Jeudi 18 juillet 2024

Société

CIRGL : Appel aux actions concrètes pour les réfugiés dans la région des Grands Lacs

01/02/2023 Commentaires fermés sur CIRGL : Appel aux actions concrètes pour les réfugiés dans la région des Grands Lacs
CIRGL : Appel aux actions concrètes pour les réfugiés dans la région des Grands Lacs
Des participants dans l’atelier ont recommandé l’auto-emploi et l’autosuffisance des réfugiés dans la sous-région

Les représentants des pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ont discuté, ce 31 janvier, des solutions durables pour la gestion des réfugiés dans la sous-région. Certains déplorent la réticence au rapatriement volontaire alors que d’autres proposent l’inclusion et l’autonomisation financière des réfugiés.

« La sous-région des Grands Lacs connaît une résurgence de la violence et des déplacements forcés, notamment à partir l’est de la RDC. Malgré les efforts considérables consentis, ils ne suffiront pas à endiguer la tendance grandissante du déplacement forcé dans la région », a indiqué Marie-Louise Kabre Barreto, représentant adjoint du Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR) au Burundi, lors d’un atelier d’apprentissage par les pairs sur les solutions durables globales pour les réfugiés dans la région des Grands Lacs.

Elle regrette que sur près des 4,68 millions de réfugiés vivant dans la région des Grands Lacs présentement, plus de la moitié vivent dans des situations d’asile prolongé dépassant une période de 5 ans ou plus : « Plus de 20 % des réfugiés sont nés en exil ».

Pour elle, il faudra mieux agir, plus vite et autrement pour relever les défis actuels du déplacement. Elle propose un nouveau modèle de réponse aux crises de réfugiés qui favorise la mobilité, l’accès à l’emploi et à l’auto-emploi : « En somme, il faut rendre les réfugiés plus productifs afin que leurs potentiels pour atteindre l’autosuffisance soient pleinement réalisés ».

Elle recommande l’élaboration des stratégies pour alléger la pression sur les pays d’accueil, renforcer l’autonomie et l’inclusion socio-économique des réfugiés tout en soutenant la réinstallation et les voies complémentaires, afin de parvenir à des réponses régionales prévisibles et équitables dans la sous-région.

Pour le représentant adjoint du HCR, les personnes rapatriées ainsi que les communautés d’accueil méritent d’être soutenues financièrement par les bailleurs et un accompagnement socio-économique robuste des partenaires de développement particulièrement dans les zones de retour des rapatriés.

Selon Jean Bosco Nkunzimana, un rapatrié et membre d’une Coopérative des rapatriés dans la province Kirundo au nord du pays, les rapatriés font souvent face au manque de moyens financiers pour exercer des activités génératrices de revenus.
Pour lui, il faut que le gouvernement et ses partenaires appuient les coopératives des rapatriés pour les aider à se réintégrer dans les zones de retour.

Il appelle l’Etat à assurer la sécurité des rapatriés. Pour lui, il faut faciliter la réintégration économique et professionnelle à ceux qui étaient des fonctionnaires de l’Etat et la réintégration des enfants rapatriés dans le milieu scolaire tout en organisant des séances de mise à niveau.

Des contraintes persistent

« Au Burundi, nous avons plus de 87 mille réfugiés et demandeurs d’asile qui habitent les cinq camps de réfugiés dans le pays. Il y en a même ceux qui sont restés dans les villes, surtout la ville de Bujumbura », indique Samuel Ndayisenga, coordinateur de l’Office burundais pour la protection des réfugiés et des apatrides. Selon lui, 98% de ces réfugiés viennent de la République démocratique du Congo.

Pour lui, le rapatriement des réfugiés congolais reste difficile compte tenu de la guerre qui continue dans certaines parties de la RDC. Il explique que donner la citoyenneté burundaise à ceux qui le veulent n’est pas aussi possible : « Au Burundi, nous faisons déjà face à la démographie galopante, ce qui cause des problèmes fonciers. Ce serait difficile de donner des propriétés aux milliers des réfugiés qui sont au Burundi ».

Contrairement aux réfugiés congolais qui craignent l’insécurité dans leur pays, le représentant de la Tanzanie dans cet atelier déplore qu’il s’observe une réticence au rapatriement volontaire chez les réfugiés burundais en Tanzanie.

« Nous avons récemment mené une enquête en Tanzanie pour comprendre pourquoi les réfugiés sont réticents au rapatriement volontaire alors qu’il y a la sécurité au Burundi. Nous avons constaté que 90 % n’avaient pas de problèmes de sécurité. Ils ont des problèmes liés aux services sociaux et aux opportunités économiques », souligne-t-il.

Le directeur général chargé du rapatriement au ministère burundais de l’Intérieur, Nestor Bimenyimana, fustige aussi une certaine réticence des réfugiés burundais au rapatriement volontaire : « Nous avons signé un accord tripartite avec la Tanzanie qui prévoit le rapatriement de 1400 rapatriés par semaine. Aujourd’hui, nous accueillons les convois de moins de 50 personnes ».

Il appelle les partenaires à appuyer les pays de retour pour encourager les réfugiés à retourner volontairement dans leurs pays.

Selon le chef de coopération à la délégation de l’Union européenne au Burundi, Antonio Capone, un programme régional visant à trouver des solutions durables pour les réfugiés et les rapatriés burundais va être lancé cette année : « Cette action régionale, financée par l’Union européenne, à hauteur de 40 millions d’euros, s’attachera à répondre aux besoins essentiels des réfugiés dans les pays d’asile en matière de protection et de résilience et contribuera, pour ceux qui le souhaitent, à leur intégration dans les pays d’accueil à travers des projets spécifiques bénéfiques aux réfugiés et aux communautés hôtes ».

La CIRGL est une organisation intergouvernementale comprenant 12 pays de la région des Grands Lacs : Angola, Burundi, République Centre-Africaine, Congo, RDC, Kenya, Uganda, Rwanda, Soudan du Sud, Soudan, Tanzanie et Zambie. Cette région comprend actuellement 4,68 millions réfugiés et demandeurs d’asile ainsi que 12,29 millions de personnes déplacées internes.

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