Vendredi 09 janvier 2026

Politique

Chronique sur les messages de haine : Des projets non prioritaires, vecteurs de frustrations

25/11/2025 1
Chronique sur les messages de haine : Des projets non prioritaires, vecteurs de frustrations
Selon les citoyens de la colline Gashikanwa, il faut consulter la population pour tout projet

Ignorer ou ne pas privilégier les besoins prioritaires de la population peut devenir un facteur déclencheur des violences, surtout dans un contexte de pauvreté, d’inégalités ou de méfiance envers les autorités. Les habitants de la colline Gashikanwa, en commune Tangara, de la province Butanyerera appellent les autorités à mener des consultations avec la population pour tout projet.

Quand les besoins essentiels (eau, santé, éducation, nourriture, emploi) ne sont pas satisfaits, la population ressent une certaine injustice. Cela crée un climat de colère, de désespoir et de rupture avec les institutions.

Jeannette Ndayisenga, une femme de la colline Gashikanwa fait savoir qu’il faut une certaine hiérarchisation des priorités selon les besoins de la population. « Il y a une belle salle bien construite à la commune. Ce n’était pas prioritaire car nous avons besoin de salles de classe. Les enfants sont assis à même le sol et notre localité manque cruellement d’eau potable ».

Une autre habitante de cette même localité insiste sur cette construction de la salle de réunion qui a coûté beaucoup d’argent mais dont les retombées ne sont pas visibles. « Cet espace n’accueille qu’une ou deux réunions par mois ».

M.N dénonce l’attitude de ceux qui préparent les projets ne tenant jamais en considération le rôle de la population. « C’est comme si nous n’avons rien à dire ».
Pour Salvator Nday-isaba, un habitant de cette localité de Gashi-kanwa, réaliser des projets non prioritaires est dû à un manque de concertation. D’après lui, la population se retrouve devant un fait accompli. « Il faut consulter les gens pour qu’ils apportent leurs contributions dans les projets les concernant ».

Pour la plupart de ces habitants approchés, le manque de réponse aux besoins urgents donne l’impression que l’État ne se soucie pas du peuple. « Ce déficit de confiance nourrit la révolte, surtout chez les jeunes ou les groupes marginalisés ».

Écouter la population

Selon Jean-Marie Niyonkuru, chef de zone Gashikanwa, les gens ont des opinions et des préférences différentes. Il indique que le conseil communal de l’ancienne commune Gashikanwa a décidé la construction d’une salle de réunion car, c’était un honneur pour la commune. « Pour la population, ce n’était pas prioritaire ».

Il reconnaît que dans la préparation de tout projet, la population doit être consultée. Selon lui, au niveau de la zone, une commission chargée du développement recueille des contributions de la population.

Selon Rémy Havyarimana, responsable de l’association, « Maison Lueur d’Espoir » et expert à la résolution des conflits, les projets à exécuter sont choisis parmi ceux qui ont été présentés lors de la campagne électorale. « Chaque candidat devrait avoir des projets de société comprenant des initiatives qui répondent aux préoccupations de la population défendues lors de sa campagne électorale ».

Il explique que la population a besoin d’eau, d’électricité, de moyens de transport, de soins de santé acceptables, de baisse des prix des produits de première nécessité. « Si ce n’est pas fait, cela crée un climat de colère, de désespoir et de rupture avec les institutions ».

Il suggère qu’avant la mise en œuvre de tout projet, les bénéficiaires doivent être consultés. « Tout projet doit répondre aux préoccupations de la population ».

Il invite tous les lead-ers à écouter, identifier et répondre en priorité aux besoins vitaux de sa population. Pour lui, c’est la base de la paix sociale, de la légitimité politique et de la stabilité durable.

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. Mbariza

    « « Chaque candidat devrait avoir des projets de société comprenant des initiatives qui répondent aux préoccupations de la population défendues lors de sa campagne électorale ». »
    Alors, nos chers concitoyens ont voté sur quelle base ?

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