Samedi 20 juillet 2024

Editorial

Alléger la pression fiscale

03/08/2023 1

La vie chère ! La plainte retentit de toutes parts. Dans presque tous les secteurs, les prix s’envolent, l’inflation atteint des niveaux inédits, la monnaie burundaise se déprécie. Les faits et les chiffres sont têtus. Selon le projet de loi des finances 2023/2024, le déficit global du Budget général s’élève à 728,9 milliards de BIF. « Le financement extérieur net s’élève à 148, 1 milliard de BIF alors que le financement intérieur net est de 580, 8 milliards de BIF ».

Par Léandre Sikuyavuga
Directeur du groupe de presse Iwacu

Une somme colossale que les contribuables sont « encouragés » à supporter en vue d’élargir l’assiette fiscale. Ainsi, de nouvelles dispositions sont prises en introduisant notamment de nouvelles taxes ou en revoyant à la hausse le prix de certains produits de consommation et les services administratifs. Entre autres le carburant, les produits Brarudi, le sucre, le ciment Buceco.

Ainsi, pour le sucre, le prix au dernier consommateur connaît une hausse allant jusqu’à 32 % ! Par ricochet, les prix d’autres produits montent en flèche sur les marchés. Le panier de la ménagère s’allège.
« Trop d’impôt tue l’impôt », « le taux mange l’assiette », « un impôt exagéré détruit la base sur laquelle il porte ». Des termes qu’on entend souvent dans le jargon des économistes.

Après la hausse des tarifs de location des échoppes des marchés gérés par l’Etat, les commerçants n’ont pas ouvert leurs magasins en mairie de Bujumbura, ce 31 juillet, pour manifester leur mécontentement. Des commerçants disent qu’ils sont « surtaxés » et travaillent à perte. Certains jettent l’éponge.

Certes, l’État doit assumer un grand nombre de services publics et toutes ses interventions ont un coût. Les Burundais en sont conscients et s’exécutent en payant taxes et impôts (même si un effort laisse à désirer).

Pour alléger la pression fiscale, certaines pratiques doivent changer. Le président de l’Olucome cite notamment la transparence dans l’octroi des marchés publics, la croissance de la production, l’amélioration du climat des affaires, la bonne gouvernance.

Difficile de comprendre par exemple comment sur plus de 250 milliards de FBu exonérés à quelques opérateurs économiques, 71 % sont accordés à 8 contribuables seulement ! Cette inégalité dans la répartition des charges fiscales est inacceptable. Aussi, une gestion efficace et efficience des dépenses publiques est plus qu’une nécessité.

Un seul exemple pour comprendre la situation. Pour le budget général 2023/2024, le charroi de l’Etat accorde presque 11 milliards de Francs burundais à l’entretien et réparation des véhicules, plus de 16 milliards aux carburant et lubrifiants, à peu près 8 cents millions à l’assurance des véhicules. La liste n’est pas exhaustive. Que retenir de la politique de charroi zéro, dix ans après ?

En somme, les contribuables doivent s’acquitter de leur devoir en payant les taxes et les impôts. L’Etat devrait à son tour trouver une façon d’alléger la pression fiscale en révisant certaines rubriques du budget général, en baissant notamment les dépenses publiques. C’est difficile, mais possible.

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. Karabadogomba Melchior

    Les dépenses publiques pèsent lourdement sur le contribuable, le citoyen burundais.Tous les produits et services augmentent terriblement de prix sur les marchés. L’Etat compte sur ses citoyens pour compenser le gros de ce déficit sur le budget général. Pourtant les salaires des fonctionnaires ne sont pas revus à la hausse, les commerçants préfèrent abandonner leur business pour ne pas travailler à perte, les investisseurs sont quasiment absents, la population se paupérise lamentablement. Où le gouvernement va-t- trouver les plus de 700 milliards BIF? L’équation risque de se compliquer.

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