Vendredi 03 avril 2026

Politique

Chronique sur les messages de haine Cibitoke/Ruhwa : Tourner plusieurs fois sa langue avant de parler

27/03/2026 0
Chronique sur les messages de haine Cibitoke/Ruhwa : Tourner plusieurs fois sa langue avant de parler
Pour ces habitants, la réflexion avant toute communication est essentielle

Les habitants de la colline Ruhwa, sous-colline T3 A, commune Cibitoke reviennent sur la signification et la portée de la devise « Banzawibaze » qui invite chacun à beaucoup réfléchir avant de s’exprimer. Pour ces citoyens, ce principe constitue un levier essentiel dans la prévention des messages haineux et des conflits sociaux.

Plusieurs intervenants ont souligné l’importance de la prudence dans la prise de parole. « Dans la vie, il est impérieux de réfléchir avant de dire quoi que ce soit pour éviter de causer des ennuis. Lorsqu’on parle sans avoir mûrement réfléchi, les conséquences sont souvent inévitables. Le mensonge et la calomnie résultent d’un manque de vigilance dans la communication », a expliqué Jeanine Ndagijimana.

Dans le même sens, Egide Ndayizeye a insisté sur la nécessité de mesurer ses propos. « Avant de parler, il faut tourner sept fois sa langue. Toute parole doit être réfléchie afin de s’assurer qu’elle ne blessera personne. Une parole bien pensée réduit considérablement les risques de conflits. »

D’après une autre habitante, des propos parachutés sans réflexion ont eu des conséquences négatives sur le pays. Elle rappelle que dans le passé, des messages de haine ont provoqué de la méfiance et des divisions.

Ces habitants reconnaissent unanimement que des propos irréfléchis peuvent engendrer des malentendus, des frustrations et des divisions. Dans les cas extrêmes, cela peut conduire à la haine, à des affrontements, voire à des pertes en vies humaines. Certains ont rappelé que, par le passé, des discours de haine ont alimenté la méfiance et fragilisé la cohésion sociale dans le pays.

Le chef de la colline Ruhwa (ancienne colline Rukana I), Rénovat Nsengiyumva estime qu’ « il est primordial de méditer avant toute prise de parole. Une parole irréfléchie peut blesser et entraîner des conséquences fâcheuses. Avant de parler, chacun devrait s’interroger sur la véracité de ses propos, sur la manière dont ils seront perçus ainsi que sur leurs éventuelles répercussions. »

Il insiste sur la nécessité de maîtriser ses émotions pour éviter toute forme de violence verbale. La réflexion apparaît ainsi comme un pilier fondamental d’une communication non violente et d’un vivre-ensemble harmonieux.

Intégrer des filtres dans la communication

Dans un contexte de la montée des discours clivants, abbé Dieudonné Nibizi, expert en communication et responsable de la communication à l’archidiocèse de Bujumbura, appelle à un retour à une communication plus réfléchie et responsable au sein de la société.

Selon lui, la principale difficulté réside dans le caractère immédiat de la communication moderne. « Aujourd’hui, la communication est directe, instantanée. Peu de personnes prennent le temps de réfléchir aux implications de leurs propos avant de s’exprimer », analyse-t-il.
Cette spontanéité, bien que naturelle dans les interactions humaines, peut devenir problématique lorsqu’elle conduit à des dérives verbales aux conséquences parfois graves.

S’appuyant sur la sagesse ancestrale et les enseignements bibliques, Dieudonné Nibizi rappelle un principe fondamental : « Avant de parler, il faut tourner sept fois la langue dans sa bouche ».
Pour lui, cette recommandation n’est pas anodine. Elle vise en effet à éviter des paroles regrettables, susceptibles de nuire à autrui et de fragiliser la cohésion sociale.

L’expert insiste sur la nécessité d’intégrer des « filtres » dans la communication. Il invite chacun à se poser des questions essentielles avant de prendre la parole. Ce que je m’apprête à dire est-il vrai ? Est-il nécessaire de le dire maintenant ? Est-ce pertinent ? Quels en seront les effets sur ceux qui m’écoutent ?

Dans cette perspective, Dieudonné Nibizi met en garde contre les paroles destructrices. « Une parole mauvaise détruit la société, sème la haine et compromet le peu que nous avons construit », souligne-t-il.
Pour lui, une parole réfléchie, mesurée et bienveillante apparaît ainsi comme un outil essentiel pour renforcer le vivre-ensemble et prévenir les tensions sociales.

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