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ATRABU, ATRP, ACBN: gestion obscure des cotisations

18/12/2020 Pacifique Gahama Commentaires fermés sur ATRABU, ATRP, ACBN: gestion obscure des cotisations
ATRABU, ATRP, ACBN: gestion obscure des cotisations
Ernest Miburo : «Les chauffeurs adhèrent librement dans l’ACBN »

Des chauffeurs et des convoyeurs dénoncent les cotisations qu’elles sont obligées de payer au profit de trois associations œuvrant dans le domaine du transport en commun en mairie de Bujumbura censées les protéger. Ils déplorent une gestion opaque. Une accusation démentie par les responsables de ces associations.

Les chauffeurs et convoyeurs estiment opaque la gestion de leurs cotisations journalières de 2.000 BIF par bus, frais de badge de 56.000 BIF, et frais d’adhésion de 500.000 BIF. Certains chauffeurs, de bus regroupés au sein des associations Atrabu, ATRP et ACBN se demandent à quoi servent leurs diverses cotisations.

J.K, conducteur de bus rencontré au parking situé au centre-ville de la capitale Bujumbura ne mâche pas ses mots: « Les cotisations collectées par les associations Atrabu, ATRP et ACBN enrichissent un petit groupe de gens. Elles n’aident en rien les chauffeurs et les convoyeurs. Aucun chauffeur ni convoyeur ne sait l’utilisation finale de nos cotisations journalières. Les responsables chargés de la collecte des cotisations sont des personnes mises en place par l’Atrabu en collaboration avec ATRP et ACBN».

Là où le bât blesse, regrette le conducteur, c’est que les chauffeurs n’ont pas le droit de poser la question sur la gestion et la destination de ces fonds collectés. «Tous les chauffeurs qui tentent de connaitre l’utilisation de ces cotisations collectées au jour le jour deviennent des ennemis jurés des représentants des associations exerçant dans le transport en commun».

M. Kwizera témoigne avoir été emprisonné au cachot situé à l’ancien marché central de Bujumbura à deux reprises. Motif: il a refusé de payer les cotisations exigées par ces trois associations.

Ce conducteur de bus indique que les chauffeurs et les convoyeurs cotisent régulièrement 2.000 BIF par jour. L’Atrabu reçoit 1000 BIF. Le reste est versé dans les caisses de l’ ATRP. Ces cotisations «forcées» de 60.000 BIF par mois sont prélevées sur les salaires des chauffeurs. Quand un bus arrive au parking raconte le quadragénaire, le conducteur est accueilli par les agents de l’Atrabu en charge de la collecte des cotisations. «Ils nous donnent des reçus de manière forcée. Si un chauffeur ou un convoyeur refuse de payer les cotisations, il reçoit des intimidations. En cas de refus catégorique, ils appellent la police pour emprisonner les recarcitrants au cachot situé à l’ancien marché central de Bujumbura.»

T .N, un autre conducteur de bus croisé au parking situé tout près de l’église Saint Michel considère les cotisations exigées par ces associations comme du vol organisé. «Elles se sont arrogé le droit de percevoir une somme allant de 100.000 à 500.000 BIF à un nouveau chauffeur ou convoyeur voulant travailler sur un parking des bus. Elles exigent également 56.000 BIF comme frais de badge. »

S.N., conducteur de bus rencontré au parking situé tout près de la zone Buyenzi accuse l’Atrabu en collaboration avec l’ATRP et ACBN de la violation de la loi en matière de liberté d’association : « C’est un droit garanti par la constitution de la République du Burundi. Certains conducteurs des bus deviennent membres de l’Atrabu, ATRP et ACBN sans demander l’adhésion. » Il suffit d’exercer le métier de chauffeur de bus, raconte-t-il, ils deviennent automatiquement membres de ces associations.

«L’adhésion est volontaire»

Ernest Miburo, le président de l’association des chauffeurs des bus « Coaster » nord de la ville (ACBN) balaie du revers de la main les accusations des chauffeurs. «Les chauffeurs adhèrent librement dans l’Acbn. Cette dernière a commencé les activités en 2003 avec 700 membres. Mais ces derniers diminuent progressivement. Aujourd’hui, l’Acbn compte 168 chauffeurs. Actuellement, 80 personnes sollicitent l’adhésion. Leurs dossiers sont en cours d’analyse.» Avant de préciser que les frais d’adhésion s’élèvent actuellement à 500.000 BIF.

M. Miburo assure que le but de son association est l’entraide mutuelle entre les chauffeurs et les convoyeurs. Une fois qu’un membre de l’Acbn tombe malade, l’association prend en charge les frais de soins de santé. Nous avons signé un contrat avec une structure de santé basée à Kinama. Tous les membres ont des cartes médicales. En cas de maladie, l’association donne des bons aux patients qu’ils présentent à la clinique pour se faire soigner.»

Le président de l’ACBN souligne que le badge montre l’appartenance du chauffeur à une association. Depuis 2015, explique-t-il, l’association a décidé que chaque chauffeur doit être muni d’un badge afin de l’identifier. D’après ce responsable, cette mesure a été prise après avoir constaté que parmi les chauffeurs qu’il y avait des malfaiteurs. Le prix du badge est de 6.000 BIF. Le demandeur doit aussi payer 50.000 BIF comme frais de «baptême» communément appelé en Kirundi ayo urwinjizo.

Charles Ntirampeba : «Les cotisations payent les frais médicaux pour les personnes dont la guérison dure une longue période»

Charles Ntirampeba, secrétaire général de l’association des transporteurs du Burundi (Atrabu), affirme que l’adhésion est volontaire. «Toute personne qui veut adhérer à l’Atrabu doit d’abord adresser une demande aux responsables de l’association à condition qu’elle exerce ses activités dans le domaine du transport en commun».

Les membres de l’Atrabu sont de plusieurs catégories notamment les propriétaires des véhicules de transport rémunérés des personnes, les chauffeurs ainsi que les associations des chauffeurs. Chaque bus de transport en commun paye obligatoirement 1.000 BIF par jour.

M.Ntirampeba soutient, par ailleurs, que les cotisations sont utilisées suivant les plans d’action préparés et votés par l’assemblée générale. Le volet social représente une part importante: «Les cotisations payent les frais médicaux pour les personnes dont la guérison dure une longue période. L’association cotise pour l’assurance vie de ces membres. L’Atrabu assiste à la hauteur de 5 millions de francs burundais la famille éprouvée. Elles sont aussi utilisées dans la réhabilitation des routes notamment celles de Mutakura, Ngagara et Kamenge et surtout pour réparation des nids de poule».

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