#JeSuisIWACU

Allure soignée

JOUR 50

10/12/2019 Alphonse Yikeze Commentaires fermés sur Jour 50. Allure soignée
#JeSuisIWACU

Par Alphonse Yikeze

Tous ceux qui se sont déjà rendus à Bubanza pour les voir ont sans doute déjà remarqué que Christine, Agnès, Egide et Terence sont toujours bien mis quand ils reçoivent leurs visiteurs. Chemise bien repassée pour Egide, un visage éclatant de fraîcheur pour Agnès et même un soupçon de rouge à lèvres chez Christine.

Normal, pourront dire certains. Il n’est pas interdit de prendre soin de soi, même dans les geôles. Ils ont raison.

Garder une apparence impeccable a aussi un tout autre sens pour un détenu: c’est une façon de dire que même derrière les barreaux, le prisonnier ne perd pas l’estime de lui-même.

Pour une femme, renoncer à se faire belle est une reddition.
L’allure soignée révèle la force, l’espoir du prisonnier.

Un prisonnier qui a renoncé à l’espoir n’aura plus tellement envie de prendre soin de lui. Ce n’est pas le cas de nos amis à Bubanza…

Le mardi 22 octobre, vers midi, une équipe du journal Iwacu dépêchée pour couvrir des affrontements dans la région de Bubanza est arrêtée. Christine Kamikazi, Agnès Ndirubusa, Térence Mpozenzi, Egide Harerimana et leur chauffeur Adolphe Masabarakiza voient leur matériel et leurs téléphones portables saisis. Ils passeront une première nuit au cachot, jusqu'au samedi 26 octobre. Jusqu'alors, aucune charge n'était retenue contre eux. Mais le couperet est tombé : "complicité d'atteinte à la sécurité de l'Etat". Depuis l'arrestation de notre équipe, plusieurs organisations internationales ont réclamé leur libération. Ces quatre journalistes et leur chauffeur n'ont rien fait de plus que remplir leur mission d'informer. Des lecteurs et amis d'Iwacu ont lancé une pétition, réclamant également leur libération. Suite à une décision de la Cour d'appel de Bubanza, notre chauffeur Adolphe a retrouvé sa liberté. Ces événements nous rappellent une autre période sombre d'Iwacu, celle de la disparition de Jean Bigirimana, dont vous pouvez suivre ici le déroulement du dossier, qui a, lui aussi, profondément affecté notre rédaction.

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

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