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Environnement

Lac Tanganyika transformé en dépotoir

06-02-2016

Des déchets ménagers, des eaux usées, des plantes envahissantes… contribuent à la pollution de ce patrimoine lacustre régional riche en flore et faune.

Un caniveau conduisant des déchets provenant de l’usine Afritan vers le lac Tanganyika.

Un caniveau conduisant des déchets provenant de l’usine Afritan vers le lac Tanganyika.

Des eaux suffocantes de couleur noirâtre émanant de certains ménages de Buyenzi, Bwiza, ainsi que celles des usines comme Afritan se jettent dans le lac Tanganyika. Celles venues des quartiers éloignés s’y déversent via les rivières Ntahangwa, Muha, Nyabagere, etc.

Selon Théophile Ndarufatiye, assistant du ministre de l’Eau, de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire, la proximité du lac est en soi une menace. C’est le cas des centres urbains de Bujumbura, Rumonge et Nyanza-Lac au sud du pays. « Des eaux usées, des déchets des toilettes provenant des ménages se déversent dans ce patrimoine régional », se lamente Albert Mbonerane, un militant pour la protection de l’environnement. Et moins de la moitié des ménages de la ville de Bujumbura est raccordée aux stations d’épuration des eaux usées de Buterere qui, au demeurant, tombent souvent en panne. « La petite quantité des déchets devant être traitée est alors écoulée vers le lac sans aucun traitement », déplore M. Mbonerane. Il évoque également les déchets des huileries artisanales des provinces Bururi et Makamba.

Celeus Ngowenubusa, expert en environnement, évoque aussi la pollution portuaire : des huiles usées des moteurs de bateaux et d’autres engins sont déversées dans le lac. Même chose pour les produits des stations-services et des garages.

Avec environ 32.900km2, le lac Tanganyika est le plus grand réservoir d’eau douce dans le monde. Sa faune et sa flore sont diversifiées : plus de 2000 espèces animales et végétales. Et plus ou moins 600 de ces espèces sont endémiques. Ses eaux sont partagées entre quatre pays : Burundi (8%) ; République Démocratique du Congo (45°%) ; Tanzanie (41%) et la Zambie (6%).

Quid des produits chimiques ?« En cas de fortes précipitations, suite à l’érosion, les cultures sont emportées vers le lac. Or, en vue d’augmenter la production ou lutter contre les insectes et les chenilles, les agriculteurs utilisent des engrais chimiques et des pesticides », signale M. Ngowenubusa. Idem  pour les riziculteurs, les propriétaires des palmiers à l’huile, etc. Tous ces produits arrivent dans le lac via ses affluents. Il soutient ainsi que les rivières Rusizi, Ntahangwa, Muha, Kanyosha, Mpanda… contribuent dans la pollution de ce « grand réservoir d’eau douce ». Il donne l’exemple de la Rusizi  se trouvant sur la frontière burundo-congolaise : « On remarque qu’à l’embouchure, l’eau est très rougeâtre. Des terres cultivables arrachées par l’érosion viennent s’amasser dans ce lac.»

Suite l’envasement, des plantes envahissantes se développent. Albert Mbonerane affirme que c’est le cas de la jacinthe d’eau qui bloque la lumière et étouffe la surface.

  3   Vos commentaires
  1. venant

    Les signes qui montreront qu’un jour nous serons dans la bonne direction pour protéger notre environnement en général et sauver notre beau lac sont les suivants:

    1. L’énoncé d’une vision nationale claire en matière de développement durable;

    2. L’existence d’une législation et de règlements relatifs à la protection de nos écosystèmes (sol,air, eau);

    3. L’attribution d’une nouvelle mission au ministère de l’environnement et notamment le pouvoir d’accorder ou de refuser au préalable une autorisation à toute entité qui prévoit de déposer, d’émettre ou de rejeter des contaminants dans l’environnement;

    4. L’élaboration de guides techniques permettant aux structures concernées par les questions de protection de l’environnement de se conformer aux exigences du ministère;

    5. L’élaboration d’un projet d’assainissement des eaux du Burundi et la recherche de financements pour permettre d’assainir effectivement les eaux usées de toutes sortes (résidentielles, industrielles, commerciales et institutionnelles).

    N’oublions pas aussi que les ressources humaines dans le domaine de l’assainissement des eaux font cruellement défaut dans notre pays (ingénieurs, techniciens) et que la formation du capital humain est cruciale.

  2. RUGAMBA RUTAGANZWA

    C’est cela un Etat en faillite. Il n’est même pas capable de veiller de façon responsable sur ses patrimoines naturels d’une valeur incommensurable comme le lac Tanganyika. Pauvre Burundi… !

  3. Amagogwa ntasiga ayandi, Tanganika ntirwoguma ruonganutse rukikijwe ukuraho.

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