Politique

Mahwa : bavure policière ou légitime défense?

Après la mort d’un jeune gardien de vaches, mercredi 4 janvier 2017, sur la colline Mahwa en commune Ryansoro de la province Gitega, les habitants réclament justice. Une tension règne entre l’ISABU Mahwa et les propriétaires des vaches des environs.

Les pâturages de l’ISABU à Mahwa
Les pâturages de l’ISABU à Mahwa

«On ne sait pas où est passé le policier qui a tiré sur nos enfants», confie un habitant de la colline Mahwa. «On dit qu’il a été muté en catimini», renchérit un autre. Les proches du jeune tué, Valentin Aboyitungiye de la zone Kiryama, commune Songa en province Bururi, réclament justice et fustigent le silence des autorités compétentes. «Les autorités policières et judiciaires devraient prendre leurs responsabilités et traduire devant la justice ce policier.» Pour Cassien Ngendakumana, chef de colline Mahwa, la police a exagérément utilisé la force. «Toutes les instances habilitées n’avaient pas encore échoué pour recourir à cette solution radicale.»

Mercredi 4 janvier 2017, Valentin Aboyitungiye, un jeune élève, a été tué et un autre jeune blessé sous les tirs d’un policier de la station nationale de zootechnique de l’ISABU (Institut des Sciences Agronomique du Burundi) à Mahwa dans la commune de Ryansoro. Selon les témoignages des gens de la localité de Mahwa, trois jeunes bergers faisaient brouter leurs vaches dans les pâturages de l’ISABU Mahwa. Sur ordre du directeur de l’ISABU Mahwa, Aloys Nijimbere, la police a confisqué ces vaches.

«Pas d’intention de tuer»

Des échauffourées éclatent alors entre les policiers et les habitants de la commune Songa qui voulaient récupérer les vaches saisies. «En tirant, le policier a touché un des jeunes gardiens de vaches au cœur, sur les jambes et dans la tête. Il est mort sur le champ», raconte un témoin.Un autre a été blessé à la main. Des témoins indiquent que les habitants ont voulu s’emparer de l’arme du policier.

«Le policier avait l’intention de tirer en l’air et la population s’est jetée sur lui. La balle qu’il a tirée a ainsi atteint le jeune homme», indique Pierre Nkurikiye, porte-parole de la police. « S’il n’est plus à Mahwa, ce n’est qu’une simple mutation.»

Une tension récurrente

La ferme de l’ISABU Mahwa est entourée de quatre communes à savoir Rutovu, Songa et Matana de la province Bururi et Ryansoro de la province Gitega. Selon les habitants, il y a toujours des échauffourées entre la police et les propriétaires de vaches. « Ce n’est pas la première fois que la police tire sur les gens. Chaque fois que la police confisque des vaches, il y a des bagarres », confie Cassien Ngendakumana. La fois passée, poursuit-il, un policier a été blessé.

D’après les témoignages de la population, il s’agit d’un problème récurrent. «Ces pâturages appartiennent à l’ISABU, mais la population ne peut pas s’empêcher d’y faire paître leurs vaches», souligne un cinquantenaire de la colline Gahanda en commune Songa de la province Bururi. «Si ce problème n’est pas résolu dans les plus brefs délais, il y aura toujours des morts», renchérit un autre habitant.

«Les habitants de la commune Songa sont des gens têtus. Comment est-ce qu’un jeune peut s’emparer du fusil d’un policier. C’est incompréhensible», réagit Dorothée Niyongere, administrateur de la commune Songa. Elle fait savoir que l’administration est en train de sensibiliser la population afin de respecter la propriété de l’ISABU. « Ces pâturages appartiennent à l’ISABU et non à la population.» Iwacu a essayé de joindre le directeur de l’ISABU Mahwa, Aloys Nijimbere, en vain.

Forum des lecteurs d'Iwacu

13 réactions
  1. Bakari

    @RUGAMBA RUTAGANZWA
    « Le contraire m’étonnerait pour une police dont la grande majorité reste analphabète …  »

    Vous voulez dire qu’il y a des gens qui sont condamnés à être analphabètes à jamais? Je trouve que cette affirmation n’est pas sympathique de votre part!
    Et pourtant les cours du soir existent bien!
    Probablement qu’il existe des gens impénétrables…

  2. ls

    Donc vous voulez faire paître vos vaches dans les propriété d’autrui sans indemnisation?
    Juste parce que vous le voulez ainsi?
    Et en plus il y a des gens qui osent vous soutenir!
    Teshwa mute!

  3. RUGAMBA RUTAGANZWA

    @Uwayo Beta
     »Même aux USA pays démocrate on ne niaise pas avec un policier il va te tirer dessus, il faut savoir que le policier représente la loi »

    Ne comparez pas l’incomparable. La police burundaise, dressée pour tirer et tuer, souvent à bout portant ou dans le dos des fugitifs non armés, ne saurait, en aucun cas, représenter la loi. Le contraire m’étonnerait pour une police dont la grande majorité reste analphabète et complètement ignorante même de l’éthique professionnelle d’un policier. Cessez de rêver car dans le Royaume du CNDD-FDD, on a encore du chemin avant de vouloir se comparer aux Américains en matière de police. Le ridicule ne tue pas.

  4. Jean Bigirimana.

    Notons que les tueurs d’enfants ne sont pas des monstres…Des anges peut etre d’un autre genre.

  5. Ntazizana

    Je pense qu’il ya de bons examples à tirer des USA excepté la bavure policière Dites-nous quelle loi ce policier a fait représenter? La peine de mort pour Un gardien dont la vache a brouté l’herbe de l’autre? Dans quelle jungle se trouve certains burundais?

  6. Niko

    drôle façon de représenter la loi

  7. Busorongo

    Respectons nous et respectons la chose d’autruit. La pratique des riverains de cette ferme est bien connue. Avec des reactions allant dans le sens d’encourager cette pratique on a encore des morts.
    Que le policier aie tire ne veut pas dire que c’est un monstre. D’ailleurs en France un compatriote a ete tue par balles par des policiers qui l’ont soupconne. Il ne s’etait meme pas attaque a eux.
    Nibareke kwonesha mumirima yabandi murabe ko izo nduru namaraso bidahera.

  8. Karubu alexis

    Cynique cher monsieur!

  9. Uwayo Béata

    @Ntazizana

    Même aux USA pays démocrate on ne niaise pas avec un policier il va te tirer dessus, il faut savoir que le policier représente la loi.

  10. KABADUGARITSE

    Et les pâturages valent plus que la vie d’un burundais! Dans ma patrie la vie ne vaut pas une vie.-

  11. Komezamahoro

    @ Busorongo
    Mbe wasomye neza ko bagiye gufata inkoho kuko yaratnaguye kurasa? Kandi wabonye ko uwapfuye yarshwe kukuguru , kumutwe no kumutima! C’est a dire 3 balles non? comment peux-tu tirer sur les 3 endroits qui ne sont meme pas proches l’ un de l’ autre si tu n’a pas l’ intention de tuer.
    Sauf au Burundi , on ne voit nulle part ailleurs ou le premier reflexe d’un policier est de tuer.
    Condoleances à la famille éprouvée

  12. Ntazizana

    Condoléances à la famille éprouvée.
    Dans Un pays où la culture de la violence est la rėgle, il ne faudrait pas s’étonner que des vies humaines soient fauchées comme des mouches.

  13. Busorongo

    Iyo ndero yo kuja kuragira mumatongo yabandi ngo muzoburana siyo. Aha nuko isabu ifise abapolisi. Ahandi abarimyi barumiwe. Udafise ubwatsi wororera iki ? Mbe nyene burya kwaka umugabo icumu hari aho bitaniye nokumwica ? None yoreka kukwivuna gute ? Uwapfuye Imana imwakire. Abakiriho bitubere icigwa.

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