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Sécurité

Université du Burundi : polémique autour des rondes nocturnes

23-08-2017

Des étudiants se réclamant du parti Cndd-Fdd sont pointés du doigt dans l’intimidation de leurs condisciples au campus Mutanga. Le chargé de la sécurité dément.

Célestin Nibona-Bonasize : « La sécurité, c’est notre affaire et non celle des étudiants. »

«Ils circulent avec des gourdins en groupes de 3 ou de 4. Ils n’hésitent pas à tabasser toute personne qui entre au campus. Ils font la pluie et le beau temps.» Ce sont des accusations des étudiants logés au campus Mutanga contre les étudiants Imbonerakure.

Selon eux, un grand nombre se concentre au niveau de l’entrée qui donne sur la 9ème avenue de la zone Nyakabiga aux environs de 23heures. Des sources sous anonymat soutiennent que ces jeunes règnent en maîtres. «Ils se comportent en vraie force de l’ordre parallèle.»

D’après les témoignages des étudiants, plusieurs raisons expliquent pourquoi ils rentrent dans les heures avancées : certains étudiants sont obligés de sortir du campus pour se restaurer, d’autres sont des serveurs, veilleurs, tenanciers de petites affaires dans des quartiers avoisinants.

Selon eux, l’attitude de ces Imbonerakure est incompréhensible dans la mesure où ils ne s’opposent pas au contrôle des mouvements vespéraux dans les résidences universitaires. «Que ce soit les autorités habilitées qui s’en occupent. Sinon il est intolérable que des étudiants se substituent aux forces de l’ordre.»

La goutte qui a fait déborder le vase

Lundi 14 août. Un étranger entre au campus vers 1 heure. Il vient récupérer son téléphone dont il a rechargé la batterie dans la chambre d’un ami. Il pénètre sans déconvenue.

De retour, en compagnie de son ami, ils sortent par la 9ème avenue du quartier Nyakabiga III. Des étudiants «veilleurs» s’en prennent à eux. Ils les font asseoir par terre. Un interrogatoire s’improvise. «D’où venez-vous ? Que faisiez-vous jusqu’à cette heure-ci ?… »

Ils sont passés à tabac. L’étudiant parvient à s’échapper. Il court en direction du pavillon IV. Il vocifère au secours. Alertés, les étudiants accourent pour sauver l’hôte du campus.

Selon des témoins oculaires, un certain Edouard, agent de la régie des œuvres universitaires chargé de la sécurité au campus Mutanga, intervient, en vain. Ils sont tous complètement dépassés, submergés… Nos sources déplorent que tout cela se passe au vu et au su des policiers en faction dans ce campus.

Elles indiquent que le visiteur est emprisonné depuis cette nuit à la police judiciaire de Jabe, zone Bwiza de la commune Mukaza.

Célestin Nibona-Bonasize, directeur adjoint de la régie des œuvres universitaires chargé de l’encadrement et de la sécurité, réfute en bloc ces accusations.

«Les étudiants sont ici pour étudier et non pour faire des rondes. La sécurité, c’est notre affaire avec les agents de la régie des œuvres universitaires.» Il évoque la présence d’une position policière dans ce parc universitaire.
Il souligne que les policiers appréhendent parfois des personnes étrangères au campus. A titre d’illustration, il parle de quelques cas de vendredi 11 et lundi 14 août. «Ils sont désormais entre les mains de la police.»

Et quand aux plaintes de passages à tabac, il s’étonne du silence des victimes. «Cela laisse des zones d’ombre.»
M. Nibona-Bonasize rappelle que le règlement dans les campus stipule que les portes doivent être normalement fermées à 21h. Et de préciser que seules les entrées du 28 novembre et du boulevard de l’Uprona sont reconnues par les autorités de l’Université.

Il recommande aux étudiants de placer leur confiance à la représentation générale des étudiants récemment mise en place.

  8   Vos commentaires
  1. Yves

    Résumons le climat universitaire actuel. Il est interdit de gribouiller des dessins dans des livres ; il est interdit de se réunir en soirée ; la présence est obligatoire au salut de drapeau ; l’on peut à tout moment se faire intercepter et/ou se faire tabasser par la patrouille Imbonerakure qui, se sachant impunie, fait sa loi sur les campus ; protester pacifiquement en faisant grève conduit tout droit à la case prison… Voilà un climat peu propice à la libre expression et à la liberté de mouvement. Et un climat encore moins propice au bon déroulement des études et des blocus. Est-ce de cette manière que les iDDolâtres espèrent former la nouvelle génération ? La Ministre de l’Enseignement nous annoncera-t-elle prochainement que certaines universités auront obtenu, elles aussi touchées par la grâce divine, 100% à leur taux de réussite ? Mieux vaut en rire, tant cette situation est dramatique et hypothèque lourdement les chances de redressement du Burundi.

  2. Rurihose

    Busorongo
    Un peu d explucation:Quutter l eau vers le feu et vice versa.
    Walah we don’t understand🤣🤣🤣🤣

    • Busorongo

      Nyakabiga urayizi nibihabera mumigumuko urabizi. Campus Mutanga naho urayizi.
      Les séquelles ne peuvent pas s’effacer aussi vite. Soyez prudents. Ouvrez les yeux et vous n’aurez pas de cesennuis

  3. Bundes

    Poilicim vyosicim mugire musubire gucanamwo nka wa mwaka! Soyez sérieux vive la réconciliation !!!

  4. Busorongo

    Izo ninkuru zibihuha. Muri kubera iki?
    Il y a suffisamment de voies de porter plainte au campus Mutanga mais le « victime » a choisi un journal, pire un journaliste pour se plaindre.
    Autre fait un étranger viole les résidences et indirectement on veut le soustraire de la justice.
    Aucune Norme donc dans ce pays.
    La morale et l’honnêteté n’ont plus droit d’existence.
    Je recommanderais la PRUDENCE à tous. Aux voisins des campus comme aux résidents; aux Imbonerakure comme aux « opposants » mais aussi aux journalistes et leurs journaux.
    Songeons toujours à notre présent entaché du passé douloureux.
    Il n’est pas très prudent de quitter l’eau vert le feu directement et vice-versa.

    • Bob Mwami

      C’est vrai qu’on doit se rappeler d’Avril 1988 au campus Mutanga, j’étais là en 2ème Candi Polytechnique A. Nous avons vécu des drames où nous avons découvert que certains de nos camarades Tutsi étaient armés. Je me suis personnellement mis à l’abri pendant tout un mois.
      Juin 1995, je ne sais plus quelle fatidique date, pour un étudiant Hutu, c’était l’enfer dans ce campus. Bilan: plus d’une centaine d’étudiants Hutu massacrés, d’autres très nombreux portés disparus.
      Il faut tout faire que cela n’arrive plus, aux Hutu comme aux Tutsi.

      • Banza

        @Mwami
        « C’est vrai qu’on doit se rappeler d’Avril 1988 au campus Mutanga, j’étais là en 2ème Candi Polytechnique A »
        Et que deviens-tu?

      • GISABO

        @Bob MWAMI:  »Nous avons vécu des drames où nous avons découvert que certains de nos camarades Tutsi étaient armés »

        Vous avez malheureusement raison. En réalité, j’ai l’impression que le parti au pouvoir est entrain de rééditer tout ce qui s’est passé au Burundi après la mort dramatique du Président NDADAYE. En plus de cela, ce régime est aussi entrain d’imiter ce que Micombero a fait en 1972 et après. Tout cela sur un fond de déni total : pourchasser les Tutsi, massacrer les ex-FAB, réprimer tous ceux qui ne pensent pas comme le régime en place et j’en passe. Tout cela c’est du déjà-vu. … ! Il reste maintenant qu’une ou plusieurs rebellions armées se déclarent, que la guerre commence et la boucle sera bouclée. Celui qui est à la base de tous ces problèmes là (je ne vais pas le citer pour des raisons de sécurité) peut être fier de son bilan. Le seul problème, et je m’en réjouis, c’est que le tribalisme Hutu-Tutsi que le parti au pouvoir et ses responsables ont voulu raviver pour qu’il leur serve d’alibi politique et de fonds de commerce ne marche pas. Sur les collines et en dépit des discours de la haine, aucun paysan n’a tué un autre pour des raisons ethniques. Ceux qui enlèvent torturent, violent tuent de façon ciblée et extrajudiciaire sont payés pour le faire.

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