Approvisionnement irrégulier en eau potable, manque d’enseignants, vétusté des infrastructures… Le lycée Kirundo, situé en commune Kirundo, province Butanyerera, cumule les difficultés. Dans un entretien accordé à Iwacu ce mercredi 19 novembre 2025, son directeur appelle l’État à intervenir d’urgence.
« Après plusieurs années d’attente, ce mois de novembre nous avons été servis trois fois. C’est une avancée », confie Cyriaque Nkerabahizi, directeur du lycée Kirundo, également connu sous le nom de lycée Ndadaye.
Il affirme que le responsable local de la Regideso leur a promis quelques livraisons supplémentaires dans les semaines à venir, après de nombreuses sollicitations. « Avec l’augmentation du nombre d’élèves à l’internat, la situation risquait de devenir ingérable », souligne-t-il.
Selon lui, la Regideso justifie ces irrégularités par la nécessité de couper l’eau dans d’autres quartiers pour alimenter l’établissement. Une explication qui ne le convainc pas : « Nous demandons un approvisionnement régulier. Sans eau potable, les conséquences sont graves. »
L’absence d’eau affecte directement le fonctionnement de l’école et les conditions d’apprentissage. « Sans eau, l’hygiène devient un problème majeur. Les toilettes, les dortoirs, les salles de classe… sans nettoyage, ces lieux deviennent rapidement invivables », regrette-t-il.
Élèves et personnel contraints d’aller puiser au marais
Faute de mieux, les élèves se rendent quotidiennement au marais voisin pour puiser de l’eau. « Ils parcourent une longue distance pour atteindre la source, ce qui perturbe l’emploi du temps scolaire », précise le directeur.
Cette situation entraîne aussi des tensions avec les habitants venus chercher de l’eau, ainsi que des plaintes des agriculteurs : « Trois fois déjà, ils nous ont signalé que leurs champs, situés le long du sentier étroit menant à la source, sont endommagés par le passage massif des élèves. »
Même les domestiques de l’internat sont touchés : pour cuisiner ou laver les ustensiles, eux aussi doivent aller puiser de l’eau. « Certains finissent par abandonner leur poste : puiser trois fois par jour, c’est épuisant », déplore M. Nkerabahizi.
Si aucune maladie grave n’a été détectée jusqu’ici, « le risque de choléra ou de dysenterie est bien réel », avertit-il. À défaut d’un approvisionnement régulier par la Regideso, il plaide pour un forage : « Étant proche d’un marais, l’opération serait réalisable à moindre coût et réglerait définitivement le problème. »
Des infrastructures insuffisantes et vieillissantes
Le directeur remercie l’État pour l’octroi récent de matériel de laboratoire. « Mais celui-ci reste inutilisé, faute de locaux adaptés. Les produits de laboratoire ne peuvent être manipulés n’importe où », explique-t-il.

L’établissement manque également de salles dédiées à l’informatique et d’ordinateurs, pourtant indispensables pour certaines sections.
Plusieurs bâtiments présentent des signes avancés de vétusté : « Certaines toilettes datent d’avant 1996. Aujourd’hui, elles sont complètement bouchées. » Les installations électriques, « très anciennes », inquiètent aussi la direction : « Un incendie n’est pas à exclure si rien n’est fait. »
Il demande également le remplacement des équipements liés à l’eau — tuyaux, robinets, lavabos — trop dégradés pour fonctionner correctement.
Une école ouverte à tous les vents
L’absence de clôture constitue un autre défi majeur. « Avec une clôture, les élèves seraient plus en sécurité et suivraient les cours sans distraction. Aujourd’hui, il y a trop d’allées et venues dans l’enceinte, ce qui perturbe élèves et enseignants », déplore le directeur. Il estime que ce dispositif réduirait également les vols.
Le lycée souffre aussi d’un manque d’enseignants. « Certains cours ne sont pas couverts. Nous sommes obligés de faire appel à des vacataires », indique M. Nkerabahizi.
En revanche, le matériel de couchage ne pose plus de problème majeur : l’État fournit chaque année quelques matelas supplémentaires. La question de l’accès aux livres, pour les élèves comme pour les enseignants, est également en voie de résolution.
Le lycée Kirundo (Lycée Ndadaye) compte trois sections — Langues, Économie et Sciences — pour un effectif de 497 élèves, dont 260 garçons et 237 filles. Parmi eux, 334 sont internes.






Le titre serait plutôt:
« es Lycées du BURUNDI face à moult défis ».
En effet, les problèmes du Lycée de Kirundo sont ceux du Lycée de Gatara, Muyebe, Matana, Jenda etc…