Politique

Horreur en commune Itaba, la Sojpae crie au scandale

27/11/2017 Chanelle Irabaruta 0

Après l’amputation de deux enfants pour vol dans les champs et le procès de leurs bourreaux, la Sojpae (solidarité de la jeunesse chrétienne pour la paix et l’enfance) appelle le législateur à plus de rigueur dans la protection de l’enfant.

David Ninganza, président du Sojepae

Selon David Ninganza, président de cette organisation, c’est inhumain que des enfants soient démembrés en pleine journée. Il explique que la loi régissant la protection des enfants, exige à toute personne de lutter contre toute forme de violences faites aux enfants.

Il considère cet acte, comme un message vibrant à l’égard du législateur : « la loi doit préciser comment réprimer les crimes de ce genre».

Ce défenseur des droits des enfants rappelle qu’il n’appartient pas à la population de se faire justice. Pour des délits commis par des mineurs, il préconise qu’ils soient jugés par la communauté et non au parquet.
M. Ninganza appelle à la sensibilisation pour qu’il n’y ait plus une justice populaire au Burundi.

Signalons que le jugement a été rendu ce samedi 25 novembre au tribunal de grande instance de Gitega. Chadrack Ndayikengurukiye a été condamné à 20 ans de prison ferme et à un dédommagement de 4 millions de Fbu. Son frère, Didier Bayubahe, à 4 ans de prison ferme.

Retour sur les faits, le calvaire

Selon des témoignages recueillis, les deux victimes ont été amputées des poignets gauches, dans la nuit de mercredi 22 novembre, sur la colline de Kiremba, commune Itaba en province Gitega. Leurs bourreaux les accusaient d’avoir volé du maïs dans les champs.

Ils les ont attrapés, témoigne R.N, un des deux enfants, leur reprochant de vol dans les champs. Cet élève en 2ème année primaire parle d’un crime prémédité : «Les agresseurs nous ont demandé de mettre les mains par terre avant de les amputer».

N.A, une autre victime, regrette que personne ne leur ait volé au secours. «Les tortionnaires avaient des machettes et des couteaux. Nous avons crié mais aucun n’est venu à notre secours.» Et de glisser : «J’ai essayé de m’enfuir mais j’ai été tout de suite rattrapé pour enfin subir le même sort que son ami».

La mère de l’un des victimes indique avoir été au courant du drame le lendemain. Elle précise que son fils était allé passer la nuit chez son ami.

Pour Chadrack Ndayikengurukiye, un des bourreaux, élève en 2ème année post-fondamentale, il pensait avoir à faire à des voleurs. «C’était presque dans le noir.» Ils faisaient une ronde nocturne. Du coup, ils ont entendu des gens courir.

«L’autre garçon a voulu s’enfuir mais on l’a rattrapé.» Ils prévoyaient de l’emmener au commissariat. Pourtant, soutient-il, l’enfant a refusé : «Il a insisté qu’on l’ampute comme on l’avait fait pour son ami», relate Didier Bayubahe, élève en 6ème primaire, lui aussi bourreau.

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