http://www.iwacu-burundi.org/wp-content/uploads/2016/09/ICCO-15-O-22-TDRs-Evaluation-a-Mi-Parcours-MAVC-Final.pdf
Publireportages

Union Européenne-FIDA : le PROPA-O sur une bonne lancée

Le PROPA-O (projet pour accélérer l’atteinte de l’OMD 1c) est un projet du gouvernement Burundais lancé officiellement le 31 mai 2013 sur un financement de l’Union Européenne à hauteur de 19 millions d’Euros. Il est supervisé par le FIDA et durera 58 mois. Les bénéficiaires des provinces visitées : Ruyigi, Cankuzo, Rutana ainsi que l’administration s’en félicitent.

Bassin versant

Bassin versant

330 Bovins et 1000 Porcins ont déjà été diffusés, 7.835 hectares de bassins versants protégés, 3.996.604 plants fourragers, agro forestiers et forestiers produits, 28.191 plants de palmier à huile diffusés. Voilà certaines des activités déjà réalisées par le PROPA-O.

Son objectif est de contribuer à l’atteinte de l’OMD 1c qui vise à réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui souffre de la faim. Son exécution implique le PRODEFI, les ONGs ACORD et CAPAD ainsi que trois agences du système des nations unies: La FAO, LE PAM ET L’UNICEF.

A Ruyigi, Cankuzo, Rutana, les provinces visitées en date du 7 au 9 Juillet, les activités réalisées par ce projet part de l’augmentation de la production, la valorisation et l’accès aux marchés à l’amélioration de la situation nutritionnelle des populations.

Et les résultats sont déjà là. Les ménages qui ont reçu des vaches et des porcins témoignent leur satisfaction. Julien Ntahombaye (54 ans) de la colline Nyabitaka de la commune Gisuru en province Ruyigi a reçu une vache le 9 septembre 2014.

« Le souhait de s’acheter un jour une parcelle »

Julien Ntahombaye : « Tous mes enfants vont à l’école grâce à la vente du lait. »

Julien Ntahombaye : « Tous mes enfants vont à l’école grâce à la vente du lait. »

Depuis, elle a déjà mis bas et le veau se porte bien. Souriant, ce père de sept enfants confie que cette vache lui a permis de payer les frais de scolarité pour ses enfants grâce à la vente du lait : « Tous mes enfants n’allaient pas à l’école mais grâce à la vente du lait, j’ai pu leur payer tous une éducation que je n’ai pas eue. » De plus, Julien Ntahombaye a vu ses récoltes doublés grâce au fumier. Il indique qu’à ce rythme, il pourra se construire une maison dans un avenir proche.

Cette satisfaction est partagée par Jeannette Bucumi (21 ans), bénéficiaire également d’une vache grâce au projet PROPA-O sur la sous-colline Buhinga. Sa vache a également mis bas et le veau est en bonne santé. Elle lui donne du lait: « Une partie est vendue le matin et une autre consommée le soir en famille. » Cette vache, soutient-elle, lui permet d’avoir régulièrement du fumier qui lui a permis de tripler ses récoltes la saison culturale passée. Son souhait, confie la benjamine de sa famille, est de pouvoir s’acheter une parcelle.

Jeannette Bucumi : « Je souhaite m’acheter une parcelle dans les prochains jours grâce à cette vache. »

Jeannette Bucumi : « Je souhaite m’acheter une parcelle dans les prochains jours grâce à cette vache. »

Pour Raphaël Ntiyankunze, chef d’antenne du PROPA-O à Ruyigi, les activités sont sur une bonne lancée : « Nous avons diffusé 46 vaches dont 70% étaient gestantes et 131 porcins depuis l’année passée et la plupart se portent bien.»
Et d’expliquer que tout bénéficiaire doit au préalable posséder une propriété suffisante car ces animaux doivent être nourris dans leurs étables et porcheries : « En plus de la bête, le projet octroie à chaque bénéficiaire un crédit de six sacs de ciment pour bien aménager son étable. Le reste de la construction lui incombe.» L’autre spécificité, indique monsieur Ntiyankunze dans ce projet, est l’existence de la chaîne de solidarité communautaire. L’animal distribué, explique-t-il, appartient à la communauté et non à l’individu. Ce qui signifie qu’il ne peut ni le vendre ni le consommer : « Et chaque fois qu’il met bas, l’individu est tenu de transférer soit un veau ou trois porcelets dans la chaîne de solidarité communautaires.»

Plus de 530 kilomètres de fossés antiérosifs creusés

Du côté de la province Cankuzo plus précisément, le PROPA-O va aménager deux marais dans la commune Cendajuru, indique Elie Bunuma, chef d’antenne du projet à Cankuzo : celui de Nyabibugu qui sera aménagé par le PROPA-O et le marais de Kiruhura qui a été aménagé par le PPCDR mais où le PROPA-O interviendra pour le renforcement des capacités des usagers. A Gisagara, les activités seront concentrées autour du marais de Nyabuyumpu Nyamwijima. A Mishiha, le PROPA-O intervient sur le marais de Mbaraga également aménagé par le PPCDR, le projet intervenant essentiellement sur les activités de la mise en valeur. Concernant l’aménagement des bassins versants, le PROPA-O a déjà creusé et végétalisé 530 kilomètres de fossés de lutte antiérosif, produit pendant deux campagnes sylvicoles 2013-2014 et 2015-2016, 830 mille plants agro fourragers et agro forestiers. 4300 plants de palmier à huile ont également été diffusés dont 4064 plants dans la commune Cendajuru.

Une expérience hors du commun

Le cheptel a été également diffusé à Cankuzo. En tout, 94 vaches et 291 porcs (168 à Gisagara et 93 à Cendajuru) ont été diffusés dans la première phase. Sur la colline Rukoyoyo de la zone Nyamugari en commune Cendajuru le projet connaît du succès. Boniface Mugisha, la vingtaine dont le père Paul Nabanyanka a bénéficié d’un verrat en 2014 a du mal à caché sa joie en parlant d’un énorme verrat assis dans une porcherie à quelques mètres de leur maison d’habitation : « Avant l’arrivée de ce verrat, nous n’allions pas à l’école et les frais de soin de santé était une casse tête pour mon père. Mais depuis, non seulement nous étudions tous mais nos récoltes ont augmenté sans parler des revenus de mon père. »

Et il y a de quoi se féliciter. « Tous ceux qui ont des femelles viennent solliciter notre verrat et il gagne un porcelet sur chaque femelle qui met bas, il a déjà eu 16 porcelets en moins de six mois », indique avec fierté Boniface Mugisha. Grâce à l’argent tiré de la vente et le concours d’un ami, le père du jeune homme s’est acheté une vache.

Des champs écoles fermiers en plein expansion

Près de 180 champs écoles fermiers vivrier et élevage ont été également développés par ce projet. Les bénéficiaires directes et indirectes en tirent profit.

Le PROPA-O compte quatre composantes :

L’augmentation de la production et de la productivité agricole par l’aménagement et la gestion des marais et des bassins versants, l’appui à la mise en valeur agricole des marrais et des bassins versant et l’appui à la gestion et l’amélioration du cheptel.

La valorisation des produits agricoles et l’accès aux marchés par la structuration des agri-éleveurs en organisations des producteurs autour des filières porteuses, la mise en place d’infrastructures de marché et de commercialisation et la fabrication de farine fortifiée.

L’amélioration de la situation nutritionnelle des populations par le renforcement des structures locales de santé, l’éducation nutritionnelle, planning familial et hygiène alimentaire (approche FARN/FAN) et la promotion de microprojet pour les vulnérables.

La coordination du programme par la gestion et coordination, le suivi-évaluation et communication.
Il couvre huit provinces : Bujumbura, Bubanza, Cibitoke Bururi, Rutana, Makamba, Cankuzo et Ruyigi.

Le cas le plus illustratif se situe sur la sous-colline Kagunga de la colline Misugi en zone Twinkwavu. Sur place, 12 petites parcelles ont été tracées dans un champ loué à 25 mille Fbu par 28 apprenants. Le PROPA-O, confie Véronique Nahimana, leur « facilitatrice », a fourni deux sortes de semences de choux, du fumier de ferme et l’engrais chimique pour leur apprentissage. L’école, indique Véronique Nahimana, consiste à apprendre aux élèves fermiers comment planter et avoir plus de récolte. Pour ce faire, ils sèment dans deux parcelles différentes, l’un suivant leur méthode traditionnelle et l’autre avec une technique moderne. Ensuite dans le second champ est subdivisé en trois parties : l’une dans lequel l’engrais chimique sera uniquement présent, une autre avec engrais chimique plus du fumier de ferme et enfin la dernière avec du fumier de ferme « et des choux de trois catégories plantées : « Ainsi les apprenants pourront observer de leurs propres yeux les pratiques culturales qui donnent les meilleurs rendements».

Pour la valorisation et l’accès aux marchés, 27 groupements pré-coopératives ont été mis en place et sont en train d’être formés sur la gestion des récoltes.

En ce qui est de l’amélioration de la situation nutritionnelle, différentes activités sont réalisées dont le renforcement des structures locales de santé, renforcement des capacités de professionnels de santé pour la prise en charge nutritionnelle. La mise en place des foyers d’apprentissage et de réhabilitation nutritionnelle (FARN). Ainsi 35 FARNs ont été crées à Cankuzo depuis 2014.

A Rutana dans la commune de Giharo où nous sommes passés, les travaux d’aménagement du marais de Mukazye sont en cours.

La réussite des activités du PROPA-O, comme nous a confié Monsieur Côme Ntiranyibagira, Responsable du PROPA-O, demande l’implication effective de tous les acteurs. Il a précisé en outre, qu’il apprécie positivement le degré de collaboration qui existe entre les différentes parties prenantes ainsi que le niveau d’appropriation des actions du projet par les bénéficiaires et l’administration.

  1   Vos commentaires
  1. Jereve

    Visiblement c’est du beau travail qui mérite des applaudissements au gouvernement, à ses partenaires et à tous les agriculteurs et éleveurs qui ont consciencieusement appliqué les nouvelles méthodes. Ils méritent des médailles, décorations et enveloppes.

Publicité