il a pris parti . Je peux vous jurer que dans ces conditions, la crise ne peut pas trouver une solution. Aujourd’hui même un enfant du primaire connait le problème : le refus de l’identité congolaise à une partie de sa population . A cela il faudra ajouter la présence de la milice rwandaise issue des interahamwe de 1994 , les FDLR . Si on trouve une solution viable à ces deux problèmes , il n y aura plus de soucis. Les nombreux accords signés ont toujours préconisés cette voie de sortie, seulement ils n’ont jamais été appliqués . J’en viens maintenant au vrai souci : le manque de leadership des dirigeants de la Région.
Traiter ‘Les causes profondes du conflit’. Voilà, le mot est lâché! Et c’est justement ce que demande l’AFC-M23 et le Rwanda depuis le début du conflit! Et ces causes profondes datent de 1884 à la conférence de Berlin. On reconnaît les congolais rwandophones comme étant Congolais à part entière ou on les renvoie au Rwanda avec leurs terres ancestrales du Kivu!
»Et ces causes profondes datent de 1884 à la conférence de Berlin ». Ah oui? Pourquoi ne pas remonter jusqu’au Déluge?
Caramba! Encore une idée de génie, Ô sublissime coryphée de la pensée universelle. Pour une fois, je suis d’accord avec toi. Il faut remonter au déluge. Cela a très bien marché pour Israël qu’on a ramené de force sur la terre de leurs ancêtres.