Mercredi 28 janvier 2026

Économie

B-Ready, le nouvel outil pour repenser le climat des affaires au Burundi

28/01/2026 0
B-Ready, le nouvel outil pour repenser le climat des affaires au Burundi
Le Premier ministre, Nestor Ntahontuye, à côté du directeur général de l’ADB et du délégué représentant de la Banque mondiale lors de son mot d’ouverture

L’Agence de développement du Burundi (ADB), avec l’appui de la Banque mondiale au Burundi, à travers le projet pour l’emploi et la transformation économique (PRETE NYUNGANIRA), a organisé le lundi 26 janvier 2026 un atelier de sensibilisation des parties prenantes sur les préparatifs de l’évaluation du climat des affaires au Burundi à l’aide du rapport business ready « B-ready ». L’objectif principal de cet atelier était de mettre en place des groupes techniques de travail et la feuille de route pour les prochaines étapes.

Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre, Nestor Ntahontuye, a salué l’initiative de l’ADB et l’appui du projet PRETE NYUNGANIRA, rappelant que l’amélioration du climat des affaires constitue une priorité majeure pour le développement du Burundi.

Il a souligné que, conformément à la vision du président de la République, Évariste Ndayishimiye, le secteur privé est considéré comme le moteur de la croissance économique, de la création d’emplois et de la transformation structurelle de l’économie dans l’objectif de faire du Burundi un pays émergent à l’horizon 2040 et développé en 2060.

Le chef de la Primature estime que cette ambition nationale exige des réformes profondes, cohérentes et durables, notamment en matière de climat des affaires, de gouvernance économique et de compétitivité du secteur privé.
Il a indiqué que le rapport B-ready, mis en place par la Banque mondiale pour succéder au Doing Business, offre une approche plus inclusive et mieux adaptée aux réalités économiques actuelles.

M. Ntahontuye a, à cet égard, réaffirmé l’engagement ferme du gouvernement du Burundi à poursuivre et à approfondir les réformes nécessaires pour faire du pays une destination attractive, compétitive et propice aux investissements durables.
Il a appelé l’ensemble des parties prenantes à bien comprendre le fonctionnement de ce nouvel instrument d’évaluation et ses enjeux ainsi qu’à contribuer à la collecte des données nécessaires en vue de produire un bon rapport qui sera présenté en novembre 2026.

Selon Arcade Bigirindavyi, délégué du représentant résident de la Banque mondiale au Burundi, l’initiative Business Ready (B-ready), vise à accélérer une croissance inclusive et durable, portée par un secteur privé dynamique et créateur d’emplois pour la jeunesse.

Il a souligné qu’un climat d’investissement prévisible, transparent et efficace constitue un levier essentiel pour stimuler l’entrepreneuriat, attirer les capitaux, renforcer l’innovation et améliorer la compétitivité. À cet effet, estime-t-il, B-ready offre un cadre rigoureux d’analyse fondé sur des données factuelles pour identifier les blocages, suivre les progrès et appuyer les réformes.

B-ready, un levier stratégique

Les représentants des différentes institutions publiques présents à l’atelier

M. Bigirindavyi a précisé que cet atelier vise notamment à sensibiliser les parties prenantes aux indicateurs de B-ready, à identifier des points focaux et à mettre en place des groupes techniques de travail chargés de la collecte de données, du dialogue public-privé et de la priorisation des réformes à fort impact dans la perspective de l’évaluation du Burundi prévue en 2026.

Pour lui, l’appropriation de cette initiative par le gouvernement souligne que B-ready doit être perçu comme un levier stratégique pour simplifier les procédures, réduire les coûts et les délais, améliorer les services et fluidifier les échanges commerciaux tout en insistant sur l’importance de la qualité des données et en réaffirmant l’appui technique continu de la Banque mondiale.

De son côté, Dr. Révérien Nizigiyimana, directeur général de l’ADB, a fait savoir que l’introduction de l’outil Business Ready constitue une étape stratégique pour le Burundi. Développé par la Banque mondiale pour remplacer le Doing Business, cet instrument évalue, selon lui, non seulement la qualité des cadres réglementaires et leur mise en œuvre effective mais aussi la qualité des services publics offerts aux entreprises et l’expérience vécue par les opérateurs économiques tout au long du cycle de vie de l’entreprise. « Il permet ainsi d’identifier objectivement les forces et les contraintes du climat des affaires ainsi que de hiérarchiser les réformes prioritaires ».

Pour lui, cette évaluation n’est ni un exercice administratif ni une finalité en soi, mais un levier stratégique pour améliorer la compétitivité du Burundi et renforcer l’attractivité de notre économie afin d’instaurer un environnement propice aux affaires et pour positionner le pays comme une destination unique, crédible et compétitive pour les investisseurs locaux et étrangers.

Il a assuré également que des réformes ambitieuses sont constamment engagées afin d’assainir l’environnement des affaires, renforcer la transparence, moderniser l’administration publique et améliorer la compétitivité de notre économie.

Le secteur privé joue un rôle central

L’atelier a également été marqué par plusieurs présentations permettant d’analyser le thème central sous différents angles. Le directeur général de l’ADB est revenu sur les acquis du rapport Doing Business dans l’amélioration du climat des affaires au Burundi, tout en soulignant ses limites.

Alida Mugisha, consultante de la Banque mondiale, a expliqué que B-ready offre une portée plus large que Doing Business et confère au secteur privé un rôle central dans la fourniture des données, le gouvernement se limitant à valider la cohérence des informations transmises.

Selon elle, l’outil repose sur trois piliers essentiels : la qualité du cadre réglementaire, la qualité et l’efficacité des services publics offerts aux entreprises ainsi que l’efficience de leur mise en œuvre.

De son côté, Denis Nshimirimana, secrétaire général de la Chambre fédérale du commerce et de l’industrie au Burundi (CFCIB), a souligné que le secteur privé constitue le fondement de l’économie national qui reste malheureusement encore embryonnaire. Selon lui, des réformes internes sont nécessaires. L’ADB devrait disposer d’un baromètre du climat des affaires pour accompagner la réalisation de la vision nationale du Burundi.

Le projet PRETE-NYUNGANIRA en appui aux réformes du climat des affaires

Béatrice Nzeyimana, coordonnatrice de PRETE – NYUNGANIRA : « En mobilisant les acteurs clés autour du rapport B-ready, le pays aspire à se positionner comme une destination privilégiée pour les investissements »

Béatrice Nzeyimana, coordonnatrice du projet pour l’emploi et la transformation économique, PRETE – NYUNGANIRA, a fait savoir que la campagne sur l’outil B-ready qui a été lancée s’inscrit dans une dynamique de transformation économique et de développement durable et inclusif au Burundi. En mobilisant les acteurs clés autour du rapport B-ready, le pays aspire à se positionner comme une destination privilégiée pour les investissements, tout en renforçant son climat des affaires pour soutenir la croissance économique, a-t-elle indiqué.

Elle a rappelé que le projet NYUNGANIRA soutient les institutions qui interviennent dans l’amélioration du climat des affaires comme l’Agence de développement du Burundi, la Chambre fédérale de commerce et d’industrie du Burundi, le tribunal du commerce et bien d’autres.

ADB

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