Économie

Pour une amélioration de la qualité du café burundais

25-03-2015
Marius Bucumi : « Le café burundais, une filière professionnalisée et durable. » ©Iwacu

Marius Bucumi : « Le café burundais, une filière professionnalisée et durable. » ©Iwacu

Une nouvelle stratégie de relance de la filière café au Burundi vient d’être adoptée par la société Interfacé-Burundi en collaboration avec l’Autorité de régulation de la filière café(Arfic). Ce projet est lancé officiellement, ce mardi 24 mars, à l’hôtel King’s conference par le DG de l’Arfic.

Quatre programmes prioritaires seront adoptés dans cette nouvelle stratégie, à savoir : l’augmentation de la productivité et extension du verger ; le renforcement de la mise en marche et promotion de la marque ;le renforcement de la qualité du café ainsi que le renforcement de la gouvernance de la filière café au Burundi.
Pour l’amélioration de la qualité et de la productivité du café burundais, ce programme est évalué à 81 millions de dollars et s’étendra sur 6 ans (2015-2021). Grâce à ce projet, 30.000 tonnes de café par an seront produits, soit le doublement de la production actuelle.

Marius Bucumi, président de l’équipe chargée du suivi de cette nouvelle stratégie, insiste sur l’importance de la filière café au Burundi : « Le café est le principal produit agricole d’exportation ». Et d’ajouter que le pays encaisse 40 à 50 millions de dollars par an. En outre, selon M.Bucumi, le pays compte 600.000 caféiculteurs soit 1/3 de la population rurale.

  9   Vos commentaires
  1. Ntiwihebure

    Ndabashigikiiiiiiiye caaaane, ariko ndanabakenga; abarundi ntidusamara twarasaze. Raba amafaranga y’agaciro nk’ayo tuzi neza ko atahandi igihugu kiri buyakure, ubu akaba ariho bariko bariyumvira « renforcement ». Aho naho nyene rero usanga ari ayo mahera bashaka gucisha kuwepfo, tuzorindire igikorwa mpera umperekeze. Hanyuma ngo ubuzima burazimvye. Bworeka kuzimba gute aho kwiyumvira imigambi ibateza imbere igateza imbere n’abanyagihugu biyumvira gutera induru no kwiba, naho nyene Pacifique n’abandi bavuga baronse budget, umunsi itoboneka wokwumviriza ko badyogora, atari guca bahamvya abandi kunyonora no kunyonyeza: Ewe Burundi bwa nyaburunga ayo ubonye!
    Aho naho nyene rero bavuze ayo kuko abanyagihugu baradundumiwe barazirandura izindi bazihebera mw’ishamba, ubundi bwo ntibiba ari ivyo.
    Ni bagire umwete tuzoraba ko bashitsa isezerano.

  2. Jambo

    L’etat devrait se desengager definitivement de ce secteur du a sa mauvaise gestion depuis 25 ans et preparer les futurs gestionnaires qui devraient etre logiquement les representants designes par les cafeiculteurs veritables proprietaires de la culture et de l’ocibu.
    Il est incomprehensible qu’un cafeiculteur ,a la sueur de son front,gagne une misere par rapport aux administratifs de l’arfic travaillant dans des bureaux climatises,en ayant des salaires tres eleves et des vehicules de fonction hyper chers sous pretexte de la chute des cours mondiaux ,de la guerre … En outre, la production devrait actuellement osciller autour des 100 000 T vu que dans les annees 70,la production tournait autour de 31000-40000T.
    80 milliards de fbu de recettes annuelles me semblent peu comme resultat par rapport aux 600 000 cafeiculteurs actifs.
    Sans ce changement de direction ,meme la culture stevia a encore un long chemin a faire.

    • Baobab

      @Jambo
      « Sans ce changement de direction ,meme la culture stevia a encore un long chemin a faire. »
      Est-ce que stévia va bien cohabiter avec Sosumo (canne à sucre)? Question d’un naïf!

      • Jambo

        La culture de la stevia ne dérangerait pas celle de la sosumo dans la mesure ou la canne a sucre est cultivable principalement dans les régions de basse altitude comme rutana(moso) alors que la stevia pousse facilement dans les prairies,les massifs montagneux .
        Le pays ne peut espérer ou produire plus sans diversifications de cultures vivrières.

        • Baobab

          @Jambo
          Au point de vue du marché; stévia et canne à sucre, ce sont tous les deux des matières 1ères du sucre; peut-être que les marchés cibles sont différents, sinon enfin de compte, la concurrence ou substitution devrait avoir lieu car celui qui consomme le sucre de stévia ne va pas encore consommer celui de la canne à sucre.

      • Jean-Pierre

        @ Baobab.
        Tu n’es pas du tout naif en posant la question. Oui, la Sosumo sera bel et bien concurencée et les pays producteurs de canne à sucre ou de betterave ont refusé l’introduction de la stevia.

        • Jambo

          @Jean -Pierre
          Justement c’est ça le challenge a relever.Pourquoi avoir peur de cette concurrence?Celle ci constitue une motivation pour les sociétés en question d’affiner des stratégies de production,de commerce et pourquoi pas de complémentarité Il n y a pas lieu de suivre les autres qui n’ont pas les même réalités que les nôtres.Autant donc exploiter la plupart de nos terres nues et inexploitees faute de programme agricole en vue …

  3. PCE

    Je n’ai rien contre le site Iwacu ni contre le rédacteur de l’article mais je pense que cet article ne signifie rien si le rédacteur ne lui donne pas un sens . Ce que Madame Clarisse Shaka c’est de l’évenementiel et ca ne veut rien dire lorsqu’on le lit comme cela . La vraie question est de savoir comment on compte augmenter/maintenir la production actuelle à 30.000 T de café.
    Il semble que l’une des stratégies à adopter est l’extension du verger , ceci veut dire augmenter le nombre et/ou la superficie des plantations de café . Peut on me dire ou et comment ?Je viens d’une grande région productrice de café , je sais qu’il n’est plus possible de créer de nouvelles plantations de café dans la province de Ngozi par exemple, il n y a plus de terre pour cela . On ne peut plus mobiliser un terrain de 100m de longueur sur 10 m pour planter que du café , on a besoin de cette terre pour cultiver des haricots ou d’autres légumes qui pourraient résoudre rapidement les problèmes récurrents famine chronique et de sous alimentation! A moins que l’Etat burundais oblige les paysans à libérer des portions de terre occupées par d’autres cultures en faveur du café. Mais ceci est un échec assuré à l’avance.
    Autre question : comment donc augmenter la productivité? Distribuer des engrais et autres intrants agricoles ? On ne le fait plus non plus . Je sais ce dont je parle , j’ai quelques dizaines de plantations de café , j’achète moi même le peu d’engrais que je peux trouver encore que je ne suis pas trop d’accord avec cette méthode chimique , j’y mets davantage des feuilles de bananiers mais il faut les trouver , ma propriété ne me le permet , je suis obligé de les acheter ceux qui n’ont pas de plantations de café.
    Alors que reste t il ? Ce projet risque de rester une enveloppe vide : un projet qui dépense de l’argent pour rien.
    Je propose au contraire de réduire au strict minimum la « bureaucratie du café ». Il existe aujourd’hui toute une administration pléthorique comparable à l’ancien OCIBU qui ne fout rien et est rémunéré sur le profit réalisé par les vrais acteurs dans le domaine du café , les agriculteurs . On en a marre de subir des politiques irresponsables .Il faut réduire cette administration en unités restreintes capables de penser des vraies politiques d’amélioration de la qualité du café produit . Ceci passe par l’implication administrations à la base( administrateurs , chefs de colline…) et l’augmentation du prix de la cerise .
    Je demanderais donc à Madame Clarisse Shaka de demander aux responsables de l’Arfic comment ils comptent s’y prendre . Vous auriez ainsi , chère Madame, fait un bon article .

    • Jean-Pierre

      @ PCE
      Cher Monsieur, votre analyse est très pertinente. Mais ce que je dois vous dire, c’est qu’il ne faut pas compter sur les gouvernants pour améliorer votre condition de vie. Pour le café burundais, c’est complètement fou de voir que le caféiculteur burundais qui produit l’un des meilleurs arabica du monde reste dans la misère totale. Le problème est qu’il y a une mafia d’intermédiaires qui font ce que bon leur semble de ce produit. Pour moi la solution est difficile à atteindre, mais c’est possible d’y arriver. C’est de chercher les moyens de rendre notre café biologique et équitable, ce qui passe par le regroupement en associations. Une fois certifié biologique et équitable, toute la production, la torrefaction, le séchage … se ferait sur les collines et on éliminerait d’office les intermédiaires. Les compagnies biologiques de l’Europe et de l’Amérique du Nord ne tarderaient pas à entrer dans la danse et notre café aurait une plue-value assez importante. Je vis en dehors du pays, mais là où je travaille, si je parviens à trouver un paquet et leur faire goûter notre café (ou le thé), la question suivante qu’on me pose est de savoir où s’approvisionner. Ce n’est donc pas le marché qui manque. Notre café est bradé par des corrompus et des affairistes. Si je vous dis qu’à Ottawa, un des plus grands magasin de la ville qui s’appelle Costco vend du café rwandais, est-ce que vous me coirez?

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