La mise en place des guichets uniques provinciaux en 2017 avait été saluée comme une avancée pour rapprocher les services administratifs des citoyens. Toutefois, quelques documents, notamment le permis de conduire et le passeport, posent problème. De longues files d’attente des demandeurs venus des différentes provinces se manifestent toujours à Bujumbura.
En 2017, le gouvernement a mis en place les Guichets uniques pprovinciaux (GUP) dans cinq provinces pilotes, à savoir Gitega, Ngozi, Muyinga, Mwaro et Bururi régis par le décret N°100/0170 du 21 septembre 2017. Par apprès ces services ont été étendus dans les provinces de Makamba, Rutana, Kayanza, Cibitoke et Bubanza. Le guichet unique provincial vise à décentraliser les services administratifs, notamment la délivrance de documents (passeports, laissez-passer, permis de conduire, casiers judiciaires) ainsi que réduire chez les citoyens les délais, les coûts des démarches et les déplacements vers Bujumbura chez les citoyens.
L’objectif du guichet unique est également celui de renforcer la transparence dans la gestion administrative.
A un certain moment, les choses ont bien marché. Jean de Dieu Ndayizeye, un habitant de la commune Bururi est ravi par exemple d’avoir eu son passeport sans beaucoup de difficultés en 2023 au guichet unique de Bururi. Il souligne néanmoins que depuis, la situation est devenue compliquée.
Des habitants de Ngozi saluent également l’implantation du guichet unique dans leur localité car, d’après eux, le voyage vers Bujumbura pour se procurer des documents administratifs a été raccourci. Jean Marie Ndizeye, conducteur de moto de la commune Busiga a ainsi eu son permis de conduire en 2023.
Annonciate Tuyisabe, une habitante de la ville de Ngozi se dit aussi contente d’avoir eu son extrait du casier judiciaire sans devoir se rendre à Bujumbura.
Les choses ont malheureusement changé
D’après des témoignages de la part des citoyens et des demandeurs de documents, pour le cas des passeports et des permis de conduire, ils sont toujours dans l’obligation de se rendre aux sièges à Bujumbura pour tenter d’avancer le dossier. Il y a des retards et des attentes qui ne sont pas honorées.
Au siège du Commissariat ggénéral des migrations par exemple, l’affluence des demandeurs de passeports ne faiblit pas. Chaque jour, des dizaines de citoyens venus des différentes provinces du pays s’y rendent pour déposer ou suivre leurs dossiers. Une situation qui suscite de nombreuses lamentations chez les concernés. Des citoyens y arrivent très tôt le matin dans l’espoir d’être servis pendant la journée. Mais, il arrive que certains repartent sans avoir obtenu satisfaction.
Des déplacements coûteux
« On vient ici plusieurs fois avant de trouver une solution. Cela m’a fatigué et découragé. J’attends mon passeport depuis maintenant cinq mois », confie une femme trouvée devant les bureaux du service des passeports.
Parmi les personnes rencontrées sur la file d’attente, plusieurs affirment avoir parcouru de longues distances pour arriver dans la capitale économique. Originaires des provinces éloignées, certains ont passé la nuit en route ou dépensé des sommes importantes pour le transport.
« Nous pensions que les guichets provinciaux allaient nous permettre d’effectuer les démarches près de chez nous. Mais, aujourd’hui, on doit venir à Bujumbura pour faire avancer nos dossiers. Il est important d’être à Bujumbura car tout est signé ici », déplore un demandeur de passeport venu de la commune Kayanza qui a dû payer des frais supplémentaires chez un intermédiaire pour faire avancer le dossier.
Pour ces citoyens, le déplacement vers la capitale économique représente un fardeau financier supplémentaire dans un contexte où le coût de la vie reste élevé. Ils considèrent que les dossiers sont toujours traités exclusivement au niveau central. « On devrait commencer la procédure au niveau de la province mais, le dossier doit être suivi ici à Bujumbura. Au lieu d’attendre des mois et des mois pour rien, vaut mieux dépenser plus », explique un autre demandeur venu de la province de Gitega.
Il en est de même au siège de la Police spéciale de roulage. Les files d’attente des demandeurs de permis de conduire y sont visibles presque chaque jour. Dans la cour et le long des couloirs du service chargé de délivrer ce document, plusieurs citoyens patientent pendant des heures pour déposer leurs dossiers ou suivre l’évolution de leurs demandes.
De nombreux usagers dénoncent des lenteurs dans les procédures et se lamentent sur les difficultés rencontrées pour obtenir ce document indispensable à la conduite des véhicules.
Certains demandeurs affirment qu’ils doivent revenir plusieurs fois avant de finaliser leurs dossiers. Dès l’aube, des citoyens se rassemblent devant les bureaux dans l’espoir d’être servis dans la journée.
« Nous arrivons très tôt le matin pour espérer passer rapidement. Mais, il arrive qu’on rentre sans avoir été reçus. Se présenter dans un guichet unique serait une perte de temps quand on sait que le dossier doit être finalisé à Bujumbura », explique un jeune homme venu de Mwaro déposer une demande de permis de conduire.
Renforcer les guichets provinciaux
Jérémie Nshimirimana, directeur du guichet unique de Ngozi indique que les demandeurs des divers documents sont reçus chaque jour. Il indique qu’on peut accueillir jusqu’à dix personnes par heure. Il fait savoir que l’organisation reste inchangée malgré le nouveau découpage administratif.
Il soulève néanmoins quelques difficultés persistantes qui entravent la bonne marche des GUP. « Il s’agit notamment du manque de moyens de transport pour expédier rapidement à Bujumbura le courrier des demandes de documents administratifs. Le développement de tels moyens permettrait en retour aux GUP de récupérer rapidement les documents confectionnés. »
Face à ces difficultés, les demandeurs souhaitent que les autorités renforcent les capacités des guichets provinciaux afin que toutes les démarches puissent s’y faire sans devoir se déplacer vers Bujumbura.
Pour eux, la décentralisation effective des services permettrait non seulement de réduire les dépenses liées au transport, mais aussi de désengorger le commissariat central et la police spéciale de roulage.
Un délai de trois semaines

Maurice_Mbonimpa, commissaire général chargé des migrations a animé une conférence de presse le vendredi 6 mars 2026. Il a signalé que la demande des passeports de voyage a augmenté de façon exponentielle par rapport aux années antérieures. Actuellement, ils accueillent entre 1 000 et 1 200 personnes par jour qui demandent ces documents.
Sur les retards dans la livraison des documents, il tranquillisé la population que désormais, une personne qui fait la commande d’un document de voyage va l’obtenir dans un délai de trois semaines.







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