Société

Ces femmes et jeunes qui ont franchi un cap

04/09/2020 Clarisse Shaka Commentaires fermés sur Ces femmes et jeunes qui ont franchi un cap
Ces femmes et jeunes qui ont franchi un cap
Marvine Ishatse, 33 ans, élue dans le conseil communal de Rumonge.

De jeunes femmes qui « osent » se représenter aux élections, des jeunes diplômés qui se lancent dans l’entreprenariat… A la rencontre de ces quelques figures qui viennent de prendre leur avenir en main grâce aux différentes sensibilisations.

Commune Rumonge, Marvine Ishatse, 33 ans, vient d’être élue dans le conseil communal. Gestionnaire d’un centre de santé, cette jeune maman de deux enfants participe pour la première fois dans la vie politique de sa commune. «Avant, je ne me voyais pas dans les instances de prise de décision. Je ne rêvais même pas de me représenter aux élections un jour. Avec mon jeune âge et le fait que je sois une femme, je croyais que c’était impossible », confie-t-elle.

D’après Mme Ishatse, un représentant des jeunes à Rumonge l’a approchée. Il avait écouté un feuilleton qui sensibilise les jeunes et les femmes à se faire élire. « Nous étions un groupe de jeunes de la colline Teba, commune Rumonge. Il nous a motivé à vaincre la peur et oser se faire élire », témoigne Marvine Ishatse.

Au début, elle avait du mal à être convaincue. Elle était prisonnière de sa peur. Mais le jeune a insisté : « Il nous a expliqués l’importance de la participation des jeunes et des femmes dans les institutions. J’ai fini par être convaincue. J’ai senti le devoir de contribuer à trouver des solutions aux différents problèmes des femmes et des jeunes dans notre communauté. »

La détermination

Dès lors, Marvine est allée se faire élire dans le conseil communal de Rumonge. C’était un acte « osé », pour elle. Elle a eu la chance d’être élue.
Depuis qu’elle est candidate, cette jeune femme confie qu’elle n’a pas eu la vie facile. Des mots de découragement ici et là. « Tu es une femme, qui pis est tu es jeune, personne ne va te donner sa voix. Ces histoires dans lesquelles tu entres ne vont pas être faciles pour toi…», disait son entourage. Mais Marvine était déterminée. Elle n’a pas cédé.

Elle indique que son but principal est d’aider les jeunes à se doter des moyens d’entreprendre, les encourager à ne pas attendre les appels d’offre, mais plutôt créer leurs emplois. Elle est aussi engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes dans les communautés.


Mwaro : Ces jeunes qui n’attendent pas un appel d’offre

Dans la commune Kayokwe, quelques jeunes ont lancé de petits commerces, inspirés par des feuilletons de motivation émis sur les radios.

Sandrine Ndayizeye, 25 ans, a ouvert une cafétéria.

Sur la colline Ruramba, commune Kayokwe de la province Mwaro, un petit restaurant et une cafétéria sont érigés au milieu de cette colline aux allures de centre urbain. Ecoles, ateliers de menuiserie… entourent ce restaurant.

Sandrine Ndayizeye, 25 ans, son propriétaire, affirme qu’elle a eu l’idée d’entreprendre grâce au club d’écoute auquel elle faisait partie. Tous les dimanches, elle faisait partie d’un groupe de jeunes qui se retrouvait pour écouter ces chroniques qui sensibilisaient les jeunes à se lancer dans l’entreprenariat.

Elle venait de terminer ses études universitaires dans les sciences paramédicales. Avec ses économies, elle a ouvert, depuis 5 mois, ce restaurant qui la rend désormais autonome.

Sandrine indique qu’elle a commencé avec un capital de 100 mille BIF. Aujourd’hui, elle a déjà encaissé le double de cette somme. Avec ces sensibilisations, Mme Ndayizeye assure qu’elle a appris qu’il n’y a pas de sot métier. Inspirée par l’héroïne du feuilleton« Kazobe », une belle jeune femme licenciée qui n’a pas hésité à faire le métier de motard, malgré les critiques de son entourage. Sandrine observe en effet que ce ne sont pas toutes les filles de niveau licence qui peuvent accepter de s’asseoir derrière cette petite fenêtre, servir la nourriture aux paysans, laver les assiettes, etc. « Mais elles se trompent».

Le manque de capital, le grand défi

A quelques mètres, sur la colline Saswe dans la même commune Kayokwe, Ignace Niyongere, 23 ans, vient d’ouvrir une boutique de transfert monétaire Ecocash et Lumicash, principalement.

Inspiré aussi par les sensibilisations à travers les feuilletons, ce jeune lauréat des Humanités générales confie qu’il a dû se battre pour avoir le capital. Domestique, puis vendeur de café pour finir dans sa propre boutique aujourd’hui. Dans un mois, il a déjà gagné plus de 50 mille BIF. « Désormais, je peux m’offrir tout ce que je veux. Je ne compte plus sur mes parents pour vivre».

Ces jeunes demandent que ces projets de sensibilisation soient accompagnés par les moyens d’entreprendre. La plupart des jeunes ruraux viennent de milieux pauvres. « Nous, les jeunes, avons des projets, mais avoir les moyens pour les accomplir, c’est un casse-tête », déplore Ignace Niyongere.
Emelyne Ndayisenga, l’une des agents de sensibilisation dans cette commune, affirme que 15 jeunes et femmes étaient ciblés pour être des membres du club d’écoute. Parmi eux, deux jeunes ont pu créer des activités génératrices de revenus, assure cette présidente du club d’écoute.

Elle confie que le défi rencontré durant ces sensibilisations est la quasi-absence de l’administration pendant les séances de sensibilisation.

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