Lundi 23 février 2026

Politique

Chronique sur les messages de haine : Intelligence artificielle : entre innovation technologique et risques de manipulation

23/02/2026 0
Chronique sur les messages de haine : Intelligence artificielle : entre innovation technologique et risques de manipulation
Dacia Munezero, Claude Nkurunziza et Acher Niyonizigiye appellent à l’utilisation responsable de l’IA

Après les habitants de Kirundo, c’est le tour de Dacia Munezero, journaliste ; Claude Nkurunziza, directeur de la radio-télévision Rema et Acher Niyonizigiye, expert en leadership de critiquer l’Intelligence artificielle. Ils considèrent que sans éthique ni contrôle et responsabilité, l’IA peut devenir un facteur de division et d’instabilité sociale.

Ils convergent à dire que l’intelligence artificielle (IA) constitue aujourd’hui un levier majeur d’innovation. Toutefois, elle peut être détournée à des fins de manipulation, de désinformation et de déstabilisation sociale.
Selon la journaliste Dacia Munezero, l’IA permet d’automatiser certaines tâches, d’améliorer la production de l’information et d’optimiser plusieurs secteurs. Néanmoins, elle peut devenir un outil de manipulation qui véhicule des messages de haine.

Elle fait remarquer qu’« une vidéo insultante génère plus de commentaires et d’interactions que d’autres informations. La création de contenus polémiques peut ainsi devenir une source importante d’argent. »

Claude Nkurunziza trouve quant à lui que l’IA facilite la production de contenus vidéo, audio ainsi que le traitement de données et la communication numérique. Néanmoins, cette capacité technique ouvre aussi la porte à des dérives.
Il place ces dérives dans un contexte régional marqué par des tensions diplomatiques entre le Burundi et le Rwanda ainsi que par la guerre à l’est de la République démocratique du Congo.

Il fait observer que des photos et vidéos circulent montrant des villages incendiés ou des massacres à caractère ethnique. « L’objectif est de diviser la population ».

Il trouve que certains cherchent à manipuler l’opinion publique pour faciliter des fraudes ou consolider leur position.
Pour sa part, Acher Niyonizigiye explique que l’intelligence artificielle peut devenir une machine pour la manipulation. Il parle de beaucoup de contenus falsifiés ; des vidéos, audios et images trafiquées pour déshumaniser des groupes donnés dont les leaders.

Il estime que la désinformation n’est pas toujours accidentelle. Il y a des personnes qui considèrent que le chaos leur permet d’atteindre leurs intérêts.

Tous ces trois intervenants font savoir que certains exploitent cette technologie afin de servir des intérêts personnels, politiques ou financiers au détriment de la cohésion sociale.

Risque de violences

Acher Niyonizigiye craint des violences surtout en périodes électorales car, certains messages générés par l’IA peuvent provoquer le chaos.

Dacia Munezero évoque le risque de manipulation par des images montrant des personnes avec des urnes pour affirmer qu’une fraude électorale est avérée. Une telle désinformation peut rapidement conduire à des violences.
Claude Nkurunziza nuance que le risque de violences dépend du contexte politique et social mais qu’il demeure réel lorsque la tension est déjà élevée.

Vérifier l’info avant de la partager

Face à ces dangers, tous ces intervenants appellent tout un chacun à vérifier toute information avant de la partager et à éviter des réactions émotionnelles.

Pour Dacia Munezero, la détection des vidéos, audios et images générées par l’IA n’est pas simple. Elle recommande par conséquent de douter systématiquement de la véracité d’une information reçue.

Parmi les indices pouvant révéler une manipulation, elle cite un corps partiellement transparent dans une image ; un nombre inhabituel de doigts ou un organe en trop ; des incohérences dans l’arrière-plan (paysage, ombre, perspective) ; des discontinuités ou des bégaiements artificiels dans les enregistrements audios.

Ces acteurs invitent le gouvernement à organiser des campagnes de sensibilisation afin d’éduquer le public aux risques de la désinformation ainsi que de sanctionner les auteurs de fausses informations et des messages de haine conformément à la loi sur la cybercriminalité.

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