Vendredi 01 mars 2024

Société

Les cinq défenseurs des droits humains arrêtés, transférés à Mpimba

18/02/2023 13
Les cinq défenseurs des droits humains arrêtés, transférés à Mpimba
Les cinq défenseurs des droits humains transférés à Mpimba

Détenus au SNR, le Service national de renseignements, depuis mardi juste après leur arrestation, les cinq défenseurs de droits humains ont été transférés à la prison centrale de Mpimba dans la soirée de jeudi 16 février. Cétait après avoir été auditionnés par le substitut du procureur du Parquet de Ntahangwa au Tribunal de Grande Instance de Ntahangwa.

Trois chefs d’accusations pèsent sur ces cinq défenseurs des droits de l’Homme : il y a d’abord l’« atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat », ces membres des associations de la société civile burundaise sont ensuite accusés de « rébellion » et enfin d’« atteinte au bon fonctionnement de l’économie nationale ».

Quatre de ces défenseurs des droits de l’Homme ont été arrêtés l’aéroport de Bujumbura baptisé Melchior Ndadaye, dans la matinée de mardi 14 février par des agents du SNR alors qu’ils s’apprêtaient à s’envoler pour Kampala afin de prendre part à une rencontre avec les partenaires.

Il s’agit de Me Sonia Ndikumasabo, présidente de l’Association des Femmes Juristes du Burundi (AFJB), ancienne commissaire à la CNIDH (Commission nationale indépendante des droits de l’Homme), de Marie Emerusabe, coordinatrice générale de cette association, d’Audace Havyarimana, représentant légal de l’Association pour la Paix et la Promotion des Droits de l’Homme (APDH), de Sylvana Inamahoro, directrice exécutive de cette association.

Prosper Runyange, coordonnateur du projet foncier au sein de l’APDH a été arrêté à Ngozi où il est basé, sur mandat du procureur et conduit au SNR à Bujumbura.

Dans sa conférence de presse tenue ce jeudi, le ministre de l’Intérieur a expliqué que ces personnes ont été arrêtées pour leur collaboration avec une ONG internationale qui ne travaille plus au Burundi et encore moins avec le gouvernement burundais. Selon Martin Niteretse cette organisation fournit officieusement des fonds à ces associations qui pourraient finances les actes des terroristes.

Il s’agit selon toute évidence d’Avocats sans frontières (ASF). Cette ONG étrangère a fermé ses bureaux au Burundi le 14 décembre 2018. Elle n’a pas jugé bon d’appliquer les quotas ethniques dans ses recrutements des employés locaux, une exigence du gouvernement burundais à toutes les ONG étrangères, jugeant que cette demande est une sorte de fichage ethnique, partant contraire à ses valeurs.

Ces arrestations interviennent deux semaines après la visite de l’Envoyé spéciale de l’UE pour les Droits de l’Homme, Eamon Gilmore, au Burundi où il a rencontré plusieurs autorités et des représentants de la société civile.
Bien qu’il ait noté quelques progrès réalisés, il a fait savoir qu’il y a encore pas mal de défis à relever en matière de droits de l’Homme au Burundi.

Forum des lecteurs d'Iwacu

13 réactions
  1. Hezagigwa

    Toutes les fois où vous entendrez les autorités politiques ou administratives se prononcer sur un procès en cours d’instruction, sachez que ce sens un procès politique. seules les instances judiciaires devraient s’occuper d’un présumé delit ou crime

  2. Gacece

    Je suis presque sûr que si on prend la peine de faire une liste des avantages et des inconvénients de l’application (et de la non application) des quotas pour chaque ethnie, et qu’on compare, le résultat pourrait en surprendre plusieurs… Parce que les avantages d’une ethnie risquent d’être des inconvénients pour les autres ethnies et « versa et vice » (!).

    Si on parvient à identifier au moins un avantage pour tous (la paix ou la justice par exemple), moi je dirais qu’il supplante tous les inconvénients que chaque ethnie pourrait avancer comme arguments… Opinion personnelle.

    Chaque personne ne voit qu’à travers les lunettes et les filtres de son ethnie. Un Burundais qui dit qu’il est neutre ou modéré ne le dit que pour se donner bonne conscience… à ses propres yeux et à ceux de ceux à qui il s’adresse. C’est un mirage!

    Nous connaissons l’ampleur des discriminations qui existaient avant l’application de ces quotas, et nous connaissons également ce que cette application a apporté comme conséquences positives et/ou négagtives.

    Apprenons du passé et avançons dans l’imperfection.

  3. Kanda

    Elle n’a pas jugé bon d’appliquer les quotas ethniques dans ses recrutements des employés locaux,[…].

    En peu de mots les quotas continuent à faire d’autres victimes ! Le chemin est long.

    • Richard

      Pourquoi ces Avocats sans Frontière ne travaillent pas au Rwanda où on an à ettlement besoin!

      • Joe Verko

        Tu as manqué une occasion de te taire. Au lieu de proposer ube solution aux problèmes burundais, tu traverse au Rwanda pour dire du n’importe quoi. Quelle stupidité

  4. Margarita

    Des quotas ethniques, comme au Rwanda de Kayibanda!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!.
    Et d ailleurs ce sont des quotas qu’on brandit quand ca arrange le pouvoir. On brandit pour des buts démagogiques afin de plaire une certaine partie de la population.
    Pourtant on sait comment se donne akazi au Burundi. Ce n est pas tous les membres de l Ethnie bénie qui recoit le Travail.
    Une fois on a recruté un assistant (à l’Université du Burundi) qui avait 65%, alors que dans la meme promotion, il y avait une candidate qui avait 85%.
    Apres enquete, on a su pourquoi le candidat de 65% qui venait de Cibitoke avait ete retenu contre tout bon sens et meme morale chrretienne qu’on chante partout.
    C est lq somme de tous ces elements qui contribue a faire du Burundi le pays le plus pauvre et le plus corrompu

    • Kanda

      Imagine, c’est criminel ! Est-ce quelqu’un de 65% va transmettre quoi comme connaissances par rapport à celui de 85%? Et les étudiants qui auront 65% de ses connaissances n’ont en réalité que 37% des connaissances qu’il faut! Et voilà pourquoi le niveau diminue, un universitaire ne pouvant même pas parler français, langue d’enseignement, après 20 ans d’études.

      • Kaziri

        Cela est l’une des manifestations de la vision qui guide le Burundi actuel.
        Oui , le niveau de l’éducation a terriblement baissé.

    • Uwizeyimana

      Tu connais mal le Rwanda ou le présideny Kayibanda;le président Kayibanda n’a jamais appliqué ni institutionnalisé le quota technique Durant son administration! C’est plutôt le président Habyarimana qui avait appliqué ce qu’il avait appellé »équilibre régional et technique »!

      • Kaziri

        J’ai étudié avec de jeunes adolescents qui ont fui en 1973.
        Le pourcentage pour les bambino tutsi était plus élevé que pour les bambino hutu. Honteux.

        • Kanda

          @Kaziri
          La note n’est pas fonction de l’ethnie, ce tu dis est donc faux et archifaux. Dans les mêmes conditions, ces préjugés se sont révélés faux, même chez le colon qui a souvent prétendu que le colonisé était juste un sauvage.

          • KAaziri

            Kanda,
            Les gens qui ont vécu au Rwanda de Kayibanda sont encore très nombreux de nos jours. Urabaza wumve. C’est vrai à 100%.
            uri umututsi, canke umuhutu, muri Concours National, ntibarabira amanota amwe pour aller au secondaire.
            Comme au Burundi pour les étrangers. Mais au Burundi, on donne une explication rationnelle. Les places au secondaire étaient limités, Congolais et Rwandais devaient se les partager

        • Kanda

          Les discriminations, je sais qu’ils ont existé et existent encore, au Burundi comme au Rwanda et ailleurs. Mais dire que, naturellement les Tutsi sont plus intelligents que les Hutu ou que les blancs sont plus intelligents que les noirs est faux. Dans les mêmes conditions, on voit beaucoup de noirs qui font meilleures notes que les blancs, les Hutu qui font meilleures notes que les Tutsi.

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