Vendredi 12 avril 2024

Politique

La Mutuelle de la Fonction Publique, un outil important pour ses affiliés

18/08/2013 6

La Mutuelle de la Fonction Publique est au service de ses affiliés depuis plus de 30 ans. Malgré un travail reconnu et apprécié en général, elle fait pourtant face à des défis, tant d’origine interne qu’externe, et devrait se ressaisir, aidée par le gouvernement.

Le siège de la Mutuelle de la Fonction Publique ©Iwacu
Le siège de la Mutuelle de la Fonction Publique ©Iwacu

La Mutuelle de la Fonction Publique, MFP, est une institution à caractère social qui a été créée par le Décret-loi N° 1/28/ du 27 juin 1980. Elle est chargée de gérer le régime d’assurance maladie-Maternité des agents publics et assimilés. Cette institution a été créée en 1980, avec 35 membres du personnel. Aujourd’hui, elle a plus de 560 membres du personnel. Selon le directeur général de la MFP, Déo Nduwimana, elle assure les fonctionnaires de l’Etat, les magistrats, les enseignants, les militaires, les agents de la Police nationale du Burundi, les pensionnés et rentiers de la Fonction publique et de l’INSS (Institut national de sécurité sociale), les membres et le personnel d’appui des institutions politiques. Elle assure également les agents communaux, le personnel de l’enseignement privé, ainsi que le personnel des associations sans but lucratif et organisations non gouvernementales qui ont demandé l’affiliation.

Les missions de la mutuelle sont de gérer le régime d’assurance maladie-maternité, percevoir les cotisations, assurer les prestations aux assujettis et à leurs ayant-droit, conclure toute convention utile, notamment avec les fournisseurs des prestations, et procéder à toute opération nécessaire pour, à la fois, assurer les prestations aux bénéficiaires et assurer l’équilibre financier du régime.
En 2004, la MFP a construit ses propres locaux qui abritent son siège. En 2008, elle a construit les agences de Ngozi et Gitega. Et la MFP compte construire un autre building dans la ville de Bujumbura. Les études de terrain de ce bâtiment sont déjà faites.

Il faut également souligner que la MFP a 29 pharmacies qui sont partout dans le pays, et 29 pharmacies qui collaborent avec la Mutuelle. En plus, la Mutuelle collabore avec 42 hôpitaux publics, 364 centres de santé et 89 centres de santé des confessions religieuses. La Mutuelle collabore aussi avec certains centres optiques.

Une institution qui a évolué avec des défis …

Mais la Mutuelle de Fonction Publique fait face à certains défis, notamment un personnel insuffisant, les fraudes de prestations remarquées chez les affiliés, les problèmes de recouvrement des cotisations (certains employeurs font des retards pour cotiser pour leurs employés).

Malgré ces contraintes, M.Nduwimana indique que la Mutuelle compte informatiser toutes ses prestations dans les meilleurs délais pour faire face à certaines fraudes qui se remarquent régulièrement. Elle va aussi créer les dépôts de médicaments pour faciliter l’approvisionnement des structures sanitaires implantées à l’intérieur du pays. La mutuelle compte proposer la révision de la loi régissant le système d’assistance maladie-maternité.
Le directeur général de la MFP signale que, malgré certains défis, cette institution compte fournir plus d’efforts afin de satisfaire ses affiliés.

La question épineuse de la M.F.P. est celle de l’approvisionnement des médicaments. Les procédures actuelles des marchés publics handicapent l’approvisionnement régulier de la M.F.P. qui doit faire face à la concurrence des pharmacies privées non astreintes aux mêmes contraintes. Le souhait de la MFP est que le Gouvernement puisse aider à ce que la M.F.P. s’approvisionne en médicaments dans de bonnes conditions parce que, aujourd’hui, elle accuse un minimum de six mois de retard. La direction et le personnel déplorent la désuétude de la législation qui régit la M.F.P. et demandent qu’elle soit adaptée aux circonstances du moment.
A souligner également que, depuis 10 ans, la mutuelle n’a pas de statuts appropriés à la situation actuelle. Mais aussi la lenteur dans la cotisation, les pertes dues au non-remboursement des dettes des banques fermées, ainsi que le problème d’informatisation qui fait que beaucoup d’affiliés ne soient pas satisfaits des prestations de la MFP.

Des irrégularités dans le fonctionnement

Dans sa visite à la MFP en juin 2012, la ministre de la Fonction publique, du travail et de la sécurité sociale, Annonciate Sendazirasa, a reconnu que la MFP a fait beaucoup de réalisations depuis son existence. Cependant, elle a fait remarquer que cette institution a contracté des déficits remarquables. Elle a signalé qu’au cours de cette année, la MFP a perdu 1.035.921.363 Fbu dans la branche des pharmacies seulement. Aussi, depuis 2004 jusqu’aujourd’hui, la MFP ne montre pas les états financiers et la ministre a souligné que le problème d’informatisation ne réside pas dans la passation des marchés, mais plutôt au sein même de cette institution. Pour mettre fin à tous ces problèmes, Mme Sendazirasa a demandé à la direction de la MFP d’organiser un audit financier et organisationnel pour éclairer la question en rapport avec les états financiers.

En novembre 2012, l’Assemblée Nationale a analysé le rapport d’enquête parlementaire sur les prestations de la Mutuelle de la Fonction Publique. Cette enquête a été réalisée par la commission des affaires sociales, du genre, du rapatriement, de l’égalité des chances et de la lutte contre le Sida. D’après les résultats de l’enquête, les prestations de la MFP laissent à désirer. Les prestations des affiliés dans tous les coins du pays sont importantes.
En effet, les circuits de la mutuelle de la Fonction Publique sont trop longs, certains médicaments restent introuvables à l’intérieur du pays et les patients sont obligés de faire un déplacement sur Bujumbura. Certains examens radiographiques et au scanner ne sont pas pris en charge par la mutuelle. Aussi les prestations du personnel de la MFP se limitent aux heures de travail normal, à la tranche de 7h30-15h30. Les guichets restent fermés le week-end et tous les jours de 12 h à 14 h. Ce qui bloque le travail des médecins.

Un besoin urgent de se ressaisir

Les griefs les plus graves se remarquent quand les agents de la MFP s’arrogent le droit de modifier ou de supprimer un médicament prescrit par un médecin. La mutuelle oblige également les médecins de ne pas prescrire sur une même feuille de maladie des médicaments totalisant un coût de 50 mille francs burundais.

D’autres produits pharmaceutiques ne sont pas pris en charge. Dans ses prestations, la mutuelle veut forcer les affiliés à ne consommer que les génériques. Les affiliés regrettent que les médecins aient tendance à s’y conformer alors qu’ils sont les seuls habilités à prescrire tel produit plutôt qu’un autre. Les mêmes affiliés interrogés ont fait remarquer que la mission première qui était dévolue à la MFP à sa création était purement sociale mais est devenue au fil des années une mission commerciale ceci se remarque à travers les bilans où les gestionnaires de la MFP dressent des bilans financiers à la place des bilans sociaux.

Les coûts des médicaments restent élevés alors que l’Etat les exonère. La MFP ne prend pas en charge les médicaments essentiels des maladies chroniques. Ces médicaments sont rares dans les officines de la MFP mais se retrouvent dans les pharmacies privées. Les affiliés constatent amèrement que la mutuelle ne prend pas en charge les nouvelles recrues de la Fonction Publique alors que leurs cotisations sont prélevées dès les premiers salaires qui arrivent en cumul de 6 ou 8 mois.

Un autre défi à relever est que 80 pour cent des affiliés de la MFP, qui font rentrer 70 pour cent des cotisations ne soient pas représentés au conseil d’administration de la MFP (les fonctionnaires enseignants).
Outre ces problèmes fonctionnels, il est à signaler un autre problème qu’a connu la MFP ces derniers jours, et pas des moindres : des sommes colossales détournées par vol de chèques, la disparition des ordres de virement, des vols à main armées, des embuscades, etc. Et d’aucuns suspectent une complicité à l’intérieur de la Mutuelle de la Fonction Publique.

Forum des lecteurs d'Iwacu

6 réactions
  1. Bonjour, Si je comprend bien, la mutuelle de la fonction publique s’occupe également des milieux ruraux. Le domaine agricole fait partie de leurs couvertures donc.

  2. KAGABA

    La mutuelle au Burundi ne joue pas son rôle social mais plutôt un c’est une institution commerciale. Ailleurs la mutuelle contribue à l’amélioration et à l’offre des soins. Que qui empêche à la mutuelle de rembourser une consultation en privée pour son affilié alors qu’on sait bien qu’il y a une carence de médecins spécialistes dans les hôpitaux publics. Pourtant cette même mutuelle rembourse les prestations des privées pour son personnel. Au Burundi avant de réformer la mutuelle, il s’avère nécessaire de réformer l’hôpital public pour le rendre opérationnel car la mutuelle rembourse uniquement les actes et les fournitures médicales mais l’acte médical notamment la consultation est sous quotté. Comment expliquer une consultation médicale à 500 fr bu au 21ème siècle et comment veux-tu que la carrière médicale change.
    Je pense qu’il y a une entente muette entre les autorités de la mutuelle et celles du ministère de la santé pour garder le statuquo. Au Burundi, il y a une différence énorme entre une consultation privée et publique mais pourquoi ça persiste. Je pense qu’il faudrait adapter une législation en la matière pour permettre aux hôpitaux publics de fonctionner.
    Je comprends que les autorités de la mutuelle préfère le côté commercial que social car à la fin de l’année quand le bilan est positif il y a un treizième mois et un prime de Bilan alors que le patient X souffre.
    J’aimerais poser une question , pourquoi les mutuelles des pays pauvres et corrompus ont des bilans positifs alors que les mutuelles des pays développés et démocratiques sont déficitaires.
    La réponse à cette question éclairera le peuple sur les défis de nos systèmes d’assurances.

  3. "akamaramagambo, mukunda"

    Mbega iyo Mutuelle ko ari iyabakozi ba Leta myumva gute ko yokora igikorwa social? Irakwiye gusubigwamwo yose mu mategeko yayo yose. Mbega ko umukuru w’igihugu yategetse ko : abapfasoni bose bavyara k’ubuntu, hari aho yacaguye ngo ni abakora canke abadakora? Ni babisubiremwo vyose gushasha canke babahagarike kuko ntaco bafasha Leta.

  4. Kabizi

    Ico kintu co kwakira abantu kirangwaza mu nda iyo nibutseko ngiye kubonana n’abo bantu bakora muri MFP.
    Iyo ntuye mu mahanga naje kwiga kandi nzosubira i Burundi vuba,uravye service yose ujamwo barakwakira neza kandi hamwe na wewe ubona umengo wobaha agashimwe ari wewe ubutanga!
    Naragiye kuri CPLR,ndahasanga umuntu tubana hafi muhira mugabo atanzi,ndamuha Mutuelle yanje,asanga ndi Mwalimu,arandaba irarirari nkabonako yankengereye cane atagomba no kumbona.Naramuravye(kandi yize n’ayabayabaye) nca ndigira!Abagore cane cane nibo bakunda kugira iyo nyifato Kubera benshi baba basabiwe akazi n’abantu bakomeye,ugize ngo uramwitwarira uba umwiteranijeko!Abagabo baraba gito mugabo abagore bararengeje!
    Abarundi barakwiye kuba sensibilisés bagakunda akazi.Abantu batwara amashirahamwe ya Leta barakwiye kuza baraca ahantu abakozi babo bakorera,bakahaca bari mu modoka zisanzwe canke bakabaza abanywanyi ba MFP uko bakiriwe n’umukozi wabo bagaca bamenya ingene bakosora.
    Si MFP irwaye gusa,uzoje muri Ministère ya Fonction Publique uraabe ingene wakirwa!
    Birateye n’isoni uravye abantu bama buzuye muri Corridor kandi hariho abajejwe kubarabira ivyo barondera.Jewe haraho nibazako n,ibituririre bitangwa!None Abashikiranganji ni ukugorora amakoti n’imvutano baja muri bureau gusa ntibaraba ko akazi kariko gakorwa neza?
    Ni babe basaba Rapport Journalier y’abo umwe wese yakiriye n’uko vyagenze!
    Ahandi hoho ntaho turiko turaja!
    Genda muri Université y’Uburundi aho bita muri Service aux Étudiants!
    Usanga abantu bagerekeranyeko bakabura n’ico barondera kandi abo ba dames bacu biyicariye bariko batera inkuru,abandi bari ku ma téléphones!
    Harageze igihe nibazako abagore ata kazi bashoboye!Aho muri UB nyene hari n’abatuka abanyeshule comme si boba ari abana baje gufyina!L’exemple ni iy umukobwa yakora muri Bibliothèque muri IPA.Uje umusangaho wamenyako ico warondera utakironka!Sinziko ryari ishavu ry’uko atararonka umugabo!
    Aho mvuze aho nabonye simvuze aho kwa muganga usanga abantu bajuragirika babura aho batumbera!None barabuze umuntu bozeza kurangira abantu aho bivuriza?
    Igihugu cacu kirarwaye!
    Komera!
    Gira amahoro

  5. IZONDAGIRA

    Birababaje kubona mutuelle ariyo yonyene ikora mu Bdi kandi umukozi wese akayijamwo ku nguvu!!! ingene wakirwa uriko uritura abakozi bayo haba hariya central , haba ku bitaro bashira ikidodo kuri bons, birababaje kandi iyaba atari ku gahato ndibaza hariho abifuza kuyivamwo. Ikindi mbega aho atakwandika imiti irenza 50.000fbu ku rupapuro rumwe, ivyo ni ibiki? Muganga yandika imiti aravye ayo igurwa canke uko umurwayi ayikeneye? Mbega cotisation yiwe ntiba yama arajako? ahandi baraba ko uri en ordre avec mutualité yawe hama naho imiti yogurwa umuliyoni ntakibazo kuko bijanye n’ico urwaye . Nico gituma dukeneye des mutualités qui peuvent meme rembourser les medicaments naho intererano yoba nini kuko iyo mutuelle jewe yaranjegeje!!!!

  6. Kirinyota

    mutuelle yigishe abakozi bayo kwakira neza abantu. nigeze kuja kuri roi khaled narumiwe ingene bashibura abarwayi. Umuntu yirwariye, bakamwakira nabi n’ivyahuha bica bihuhuka.

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Déceptions

Par Léandre Sikuyavuga Menaces, calculs ou pur suivisme ? L’Assemblée nationale vient d’adopter presque à l’unanimité le projet du Code électoral. Seuls deux députés ont émis leurs objections. Ce Code qui va régir les prochaines élections avait pourtant suscité moult réactions (…)

Online Users

Total 2 147 users online