Société

Le FIDA prend le devant contre le chômage

31-07-2017

Le contrat de partenariat entre le BIT et le FIDA dans l’exécution de la composante EJR du PRODEFI démarré en 2013 dans les provinces Bubanza et Ngozi pour la promotion de l’emploi des jeunes ruraux a pris fin. Le Représentant du FIDA, bailleur de ce projet, se dit satisfait de l’impact qu’il a eu sur l’ensemble des jeunes des provinces concernées. 

C’était un sentiment de satisfaction ce jeudi 20 juillet, à Bujumbura, lors de l’atelier de restitution des résultats du projet de création d’emploi des jeunes ruraux (EJR). Du ministre de la fonction publique, du travail et de l’emploi au Représentant du FIDA au Burundi en passant par le Représentant résident du système des Nations unies au Burundi,…tous ont indiqué que le projet a été un succès.

Le projet EJR consistait au renforcement des capacités de 2000 jeunes, dont l’âge est compris entre 16 et 30 ans, des provinces de Bubanza et Ngozi pour encourager la création des entreprises. Au total, 2000 jeunes ont été formés sur le programme GERME par l’appui de 36 formateurs du réseau GERME (créer et gérer mieux votre entreprise) leur ont dispensé des connaissances nécessaires pour la création et la gestion de l’entreprise. L’accent a été mis particulièrement sur les petites entreprises.

L’objectif global du projet étant la création de 10.000 emplois. Le pari sera gagné. «D’une façon générale, 14.384 emplois permanents ont été créés », a fait savoir Benoît NDIKUMANA, responsable du projet emploi des jeunes ruraux au sein du Programme de développement des filières (PRODEFI).

KADARI Ghachem, Représentant du FIDA au Burundi : «Nous allons poursuivre les financements pour réduire le chômage et l’exode chez les jeunes et les femmes».

A la suite du processus de formation et d’incubation, 6.878 emplois (petit commerce et AGR) ont été créés, 1922 emplois (entreprises et coopératives de production de biens et services), 4 123 emplois (activités d’élevage et 1.407 emplois par les coopératives laitières et rizicoles) ainsi que des emplois saisonniers d’une période de 3 à 6 mois.

«La méthodologie GERME  s’inscrit dans le temps»

Nadja NUTZ, coordinatrice GERME mondiale, estime le taux de réussite du projet à 84,7%. « 1118 sur les 2000 bénéficiaires de la formation ont pu lancer des activités génératrices de revenus». Elle se dit satisfaite du travail fait par les formateurs car ailleurs dans les autres pays, ce taux tourne autour de 50%.

«On ne s’arrête pas avec les 2000 jeunes formés. La méthodologie GERME  s’inscrit dans le temps. Ces jeunes qui en ont bénéficié formeront à leur tour d’autres».

KADARI Ghachem, Représentant du Fonds international pour le développement de l’agriculture (FIDA) au Burundi, promet que le projet continuera. « Nous allons poursuivre les financements et même chercher d’autres». Il indique qu’il ne ménagera aucun effort pour soutenir les initiatives entrepreneuriales des jeunes et des femmes. «Il faut que nos jeunes femmes et hommes restent chez nous, produisent et contribuent au développement de nos pays».

De son côté, Félix MPOZERINIGA, ministre de la Fonction publique, de l’Emploi et du Travail, encourage la liaison de l’apprentissage du métier à l’entrepreneuriat. Cela implique la formation aux métiers, l’entrepreneuriat et la maîtrise de la gestion des entreprises.

Il indique que son ministère sollicitera les jeunes bénéficiaires du projet EJR pour partager les expériences acquises avec les élèves des centres d’enseignement professionnel des métiers.

Aux chômeurs qui n’ont pas trouvé du travail correspondant à leurs formations, ce membre du gouvernement les conseille de se tourner vers les métiers professionnels. «C’est ce qu’on appelle la reconversion professionnelle». Il réitère l’engagement du gouvernement à réduire au maximum le chômage et à contribuer au développement.

Félix Mpozeriniga, ministre du Travail et de l’Emploi : «Il faut joindre l’apprentissage du métier à l’entrepreneuriat».

M. MPOZERINIGA rappelle que le gouvernement a adopté en 2014 une politique nationale de l’emploi. Avec l’appui de l’Organisation internationale du travail(OIT) et le Programme des Nations unies pour le développement, l’objectif est de réduire le chômage par la promotion d’une croissance économique, de l’auto-emploi dans le cadre des petites et moyennes entreprises…

L’expertise de l’OIT a fait ses preuves

Nadège Irakoze, jeune femme, responsable d’une entreprise «Art Innovation» de fabrication des sandales, des bijoux,… opérationnelle depuis mars 2016, en province de Ngozi, ne tarit pas d’éloges envers le projet EJR.

«Jusque-là, mon entreprise existait mais je manquais de capital. Je ne fonctionnais qu’avec 100 mille». Grâce à la formation, elle a pu décrocher un prix de 3 millions dans un concours d’entrepreneuriat.

Mme Irakoze dit avoir rencontré des difficultés dans ses activités. «Cependant, j’ai réussi toujours à m’en sortir». J’ai appris les notions de comptabilité, des ressources humaines, de la trésorerie,…

Elle en est aujourd’hui à un chiffre d’affaires de 7 millions. Son entreprise a 5 employés : 4 fabricants et un vendeur.

Les réalisations de Copimucopo de Bubanza, une coopérative d’élevage de poissons, qui attireront l’attention des participants à cet atelier.   Cyriaque Ndayiragije, son président, indique que cette activité a été motivée en 2014 par le manque de poissons sur le marché. « Notre objectif était de pallier à ce défi et nous y sommes parvenus».

Ayant débuté avec un capital de 25 millions, Copimucopo pèse aujourd’hui 60 millions. Avant que ses membres ne bénéficient de la formation, la production était de 2 tonnes/an. «Elle est aujourd’hui de 6 tonnes». M. Ndayiragije laisse entendre que la coopérative Copimucopo a 5 employés permanents et 50 employés saisonniers.

Quant à Salathiel Ndikumana, nyama mchoma en province de Ngozi, il en arrive désormais à travailler pour soi. C’est grâce à la formation qu’il a appris comment gérer et fructifier les intérêts.

«Avant, je pouvais à peine rentrer avec 40 mille. Je suis désormais à mesure d’avoir 500 mille par jour». C’est par après, poursuit-il, que j’ai commencé à faire des économies. La qualité de son service lui a permis d’avoir une place dans les enceintes de la cathédrale de Ngozi où il travaille aujourd’hui.

«Avant, je pouvais à peine rentrer avec 40 mille francs burundais. Je suis désormais à mesure d’avoir 500 mille Francs burundais par jour. »

  2   Vos commentaires
  1. Audry

    Voilà. Ivyo nivyo bikenewe mu gihugu cacu. Faut prioriser le développement ibindi aprés.

  2. Hamed Oubeid

    Bravo! Ce projet doit continuer avec une phase plus importante. Les ressources doivent être facilement mobilisables.

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