Des cultivateurs se lamentent que les fertilisants pour la saison culturale B ne leur parviennent pas alors qu’ils ont payé les frais exigés. Les uns reçoivent une partie, d’autres ne gardent que des reçus de payement en main. D’autres encore n’ont même pas de reçus bien qu’ils aient déjà payé.
Les jours de la saison culturale avancent à leur rythme normal. Les cultivateurs ont labouré leurs champs, mais bon nombre d’entre eux, à travers le pays, disent attendre encore l’engrais qu’ils ont déjà payé.
Les cultivateurs de Kigwena en commune Rumonge de la province de Burunga sont dans la désolation. Ils indiquent avoir payé la totalité des engrais mais qu’ils attendent la livraison depuis un bon bout de temps. « Le retard ne s’explique pas car, nous avons tout payé ». Certains se retrouvent obligés de semer sans fertilisants et partant sans espoir de rendement.
Des riziculteurs de Gatakwa s’indignent qu’ils travaillent à perte au regard des fonds investis. « J’avais loué un terrain d’un hectare à dix millions de francs. J’ai toujours manqué de fertilisants. Pour douze sacs commandés et payés, je n’ai eu qu’un seul. Vous comprenez que je n’ai rien à attendre comme production », regrette l’un d’eux.
Dans la commune Cankuzo en province de Buhumuza, les agriculteurs dénoncent une mauvaise distribution de l’engrais Fomi pendant cette saison culturale B. Ils affirment qu’ils ne reçoivent qu’une partie des quantités déjà inscrites sur les fiches de paie. D’autres indiquent qu’ils n’ont même pas eu de reçus leur permettant de retirer les fertilisants pourtant payés en totalité.
Le chef du département chargé de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage, fait savoir que la distribution de l’engrais Imbura est actuellement à 60% par rapport à la quantité demandée et celle déjà distribuée. Il affirme également que le problème lié au manque de reçus pour ceux qui ont payé à la banque BCAB est connu, tout en reconnaissant que la distribution a pris du retard.
Dans la province de Gitega, les cultivateurs se lamentent également de la non disponibilité des fertilisants organo-minéraux de Fomi. « Nous avons payé toute la somme due, mais nous sommes toujours en attente d’être servis ». Ces citoyens s’indignent à cause du temps de semis qui avance sans qu’ils aient les moindres quantités d’engrais. Ils placent leur espoir dans la distribution d’arriérés en cours.
Décentraliser et libéraliser le secteur
Tous les cultivateurs demandent la décentralisation du secteur fertilisants à l’instar du sucre en vue d’alléger la souffrance. « Nous contractons des crédits pour cultiver. Il est inadmissible de ne pas avoir de production pour manque d’engrais pourtant payé en totalité ». Ils souhaitent en attendant que l’entreprise Fomi opère les livraisons d’engrais à temps.
De son côté, le Forum des Organisations des producteurs agricoles du Burundi (Fopabu) estime qu’il n’y a pas assez de fertilisants pouvant satisfaire la demande au cours de la saison culturale en cours. Jean Marie Niyongabo, président et représentant légal du Forum, s’indigne que les cultivateurs ne parviennent pas à recevoir la totalité de leurs commandes. « La plupart passent beaucoup de temps sur des files d’attente pour ne recevoir qu’une fine partie des quantités commandées et payées à l’avance. D’autres rentrent bredouille », s’exclame M. Niyongabo. Il trouve que la meilleure solution serait de libéraliser le secteur des fertilisants au Burundi.
En 2005, le Burundi importait plus ou moins 5 750 tonnes de fertilisants. En décembre 2025, les données fournies par la Banque centrale montrent que le pays a fait entrer 225 600 tonnes, soit trente-neuf fois de la quantité d’il y a dix ans.
L’engrais Fomi est composé de 50% d’engrais minéral et 50% d’engrais organique. Cette entreprise fabrique annuellement 225 654 tonnes, soit un peu plus de 450 000 tonnes tous les deux ans.
L’entreprise Fomi dit avoir vendu plus ou moins 200 000 tonnes en l’espace de deux ans, soit plus ou moins 100 000 tonnes en 2025. Le kilo d’engrais importé coûte 1 749 BIF. Le gouvernement subventionne l’engrais à hauteur de 74%.








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