Samedi 27 février 2021

Editorial

Encore un coup contre le Burundi !

20/10/2017 Léandre Sikuyavuga 8

Le Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme vient de retirer du ministère de la Santé la gestion des subventions pour 2018-2020. C’est le PNUD qui va gérer les 72,3 millions de dollars américains alloués à cette période.

Il est choisi pour son expérience dans la gestion des subventions, sa connaissance des procédures et sa forte capacité opérationnelle.

Le Fonds mondial est parti d’un constat pour prendre cette mesure: «A la fin 2017, le financement non utilisé est estimé à plus de 30 millions de dollars US.» Dans une lettre qu’il vient d’adresser à la ministre de la Santé, le Fonds mondial brosse, dans des termes clairs, les principaux facteurs à l’origine de la sous-utilisation des ressources disponibles. Entre autres : «Les limites des résultats, la gestion financière, l’espace décisionnel des responsables de la mise en oeuvre qui restreint la réactivité opérationnelle nécessaire à l’accélération des programmes.»

Pour le Fonds mondial, la notation du premier semestre 2017 n’évolue pas significativement et reste en deçà des attentes.

De plus, les défaillances constatées dans le domaine de la gestion financière et de passation de marchés restent très préoccupantes.

Pourtant, les mêmes manquements avaient été dénoncés par l’ONG locale Capes+ et Pisc-Burundi au mois de février.

«Recrutements en violations des règles, licenciements abusifs, immixtion dans la gestion au quotidien, réquisition de véhicules».

La gestion de telles subventions a des règles de procédures. Elle met de côté les sentiments, les émotions, certains égoïsmes, le favoritisme. Perdre la gestion d’une telle somme pour causes d’allégations d’incompétence ou d’opacité n’est pas une bonne publicité pour notre chère patrie qui tient jalousement à sa souveraineté.

Par ailleurs, même si les malades vont continuer à bénéficier de ces fonds, plusieurs employés de ce secteur vont se retrouver dans la rue, sans boulot. Des chômeurs de trop… Le pays en avait donc besoin, surtout que le gel de l’aide directe de l’Union Européenne au gouvernement n’arrange pas l’affaire.

Les temps sont durs. Il faut ajuster, restructurer, discipliner le secteur. En effet, si un effort palpable n’est pas perçu, la mesure du Fonds mondial peut aller même au-delà de 2020.

«Un processus de rapportage et de vérification rigoureux détermine les décisions de financements tant dans le cadre des subventionsnactuelles que dans les décisionsbd’attributions de fonds futures.» A bon entendeur, salut !

Forum des lecteurs d'Iwacu

8 réactions
  1. Jesus

    Nous sommes independants. A la porte l’OMS nous n’avons pas besoin de ton fric. Imiti y’ikirundi iriho, abapfumu bariho bikenewe kubandwa, igihugu kirimwo ibishegu bitari bike…

  2. Karanga ilia

    Le titre de l’article me met mal à l’aise , Il suggere un coup monté contre le Burundi comme s’il était innocent !!! La ministre de la santé dans tout cela la coupable , l’etat du Burundi a tout faux dans cette histoire . Cher Léandre la vérité sauve et guerrit , brisons ce plafond de verre enfin

  3. Jean Habonimana

    Lorsque l’on voit les agissements du régime chrétien d’origine divine, viennent automatiquement à l’esprit la citation extraordinaire de nos poètes et philosophes de l’orchestre « Lion’s Story » : Intwaro si akazi, ni ibanga (le pouvoir ce n’est pas un boulot, mais une responsabilité, une mission). Ces paroles dignes d’anthologie feront date comme celles du pape François le jour de son sacre : Le plus grand pouvoir c’est le service aux autres. Les DD et leurs acolytes de l’UPRONA croient que le pouvoir c’est l’oppression, l’accaparement des richesses et les ridicules honneurs comme le tapis rouge et la garde d’honneur. Au journaliste qui demandait au dirigeant UPRONA son plus grand bonheur, le monsieur répondit :” Mon plus grand bonheur fut lorsque je fus nommé vice-président”. Il n’a pas vu la lourdeur de la tâche ni la ruine économique dont il héritait, pour lui tout ce qui compte c’est le tapis rouge, la fanfare militaire et le compte en banque qui gonfle. Des milliers de jeunes peuvent être massacrés, mutilés, torturés, violés, embastillés et exilés, ce n’est pas son propre, la seule chose qui compte c’est le tapis rouge et la garde d’honneur. Comment oublier le vice-président qui a laissé torturer Kadege, parent proche, et Déo Niyonzima ? Pour lui seul le tapis rouge primait et le compte en banque. Les sbires du régime DD se moquent de nos paroles de chiens qui aboient mais la caravane de l’oppression passe, et pourtant un exilé érythréen m’a fait une révélation édifiante : « Vous au Burundi vous avez de la chance, vous pouvez crier et faire connaître au monde les crimes du régime. Nous en Erythrée, c’est le silence total. Aucun doigt ne se lève ». Comme quoi nos paroles sont inutiles face au triomphe de la machine DD (grâce la trahison vénale de l’UPRONA) mais elles valent la peine quand même pour ne pas mourir comme des moutons sans crier.

  4. roger crettol

    Oh là là ! S’attaquer à une femme – même sous le prétexte de mauvaise gestion … c’est tellement au-dessous de tout !

    Heureusement pour la ministre, le samedi, la population va se retrouver en masse dans les rues et clamer son indignation, ce qui mettra du baume et à son coeur et à son ego. Un problème de résolu, un.

    JerryCan, fidèle et décapant.

  5. Rurihose

    Gace n’a pas encore reçu son chèque, autrement il trouverait des sentences rédigées dans un excellent français pour dire que c’est la faute au Rwanda, Belgique et L’UE

    • Gacece

      @Rurihose
      Et si je disais que c’est la faute à la faute? Vous trouvez cela assez excellent à votre goût? Et pour votre culture, le mot « sentences » utilisé dans ce contexte n’a pas la même signification que le mot « phrase ». C’est seulement en anglais qu’il a la même signification. Soyez clair : je ne suis pas juge!

  6. MIZA

    Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? Si oui qu’il reprenne vite les commandes car nous allons atterrir dans un lac pollué.

    • Ali abdul

      Yewe burundi

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