Lundi 19 janvier 2026

Politique

Interview avec Télésphore Ndayiragije : « Dans un premier temps, nous allons réhabiliter le réseau routier qui est impraticable »

19/01/2026 0
Interview avec Télésphore Ndayiragije : « Dans un premier temps, nous allons réhabiliter le réseau routier qui est impraticable »

Partis politiques visibles sur le terrain, situation sécuritaire, projets prioritaires de développement à réaliser, état des infrastructures scolaires et sanitaires, protection de l’environnement, … Télésphore Ndayiragije, secrétaire de la commune Isare, fait le point.

Quels sont les partis politiques les plus visibles sur le terrain dans la commune Isare ?

En tenant compte des élections législatives et communales de juin 2025, il a été constaté que le CNDD-FDD occupe presque seul le terrain. Le parti au pouvoir a raflé presque tous les sièges dans le Conseil communal.

Nous avons aussi vu le parti Uprona battre campagne avec un nombre réduit de militants. Le parti CNL qui, auparavant, était la 2e force politique dans cette commune, a été éclipsée. On ne le voie plus sur le terrain.

Qu’en est-il de la situation sécuritaire ?

Elle est globalement bonne. Cependant, nous observons des cas de conflits familiaux et de litiges fonciers. Il y a aussi des cas de vol dans les ménages et dans les champs. Au niveau des familles, on observe des conflits qui découlent des unions libres.

De quoi vivent les habitants de la commune Isare ?

Ils vivent essentiellement de l’agriculture avec des cultures variées. La commune est parmi les premières communes qui fournissent les vivres dans la ville de Bujumbura. Ensuite, il y a l’élevage et le commerce. D’autres exercent le métier de maçons. Certains exercent ce métier au-delà même des frontières burundaises surtout en RDC. Cependant, avec la guerre qui a éclaté à l’Est de la RDC, ces maçons sont dans le chômage. La pauvreté s’est déjà installée dans leurs familles.

Avec le nouveau découpage administratif, certains citoyens éprouvent des difficultés pour accéder aux différents services offerts par la commune. Faites-vous le même constat ?

En tenant compte de la configuration géographique de la commune et du nouveau découpage administratif, certains habitants des localités lointaines éprouvent des difficultés pour arriver au chef-lieu de la commune. Ici, je citerai des habitants des zones Matyazo, Mubimbi et Kirama. La distance à parcourir est très longue et surtout, les moyens de transport font souvent défaut.

Qu’est-ce qui est envisagé pour diminuer le trajet effectué par ces habitants ?

Dans le but d’alléger le fardeau à ses administrés, l’administrateur communal a créé un bureau de liaison dans la zone Mubimbi. Ceux qui sont proches du chef-lieu de la commune sont reçus ici à la commune. Il s’agit des habitants des zones Rushubi, Kibuye, Mageyo et Ryarusera. Ils sont reçus les lundi, mardi et mercredi. Les habitants des communes Mubimbi, Matyazo et Kirama sont reçus les jeudi et vendredi au bureau de l’ancienne commune Mubimbi. Mais, tout cela dépend bien sûr de la disponibilité de l’administrateur communal.

Quels sont les projets prioritaires de développement à réaliser au cours de cette année 2026 ?

Dans un premier temps, nous allons réhabiliter le réseau routier qui est tellement défectueux et impraticable. Le transport des biens et des personnes est un casse-tête. Les échanges commerciaux avec d’autres communes en souffrent énormément. C’est une urgence. C’est pourquoi l’autorité communale a réuni les partenaires au développement et financiers pour leur présenter les projets qui s’avèrent urgents.

Dans un proche avenir, les travaux de réhabilitation de certaines routes vont commencer. L’administrateur s’est convenu avec la direction de l’Agence routière du Burundi de disponibiliser les tracteurs et la commune va chercher du carburant.

Qu’en est-il des autres projets ?

Dans le but d’augmenter les recettes communales, nous comptons aussi réhabiliter les marchés déjà existants et en construire d’autres. Nous commencerons par le marché de Ryarusera et nous avons autorisé d’y vendre les vaches. Ce qui va renflouer les caisses de la commune.

Un nouveau marché sera construit à Kinyovu à la frontière avec la commune Ntahangwa. Nous allons aussi parachever la construction du marché de Kinama.

D’autres projets concernent le domaine éducatif où certaines écoles sont dans un état piteux et d’autres dont la capacité d’accueil a été déjà dépassée. Nous envisageons la réhabilitation et la construction de ces écoles pour diminuer les effectifs pléthoriques dans les salles de classe. Les localités les plus nécessiteuses sont dans les zones Mubimbi, Kirama et Kibuye.

Qu’en est-il du personnel enseignant ?

Avec la nouvelle réorganisation de l’administration territoriale, beaucoup d’enseignants ont été nommés à la tête de différents départements et services dans les communes et zones. Ces nominations ont laissé un vide dans certaines écoles. Nous avons recouru aux bénévoles et vacataires en attendant de nouveaux recrutements.

Il a fallu réunir les parents pour qu’ils contribuent au paiement de ces vacataires et bénévoles. Ils paient autour de 2 000 BIF par trimestre.

Que dites-vous de la somme de 100 millions de BIF destinée à équiper les écoles en bancs-pupitres ? Où en êtes-vous avec leur fabrication ?

Nous pensons qu’il y aura un léger mieux dans les écoles afin d’atteindre l’objectif de « Zéro enfant mal assis » dans les classes. Concernant la fabrication de ces bancs-pupitres, la commune a à peu près 6 ha d’arbres qui seront coupés.

Comment se présentent les infrastructures médicales ?

Nous avons un hôpital à Rushubi et un autre construit dans le cadre des hôpitaux communaux à Mubimbi. Il y a un autre hôpital communal en cours de construction à Kibuye. Chaque zone a au moins un centre de santé.

Quid de l’équipement de ces infrastructures et du personnel soignant ?

Les infrastructures ne sont pas suffisamment équipées. Les médicaments manquent souvent. Il est vrai que les patients sont reçus mais, des fois, ils sont obligés d’aller acheter les médicaments dans les pharmacies. Ce qui est un casse-tête pour les patients qui proviennent, pour la plupart, des familles démunies.

Le personnel soignant reste insuffisant. Nous enregistrons du jour au lendemain des départs. Mais, le comble de malheur est que le personnel soignant qui part n’est pas remplacé. Ce qui est un problème pour certains centres de santé qui se voient inondés de patients alors qu’il n’y a pas d’infirmiers suffisants pour les traiter.

Par ailleurs, comme je l’ai déjà dit tantôt, l’impraticabilité des routes nous cause des difficultés dans le transport des malades vers les structures de soins.

Nous avons une seule ambulance dans cette commune. Il arrive souvent que deux centres de santé appellent au même moment l’ambulance pour le transport urgent des malades agonisants.

Tous ces projets nécessitent des fonds. A combien s’élèvent les recettes communales par mois ?

Je n’ai pas de chiffres sur moi. Mais, compte tenu des exigences, aucune commune ne doit aller en dessous de 60 millions BIF par mois. Mais, j’atteste que la commune Isare dépasse largement ce montant.

La commune Isare présente un relief très accidenté. Quelles sont les mesures déjà prises pour protéger l’environnement ?

Bureau de la commune Isare

La population est incitée à tracer des courbes de niveau et à planter des arbres. Dans la zone Rushishi, les courbes de niveau ont été tracés presque sur toutes les collines sauf les collines Cisha et Nyarumpongo.

Nous avons aménagé des pépinières de plants d’arbres pour que le reste des zones soit couvert de plantations d’arbres. Nous sommes prêts aussi à remplacer les arbres qui seront coupés dans le cadre de la fabrication des bancs-pupitres pour les écoles.

Certains citoyens dénoncent l’extraction des matériaux de construction et des carrières sur les montagnes et dans les rivières comme étant une menace à l’environnement. Qu’en dites-vous ?

Concernant l’extraction des matériaux de construction, je dois informer que la commune se limite à délivrer une attestation de vacance de terrain aux coopératives qui travaillent dans ce domaine.

Après, ces coopératives s’adressent au ministère en charge de l’Environnement qui vérifie si leurs statuts respectent les normes environnementales. L’Office burundais de l’environnement (OBM) doit faire le suivi et ordonner à ces coopératives de faire en sorte qu’il n’y ait pas de conséquences néfastes sur l’environnement après l’extraction de ces matériaux et carrières comme l’éboulement des terrains. La commune veille aussi à ce que ces coopératives respectent ce qu’elles ont déclaré à l’OBM.

Avez-vous déjà découvert des sites de minerais dans cette commune ?

Il y a des localités qui regorgent de minerais. Au moment où je vous parle, l’administrateur communal est dans la localité de Gisagara où on a découvert des minerais. Les travaux de prospection ont déjà commencé. On n’en a découvert aussi sur la colline Rutegama.

Où en êtes-vous avec l’extraction et qu’est-ce que la commune va en tirer en termes de recettes ?

Ces minerais ont été découverts très récemment. On n’a pas encore commencé à les extraire. Nous pensons que la commune va en tirer profit.


Quid de la situation géographique de la commune Isare ?

La commune Isare est l’une des onze communes qui composent la province de Bujumbura. Elle se trouve dans deux régions naturelles dont une partie dans la région de Mirwa et l’autre partie dans la région de Mugamba. La partie de Mirwa est composée des zones Rushubi, Matyazo, Kibuye, Mageyo et Mubimbi. La partie de Mugamba est composée des zones Kirama et Ryarusera. Elle est faite de 42 collines et de 136 sous-collines. A l’est se trouve la commune Muramvya et à l’ouest on y trouve la commune Ntahangwa. Au nord, il y a une partie de la commune Mpanda et une partie de la commune Matongo. Au sud se trouve la commune Rwibaga. En se basant sur les résultats du dernier recensement, tout en y ajoutant les naissances et en y retranchant les décès déjà enregistrés après le recensement jusqu’au mois de décembre 2025, la commune compte 71 419 hommes et 79 948 femmes, soit un total de 151 353 habitants sur une superficie de 166, 5 km2, soit 909,02 habitants par km2.

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