Mardi 27 septembre 2022

Editorial

Entre espoir et résilience

19/08/2022 6

En attendant la manne pétrolière promise aux Burundais par le Sieur Methussela Nikobamye, alias Pasteur Habimana, un ancien rebelle reconverti en importateur de produits pétroliers avec sa compagnie « Gasen Petroleum Group Africa Limited Burundi SA », – comme lui, prononcez « ça » pour « Société Anonyme » -, il y a encore des zones d’ombre pour l’approvisionnement du pays en carburant.

Pourtant, cet homme politique, aujourd’hui devenu homme d’affaires, jure pouvoir acheminer au Burundi au moins 100 camions-citernes de carburant par jour en provenance de Dar es-Salaam. Ce n’est pas tout : sans recourir aux devises de la Banque centrale. Trop beau…

J’ai entendu un des représentants des associations de la société civile chantre de la bonne gouvernance et de lutte contre la corruption citer un ancien chef d’Etat qui disait qu’il faut accompagner « le menteur jusqu’à la porte », pardon à la station-service.

Ceux qui ont osé douter de la parole donnée et de la bonne foi de Methussela, très irritable, pour ne pas dire inflammable, ont eu leur lot de recadrage au vitriol.
Pour ne pas me faire crucifier, je préfère donc me réserver et attendre la livraison de l’or noir de notre désormais Methussela, le représentant des « nouvelles forces économiques », un « messie ».

En attendant, disais-je, suite au manque de carburant, le Premier ministre en appelle à la résilience, à prendre le mal en patience, que le Burundi est impuissant face une question d’envergure internationale. « Le Burundi subit des conséquences de la pénurie de carburants au niveau mondial alors qu’il n’y est pour rien. Il n’y en a peu. Il ne faut pas que les Burundais restent les bras croisés et se complaisent à se rejeter les torts. Si la pénurie venait à perdurer ou qu’il n’y ait même plus de voies d’approvisionnement, allons-nous rester assis ? Il nous faut d’autres stratégies pour nous adapter. Et personne ne sait quand la situation va se renormaliser, encore moins à quand la fin des causes à la base de cette pénurie ».

Ce message tranche avec les espoirs suscités par la promesse du chef de l’Etat qui nous assurait qu’en un mois la situation pourrait se renormaliser.
Methussela avec ses promesses des 12 millions de litres de carburant, l’annonce des 20 millions de dollars raclés des fonds de tiroirs du gouvernement pour se procurer justement du carburant…

Difficile de s’y retrouver.
J’y perds mon carburant, pardon, mon latin…

Forum des lecteurs d'Iwacu

6 réactions
  1. balame

    Le caarburant est aaux mains de 2 ministeres: Commerce et Energie.
    Les seuls ministres devaient parler dans des situations aussi graves.
    Nous sommes réduits aux informations véhiculées par les réseaux sociaux.
    Si ce n était pas Pasteur Habimana, une autre p0ersonne aurait té convoquée au SNR

  2. Masunzu

    Le messie Metoussela donne un litre de carburant à chaque burundais ! Faites-en ce que vous voulez ! Le miens je vous l’offre!

  3. Yan

    N’ukubwira Habimana Pasteur ashikane ivyo bitoro i Bujumbura, hanyuma inoti z’amarundi ace azishikira. Atari uko azoba ari umwangushi mubeshi!

  4. Stan Siyomana

    Après que le ministre des finances du Burundi se soit réjoui d’une croissance annuelle (de l’économie burundaise) de 3,1% en 2021, je suis surpris par la résilience de la République Islamique d’Iran (SOUS SANCTIONS ECONOMIQUES DEPUIS PLUSIEURS ANNEES).
    « Key information about Iran Real GDP Growth

    The Gross Domestic Product (GDP) in Iran expanded 7.2 % YoY in Dec 2021, following a growth of 1.2 % in the previous quarter.
    Real GDP Growth YoY data in Iran is updated quarterly, available from Jun 1989 to Dec 2021, with an average rate of 3.9 %… »
    https://www.ceicdata.com/en/indicator/iran/real-gdp-growth

    • Stan Siyomana

      Ce vendredi 19 août 2022, la nouvelle de la levée imminente des sanctions économiques imposées à l’Iran (par les Etats-Unis d’Amérique) a fait chuter le prix du baril (=158,99 litres) de pétrole brut Brent (= standard international).
      Ce prix était à 96,06 dollars à la fin de la journée et IL POURRAIT DESCENDRE JUSQU’A UN PEU AU DESSUS DE 80 DOLLARS puisque l’Iran pourrait mettre 1,3 millions de barils par jour sur le marché international.

      « Le 8 mai 2018, le président américain Donald Trump annonce le retrait des États-Unis de l’accord de Vienne ainsi que le « niveau le plus élevé de sanctions économiques possibles » contre l’Iran… »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_de_Vienne_sur_le_nucl%C3%A9aire_iranien
      « Brent, the London-traded global benchmark for crude, did a final trade of $96.09 on Friday after settling the official session at $96.72, up 13 cents, or 0.1%, on the day.
      Brent’s session high was $97.84, which if held, would have given the global crude benchmark a gain of 1.3% on the day.
      For the week, Brent was down 1.5%…
      Here’s what at least one headline on Iran, that surfaced on Al Jazeera, said late Friday: “Iran nuclear deal ‘imminent’ with crippling sanctions removed”…
      If Iranian oil returns promptly to the market – analysts at ING say there’s a potential for Iran to bring some 1.3 million barrels per day to the market over time – it could put commensurate weight on crude prices over the coming months, said Ed Moya, analyst at online trading platform OANDA.
      “We’ve been here before and have seen talks fall apart,” said Moya. “What is a little different this time is that it seems the Iranians are willing to discuss the terms. If the Iran nuclear deal is revived, that could send oil prices down to the low $80s.”…
      https://www.investing.com/news/commodities-news/energy–precious-metals–weekly-review-and-outlook-2876934

  5. Ririkumutima

    Merci encore a Abbas et au Journal Iwacu,

    Posons les questions autrement:
    1) Il n y a pas de pénurie aussi abominable au Rwanda, Tanzanie et en Ouganda. D ailleurs notre messie Habimana Pasteur (si bien nommé) nous a dit qu’il ira puiser des millions de litres en Tanzanie qui n est pas un pays producteur. Comment font ils ces pays?
    2) N est il pas scandaleux d’entendre dans des situations aussi gravissimes, la voix de Mettusallaah seulement alors qu il y a des ministres des finances , du Commerce et des transports qui se caractérisent par un silence assourdissant?
    3) Le monopole de l importation des carburants était la chasse gardée de Interpetrol quasiment depuis 2005, ce qui est vous en conviedrez un risque monumental pour un pays . Ubu none babihaye l’ancien porte parole du FNL devenu un prospère homme d affaires.

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