Samedi 04 avril 2026

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Le leadership féminin à l’épreuve des réalités

04/04/2026 0
Le leadership féminin à l’épreuve des réalités
Selon les participants, les capacités des femmes leaders ne sont plus à démontrer

L’Institut néerlandais pour la démocratie multipartite (NIMD), en partenariat avec le ministère de l’Intérieur, du Développement communautaire et de la Sécurité publique, a organisé le mardi 31 mars 2026 à Bujumbura, une conférence-débat sur le leadership féminin et la gouvernance inclusive sous le thème « Rôle des femmes dans le leadership politique ». Elle a réuni des femmes membres des partis politiques ainsi que quelques organisations de la Société civile qui militent pour les droits des femmes et des filles.

Dans son allocution, Dieudonné Ntanago, directeur pays et représentant Légal de NIMD au Burundi, a indiqué que son organisation met en œuvre, depuis octobre 2024, le projet « Appui au renforcement des partis politiques et des OSC en tant que « Gardiens » de la représentativité et participation des femmes et des jeunes dans la vie politique : Arpog. »

Le projet vise à renforcer la participation et la représentativité des femmes et des jeunes dans la vie politique au Burundi.

Financé par l’Union européenne et exécuté en partenariat avec l’Afrabu (Association des Femmes rapatriées du Burundi), le projet appuie les partis politiques et les organisations de la société civile dans la promotion du genre, de la gouvernance inclusive et du dialogue politique.

Selon lui, la participation équitable des femmes dans les instances de décisions est essentielle pour renforcer « la démocratie », améliorer la représentativité et mieux prendre en compte les besoins des citoyens.

Malgré certaines avancées, le directeur pays a reconnu que les femmes restent encore sous-représentées dans les postes de leadership politique et font face à des défis socioculturels, économiques et institutionnels qui limitent leur engagement.

Ainsi, cet échange, a-t-il souligné, vise à analyser ces obstacles, encourager l’implication des femmes dans les partis politiques et proposer des solutions concrètes en faveur d’une gouvernance inclusive.

M. Ntanago a également rappelé que la promotion du leadership féminin s’inscrit dans les priorités nationales, notamment à travers la vision du Burundi, Pays émergent en 2040 et pays développé en 2060.

De son côté, Désiré Nitunga, responsable d’action gestion des affaires publiques au ministère ayant l’intérieur dans ses attributions, a salué l’initiative du NIMD, à travers le projet Arpog, visant à promouvoir le leadership politique féminin et la participation significative des femmes dans la gouvernance locale.

Le directeur pays du NIMD, Dieudonné Ntanago, aux côtés du représentant du ministère de l’Intérieur, lors de son discours d’ouverture

Selon lui, l’atelier constitue un cadre important de réflexion et d’échange pour les femmes engagées en politique afin d’identifier les obstacles qui freinent leur participation effective et de proposer des stratégies concrètes pour renforcer leur influence au sein des partis politiques.

Il a rappelé que la Constitution burundaise garantit les libertés d’association, de réunion et de participation à la gestion des affaires publiques pour tous les citoyens, y compris les femmes.

Toutefois, il a insisté sur la nécessité d’aller au-delà de la simple représentativité pour assurer une influence réelle des femmes dans les instances de prise de décisions.

Un engagement en faveur du leadership féminin

Parmi les avancées enregistrées, il a cité le renforcement du cadre légal en faveur de la représentation des femmes, la mise en œuvre de la politique nationale genre, l’autonomisation économique à travers des mécanismes de financement comme la BDIF ainsi que l’amélioration de l’accès des filles à l’éducation.

Il a en outre évoqué la mise en place des cadres de dialogue inclusifs entre le gouvernement, les partis politiques et la société civile ainsi que les programmes de renforcement des capacités destinés aux femmes et aux jeunes.

Revenant sur les élections de 2025, M. Nitunga a salué la participation des femmes et insisté sur la nécessité de consolider le dialogue entre les élus et les citoyens afin de renforcer la démocratie et la gouvernance inclusive.

Toutefois, il a reconnu que des défis persistent, notamment les barrières socioculturelles et l’accès limité des femmes aux ressources économiques qui continuent de freiner leur pleine participation. Il a appelé à une mobilisation collective pour lever ces obstacles et promouvoir une participation effective des femmes dans la vie politique.

Atteindre la parité

Clémence Bununagi (1ère à gauche) : « Le plus grand défi des femmes n’est pas seulement externe, il peut aussi être interne. »

Pour enrichir les échanges, un panel a eu lieu. Il portait sur les défis et contraintes qui freinent l’émancipation des femmes dans la vie politique.

Clémence Bununagi, représentante légale du Burundi Leadership Training Program (BLTP), a indiqué que la représentativité des femmes dans les institutions étatiques a enregistré des progrès notables. Elle a précisé que les femmes occupent 46,5 % des sièges au Sénat contre 38,7 % à l’Assemblée nationale. Au niveau local, elles représentent 30,95 % des administrateurs communaux et 19 % des conseillers communaux.

Cependant, elle a déploré une faible représentation au niveau collinaire où les femmes ne dépassent pas 8 %, un taux jugé insuffisant au regard de leur poids démographique.

Clémence Bununagi a toutefois souligné que plusieurs obstacles persistent. Elle a évoqué notamment les pesanteurs socioculturelles qui confinent la femme aux tâches domestiques, les contraintes institutionnelles et juridiques ainsi que le manque de confiance en soi. « Le plus grand défi des femmes n’est pas seulement externe, il peut aussi être interne », a-t-elle fait remarquer.

De son côté, Sylvie Nizigama, députée et présidente de la ligue des femmes du CNDD-FDD en province de Bujumbura, a appelé les femmes à redoubler d’efforts pour atteindre la parité. Selon elle, l’autonomisation financière reste essentielle. « Rien ne sera offert sur un plateau d’argent ». Elle encourage les femmes à s’investir dans des activités génératrices de revenus. Mme Nizigama a également salué les compétences des femmes leaders dans la gestion des affaires publiques.

Pour sa part, Patricia Ndayizeye, ancienne députée, a estimé qu’une femme compétente peut contribuer significativement au développement durable. Elle a toutefois relevé certains défis, notamment les limites liées au financement politique.

Selon elle, plusieurs femmes passent à côté des opportunités, alors que des réformes dans ce domaine pourraient favoriser leur participation politique.

Au terme des échanges, les panélistes ont recommandé le renforcement des capacités des femmes, la promotion de la masculinité positive, la réforme des règles du jeu politique ainsi que le renforcement de la formation au sein des partis politiques.

Les participants ont souligné que les capacités des femmes leaders ne sont plus à démontrer. Abdoul Kassim, président du parti UPD Zigamibanga, a illustré ses propos en citant la décision de l’administration de Mukaza d’étendre les heures d’ouverture du marché de Jabe jusqu’à 21 h, comme exemple de leadership efficace et salué par les citoyens.

Dans son mot de clôture, Leonard Ndikiminwe, chargé de programmes au NIMD a remercié de vive voix les participants pour leur présence et active participation. Il a salué la diversité de l’audience et des points de vue exprimés qu’il a qualifiée de richesse.

Il a appelé les femmes à devenir de véritables stratèges, agentes de changement capables de transformer les obstacles en opportunités avant de les exhorter à saisir toutes les occasions favorisant leur émancipation politique et économique.

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