Politique

Investiture de Nkurunziza : le secret d’Etat et la haute sécurité

24-08-2015

Pierre Nkurunziza a prêté serment ce jeudi 20 août au Palais des congrès de Kigobe. Des cérémonies préparées dans un grand secret et qui se sont déroulées sous haute sécurité.

Les membres de la Cour constitutionnelle félicitent le couple Nkurunziza

Les membres de la Cour constitutionnelle félicitent le couple Nkurunziza

Un message diffusé pour la première fois sur les réseaux sociaux ce jeudi, aux environs de 7h 30 : «Le président Nkurunziza peut prêter serment dans l’avant midi ». Bien des gens pensent que ce sont les sempiternelles rumeurs des réseaux sociaux. Les messages se multiplient, les uns plus précis que les autres. « Les fonctionnaires de la présidence sont en costume et en chemises roses. Il y a sûrement un événement inhabituel ».

Finalement, l’information est confirmée au niveau de l’Assemblée Nationale. La presse peut couvrir l’événement.
Au rond-point point de la place de l’Onu , au niveau de la permanence nationale du parti au pouvoir à Ngagara, des policiers de la garde présidentielle s’activent à réguler la circulation. Seuls les officiels peuvent passer. Les journalistes doivent présenter les badges.

Mais les véhicules sont nombreux entre ce rond-point et l’entrée de la clôture du palais de Kigobe. Et pour cause : déjà au niveau du Boulevard Mwambutsa (route Kigobe), la police fait des check-in. Et quelle police ! Une marée d’hommes armés de roquettes, de mitrailleuses ou des fusils mitrailleurs kalachnikov, avec au moins trois chargeurs de réserve.

A l’entrée de l’enceinte du palais, des travailleurs donnent un coup de peinture aux fûts bourrés de béton servant de balise de protection contre une attaque terroriste.

Passé cette entrée, c’est un check-in minutieux et systématique. Même les députés et sénateurs sont contrôlés. En grande tenue, les hauts gradés de l’armée doivent se mettre aussi à la file indienne avant de subir « la palpation » et le contrôle aux détecteurs à métaux.

Au perron du palais, tout le monde se met en file indienne pour subir un autre contrôle.

Pas de délégation étrangère de haut rang

Le corps diplomatique n’est pas si imposant. L’on signalera la présence des ambassadeurs de Russie, Chine, Egypte, Tanzanie, et de quelques fonctionnaires des autres ambassades à Bujumbura.

Un invité quand même de marque : la ministre sud-africaine de la Sécurité, venue représenter le président Jacob Zuma.

L’Eglise catholique du Burundi n’était pas représentée au haut niveau. Mais on aura vu Monseigneur Anatole Ruberinyange, arrivé à Kigobe dans un véhicule double cabine teinté, sous bonne escorte policière après le président de la République. C’est quand il fut installé que le président Nkurunziza a quitté le salon d’honneur pour entrer à l’hémicycle.

Les cérémonies ont commencé par les prières de Mgr Ruberinyange, puis celui de Sheikh Sadiki Kajandi et de Mgr protestant Bernard Ntahoturi.

A suivi la prestation de serment proprement dite. Devant le Parlement, costume bleu sur cravate rouge, M. Nkurunziza a lu le texte de l’article 106 de la Constitution, d’abord en Kirundi, puis en Français. Son serment a été reçu par la Cour constitutionnelle, sous un tonnerre d’applaudissements, d’impundu (cri aigu traditionnel de joie, ndlr) et même de sifflets.

Le commissaire de police chef Alain Guillaume Bunyoni, Chancelier des Ordres Nationaux, a décerné la décoration de « Grand collier des ordres Nationaux » au président Nkurunziza. Encore des applaudissements nourris. Il a alors prononcé son discours au terme duquel quelques hautes personnalités lui ont présenté des félicitations. L’on signalera que l’accolade entre Nkurunziza et Agathon Rwasa a déclenché un séisme d’applaudissements.

Pierre Nkurunziza : « Ma victoire vous appartient »

Malgré le boycott électoral par certains,le président de la République annonce la révision de la Constitution en son article 129. Objectif : former un gouvernement inclusif.

Pierre Nkurunziza : «Je m’engage à respecter la Constitution, l’Accord d’Arusha et les différents accords de cessez-le-feu. »

Pierre Nkurunziza : «Je m’engage à respecter la Constitution, l’Accord d’Arusha et les différents accords de cessez-le-feu. »

« Gloire à Dieu pour avoir gardé les Burundais. On ne peut pas empêcher le soleil de briller. Ce jour restera inoubliable dans l’histoire du pays», déclare Pierre Nkurunziza. Selon lui, il doit la victoire au peuple burundais, lui qui s’est donné corps et âme pour que le processus électoral aboutisse sans incident. Sa victoire, il la doit également à toutes les personnes qui ont prié pour lui et à la Ceni. Une mention spéciale à la Cour constitutionnelle pour sa bonne lecture de la loi.

Quant aux journalistes, M. Nkurunziza estime qu’ils ont été témoins du bon déroulement des élections. Et de saluer le courage de certains leaders politiques et d’autres candidats à la présidentielle pour avoir accepté le verdict des urnes : « Ma victoire appartient à tous les Burundais, ceux qui m’ont élu ou pas. » En démocratie, le vainqueur règne pour tout le monde. Et Pierre Nkurunziza de rappeler qu’il est à son dernier mandat.

Ouverture et mise en garde

La prochaine étape, assure le président de la République, est la formation d’un gouvernement et des institutions inclusives comme le souhaitent les amis du Burundi. M. Nkurunziza envisage la révision de la Constitution en son article 129. Toutes les décisions, promet-il, seront prises dans le strict respect de la loi.

Il exhorte le retour des réfugiés : « Les fausses rumeurs sont à l’origine de leur départ. » M. Nkurunziza demande à la Commission Terre et Autres Biens de protéger leurs avoirs laissés.

A ceux qui ont pris la voie de la violence, il leur demande de se ressaisir. Sinon, avertit-il, ils subiront le châtiment de Dieu : « Nous n’allons pas tolérer. Tous les yeux sont braqués sur eux. »
Aux leaders politiques, le président recommande la discipline, la tolérance et le strict respect des droits humains : « Des enquêtes sur les assassinats de paisibles citoyens sont en cours. Qu’ils soient au pays ou à l’étranger, leurs auteurs seront traqués. »

La mise en garde, c’est envers la société civile et les confessions religieuses. Une loi régissant les défenseurs des droits de l’Homme va être bientôt votée pour les remettre sur les rails. Les religieux, conseille-t-il, ne doivent pas s’ingérer dans la politique avec le risque de les écarter de leur mission première : la prédication.

De l’insécurité grandissante

La question sécuritaire, déclare Pierre Nkurunziza, préoccupe : « Sans sécurité, rien n’est possible. »Il appelle tout le monde à veiller à sa sauvegarde et de collaborer pour arrêter tous les malfaiteurs endéans deux mois. Une minute de silence est observée en mémoire des illustres disparus dont un ancien compagnon de lutte.
La gratuité de la scolarité, conclut-il, des soins de santé pour les enfants de moins de cinq ans et des mères qui accouchent reste la politique du gouvernement.

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>>>Réactions

Charles Nditije : « Etre contre lui, est-ce être contre Dieu? »

« C’est une prestation de serment en catimini, en cachette et sous haute surveillance, comme si le pays était en guerre », déclare le président de l’Uprona non reconnu par le ministère de l’Intérieur, et membre de la coalition Amizero y’Abarundi. Pour lui, Pierre Nkurunziza a prêté serment en solitaire, comme il est allé dans les élections. Charles Nditije ajoute que cette prestation revêt beaucoup de contradiction. « Le protocole de la présidence avait annoncé cet événement pour le 26 août, pourquoi alors cette précipitation, et qu’est-ce qui se cache derrière ? »

M. Nditije souligne également les menaces contenues dans le discours du président Nkurunziza, alors qu’il devrait être apaisant. « Il a osé dire que ceux qui seront contre lui subiront le châtiment de Dieu. A l’entendre, on dirait qu’être contre lui c’est être contre Dieu, comme s’il était le Bon Dieu sur terre. » En définitive, Charles Nditije ne semble pas étonné : « De toute façon, on en attendait rien de bon. Pour nous, c’est un non-événement. »

Léonce Ngendakumana : « On ne prête pas serment avant les élections »

Le président de l’ADC-Ikibiri a une position catégorique : «On ne peut pas parler de prestation de serment alors qu’il n’y a pas eu d’élections. » Il estime que l’accord d’Arusha, la Constitution, la feuille de route du 13 mars 2013 et d’autres engagements ont indiqué comment les élections de 2015 doivent être préparées. Léonce Ngendakumana constate que Pierre Nkurunziza ne mérite plus de diriger le Burundi : «Il a été incapable de discuter avec différentes couches de la population et de combattre la corruption pendant les dix ans. » Et de se demander comment il peut continuer à diriger le peuple qu’il a divisé, dans cette situation d’insécurité et de crise de confiance grave.

Il demande au président Nkurunziza d’arrêter ‘cette comédie électorale’ : « Il faut plutôt engager des négociations sur les questions de fond pour sécuriser le pays et redonner de l’espoir au peuple burundais. » De cette manière, poursuit M.Ngendakumana, on aura créé un environnement propice, favorable à l’organisation des élections qui unissent les Burundais.

Gaston Sindimwo : « C’est l’aboutissement d’un bon processus électoral »

Le secrétaire général du parti Uprona ne cache pas sa joie : « Ce moment, nous l’avons longtemps attendu car nous avons beaucoup lutté pour y arriver. »

Pour lui, l’investiture du numéro un Burundais est un signe que les élections se sont déroulées dans le calme. Elle ouvre la mise en place des institutions qui vont gouverner le pays les cinq ans à venir. Gaston Sindimwo ne doute pas que le nouveau gouvernement qui va être mis en place s’attèlera au retour effectif de la paix.

Joseph Ntakarutimana : « Qui commence bien finit bien »

Contrairement à une opinion qui estime que la prestation de serment avant le 26 août est une violation de la loi, le premier vice-président du parti présidentiel rassure : « En aucun cas, en témoigne la présence de plusieurs délégations venues nous soutenir. »

Même son de cloche chez Louis Kamwenubusa, porte-parole adjoint du président de la République : « Après la tenue des élections, rien n’empêche le président de la République à prêter serment. » Pour lui, l’évènement de ce jeudi serait une flagrante violation de la Constitution, s’il avait été plutôt reporté après le 26 août.
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>>>Analyse

Les tours de passe-passe constitutionnels du pouvoir

Pour aller jusqu’à faire de Gaston Sindimwo le 1er vice-président de la République, le pouvoir de Pierre Nkrunziza, avec la complicité de la CENI, a fait de véritables tours de passe-passe dignes d’un prestidigitateur. Partant d’abord des résultats des élections. Les partis FNL et Uprona, officiellement reconnus et alliés au pouvoir, ont été balayés par le vote législatif du 29 mai.

L’Uprona de Concilie Nibigira a sauvé de toute justesse 2 sièges de députés, le FNL Bigirimana n’a obtenu que 35.532 voix, soit 1,54% des suffrages exprimés et zéro député. En revanche, la fameuse coalition Amizero y’Abarundi, qui avait boycotté les élections, s’est vu attribuer 30 sièges. Pourtant, cette coalition qualifiée d’indépendante était en réalité une association de deux partis, le FNL d’AgathonRwasa et l’Uprona de Charles Nditije, réputés illégaux.

Là encore les élections (ou la CENI) ont créé une situation difficilement gérable : l’Assemblée nationale compte 20 députés FNL et 10 députés upronistes dont le parti n’existe pas juridiquement. Or la Constitution prévoit à l’article 129 que le gouvernement est constitué de ministres dont le parti a obtenu plus de 5% des votes, ce qui élimine l’UpronaNibigira. Restent le CNDD-FDD, le FNL Rwasa et l’UpronaNditije, soit un parti reconnu et deux non-reconnus… Que faire ? Le problème se pose aussi pour les Vice-présidents qui doivent être des élus et appartenir « à des groupes ethniques et des partis politiques différents » (articles 123 et 124). Mais quels partis en l’occurrence ? Logiquement aux deux partis de la coalition qui a reçu 30 sièges, mais qui n’existent pas légalement.

En définitive, on n’en a pas fini avec les tours de passe-passe constitutionnels, au risque d’escamoter définitivement notre loi fondamentale… Contre vents et marées, Gaston Sindimwo est désormais 1er vice-président de la République.

  14   Vos commentaires
  1. Rutwe

    Pourquoi est-ce que vous censurez mes écrits ? Sommes-nous libres de dire ce que nous voulons ? Vous êtes devenus comme le SNR ? Akari mu mpene niko kari mu ntama. Ils nous tuent, nous torturent, ferment nos radios, violent notre constitution et vous voulez qu’on leur parle selon leurs régles ? Vous faites pitié. Fermez donc ce site !

  2. MICO

    Nahindure vyose na durées za mandats d’ailleurs ace yigumira ho adutware cami gushika Imana imuhamagare.

    • Jambo

      La victoire sans liesse populaire en effet.Je ne me sens pas lié à cette victoire entachée de sang des burundais innocents.Pour l’instant et malgré le désarroi des uns ,Pierre Nkurunziza est et restera président du Burundi jusqu’au jour où le Seigneur en décidera autrement .
      Sans pour autant perdre espoir, acceptons humblement la volonté du Seigneur glorieux.

      • Baobab

        @Jambo
        « Sans pour autant perdre espoir, acceptons humblement la volonté du Seigneur glorieux. »
        On dirait que tu connais la volonté du seigneur! Vas-y! Raconte-nous tout!

        • Jambo

          @Baobab
          Ne me fais pas dire ce que je ne sais pas. Les chemins du Seigneur sont impénétrables.Du reste,il n y a rien de mystérieux dans mes propos,
          juste des faits réels et d’un espoir de paix.

      • Stan Siyomana

        @Jambo
        1. Dans le BEAU PAYS DE MWEZI GISABO qui est un Etat seculaire et qui a un regime republicain, dire ou faire croire aux masses populaires burundaises que l’on est au pouvoir par la volonte de Dieu ne differe en rien des temps du royaume du Burundi ou l’on nous faisait croire que nos futurs rois etaient predestines (PAR DIEU?) a diriger le pays et que la preuve etait qu’il naissaient avec des grains de sorgho dans la main.
        Les etres humains ne devraient pas tenter de meler Dieu dans leurs magouilles de tous les jours.
        2. Un prelat de (l’importante?) Eglise catholique burundaise a bien dit que le 3 eme mandat presidentiel reduit la population burundaise a l’etat d’esclavage/MANDAT YA GATATU NI UBUJA KU BARUNDI.
        3. Donc vous n’avez pas a vous resigner.
        « Acceptons humblement la volonte du Seigneur glorieux » est ce qu’on dit quand on souffre d’une maladie que les medecins ne peuvent pas guerir.
        Les deux jumeaux nigerians Peter et Paul Okoye (du groupe P-Square) nous disent dans leur chanson « E no easy » de 2009/Ce n’est pas facile:
        « When you fail you go stand up again. You try again and again and again… »/Quand vous echouez a faire quelque chose, vous vous relevez encore une fois. Vous essayez encore,encore et encore.
        LA DICTATURE DU 3 EME MANDAT PRESIDENTIEL NE DEVRAIT PAS ETRE LA FIN DE LA DEMOCRATIE AU BEAU PAYS DE MWEZI GISABO.

        • Jambo

          @Stan Siyomana
          DIEU est tout.Si tu es entrain d’écrire des posts sur ce site,c’est qu’ IL t’a prêté souffle, santé et vie pour le faire.
          Ce n’est pas parce qu’IL est invisible aux yeux des gens qu’IL ne voit rien. IL EST OMNISCIENT.

          • Kaminuza

            Le Burundi n’est pas une théocratie! Dans quelle langue faut-il le dire pour que vous le compreniez ? Les croyances religieuses d’un dirigeant n’engagent que lui-même. Cela relève de sa vie privée. Vous avez oublié de donner à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ?

            • Jambo

              @ Kaminuza
              Je connais la place qui revient au Bon DIEU. IL est le créateur de tout ,l’Éternel. Tu es libre de faire ton choix.

          • Mesa

            @ Jambo,

            Oui, Nkurunziza est le president Burundais.
            Il me semble que tu es confus (e) a propos de Dieu. Il nous a cree et nous a donne l’intelligence et la liberte d’agir.
            Micombero a fait un coup d’etat contre le Mwami MWAMBUTSA, et pendant son regne, le prince Charles (dernier fils du roi) et des milliers de burundais seront tues pendant son regne. Avec la meme force et brutalite, Bagaza est devenu notre president,et il s’assura que Micombero ne revienne pas de la Somalie vivant…
            Lui aussi sera chasse par Buyoya avec la meme mechancete! Toute cette haine et criminalite ont ete la volonte du Bon Dieu vous dites??? Quand des puissants africains surtout volent des elections, est-ce la volonte de Dieu? Et le mechant satan?? Ces gens qui payent de l’argent vole a ceux qui « influent les nominations… » pour devenir ministre par exemple… Par la ruse, le mensonge, la tricherie, la violence, donc le peche, les gens gouvernent ce monde. Le cas de Compaore et son ami Sankara reste grave dans beaucoup de memoires en Afrique par exemple. Sur terre, le puissant Bin Laden avec sa mission etaait un leader connu aussi.
            Je dirais simplement que quand nous pechons, nous nous ecartons du bon chemin divin, ce qui semble different de la volonte divine.

            • Jambo

              @Mesa
              Au contraire,je suis lucide.DIEU nous a donné un don:la « liberté « de choisir entre le bien et le mal.L’on ne peut connaitre le bien sans connaitre le mal.Cette dualité est un outil involontaire mais parfois utile dans la vie de tous les jours pour en tirer une leçon et faire le bon choix dans le futur.La descente aux enfers qu’a connue le Burundi pendant la période (Mwambutsa-Buyoya) est due aux mauvais choix des dirigeants de l’époque.Penses tu qu’à l’heure actuelle,nous ayons appris les leçons du passé? Il me semble que non.Où est alors l’intelligence humaine sur laquelle tu comptes apparemment beaucoup plus que DIEU?
              DIEU est un bon professeur aussi patient que miséricordieux pour permettre aux gens de se raviser et de tirer un enseignement positif.
              IL sait aussi bien récompenser que frapper.La récompense est garantie,je t’assure.

          • Stan Siyomana

            @Jambo
            1. Je ne suis pas du tout un athe qui ne crois pas en Dieu, je suis ne dans une famille catholique, j’ai fais mon education primaire et secondaire au Burundi dans des ecoles catholiques ou j’ai quand meme bien passe mes cours de religion.
            Mais je n’accepte pas qu’on utilise le populisme, qu’on essaie de profiter de la naivete/ignorance des masses burundaises, et qu’on utilise « la religion comme l’opium du peuple » (comme disait le dirigeant chinois Mao Tsetoung (1893-1976)) pour arriver a ses fins politiques ou a ses fins de megalomanie.
            2. Le prelat catholique burundais que j’ai cite plus haut et un autre (imam?) a la tete de la confession islamique du Burundi ont bien dit que IYO MANDAT YA GATATU NI UBUJA KU BARUNDI/Le 3 eme mandat presidentiel revient a reduire les masses burundaises a l’esclavage.
            Ces deux eminents burundais, « HOMMES DE DIEU » (DE SURCROIT) SAVENT QUAND MEME QUAND IL FAUT PARLER DE (SIMPLE?) PROCESSUS DEMOCRATIQUE ET QUAND IL FAUT PARLER DE L’INTERVENTION DIVINE (comme quand ils invitent leurs fideles a prier pour la paix au BEAU PAYS DE MWEZI GISABO).
            3. Au debut de tout nouveau mandat presidentiel, nous devrions etre entrain de discuter comment tel ou tel autre programme du Gouvernement va etre execute.
            Malheureusement avec ce troisieme mandat presidentiel meme certains projets (de developpement) peuvent etre arretes puisque l’importante agence allemande de developpement international GZ a deja informe le Secretariat de l’East African Community qu’elle ne va plus soutenir des projets d’integration regionale tant que le Burundi pourrait en beneficier.
            (Voir Trevor… »EAC funding under threat as donors object to Nkurunziza third term » http://www.theeastafrican.co.ke, 22? August 2015).
            4. Aujourd’hui que tous les marches financiers du monde sont en degringolade a cause du relentissement de la croissance de l’economie chinoise (= la 2 eme du monde apres celle des Etats-Unis), nous devrions etre entrain de discuter quel impact ca va avoir sur le Burundi (AU LIEU DE NOUS RENDRE ET NOUS EN REMETTRE A DIEU DE MOISE ET ABRAHAM).
            (Voir « China devalues the yuan, raising fears of currency depreciation in EA », http://www.theeastafrican.co.ke).

            • Sina

              Mr Siyomana,
              Je suis d’accord avec vous quand vous dites que nous ne devons pas utiliser Dieu pour dissimuler notre incapacité à nous choisir des bons dirigeants (pourtant vous citez un prêtre et un imam pour confirmer leur autorité moral).
              Par contre, je ne comprendrai jamais pourquoi le peuple Burundais continue à être qualifié de NAIF et IGNORANT. Vous citez Mao (qui a œuvré pour que le peuple chinois ait une voix), vous semblez être au courant des perturbations sur les marchés financiers (ce qui n’affecte nullement ou presque pas l’économie burundaise, à mon avis) et vous parlez d’une menace d’arrêter le financement de projets de l’EAC (un chantage politico-economique qu’il faut au contraire condamner) et je ne comprends pas en quoi cela vous amène à insulter le peuple en le qualifiant de masse naïf et ignorant. Ce serai bcp plus naïf à mon avis d’ignorer le peuple et de vouloir le gouverner. Merci

            • Stan Siyomana

              @Sina
              1. Pour les questions economiques ou/et financieres, il faudrait lire les articles que j’ai cites.
              D’ailleurs mon ordinateur vient de recevoir le message que l’important indice des valeurs americaines Dow Jones Industrial Average vient de commencer le jour a plus de 300 points au-dessus de sa fermeture d’hier.
              2. Voici au moins deux raisons (A et B) pourquoi je pense que les masses burundaises sont naives et ignorantes.
              A. A la veille des elections au Burundi, vous allez sur le site http://www.cndd-fdd.org du parti qui vient de remporter les elections, ou sur le site http://www.rtnbdi.bi de la Radio et Television Nationale du Burundi et vous ne trouvez rien sur le programme du 3 eme mandat presidentiel.
              Vous vous demandez alors: « Ces gens auraient vote massivement pourquoi?, esperant arriver a quoi a la fin de ce 3 eme mandat? »
              B. Et quand vous lisez l’article d’Ilona Eveleens (= journaliste neerlandaise? allemande? base a Nairobi, Kenya) apres sa visite au Burundi et qui dit:
              « La population rurale, a majorite hutu, n’a pas encore oublie la guerre qui s’est termine en 2005. L’ancienne generation en particulier croit que Nkurunziza, un ancien chef rebelle, doit rester president pour les proteger contre ce qu’ils percoivent comme un danger venant de la communaute Tutsi/in order to protect them against what they perceive as a Tutsi threat… »
              (Voir Ilona Eveleens: « A land frozen in time. Burundi then and now- real reason Nkurunziza « won » a 3 rd term, and his big trump card », http://mgafrica.com, 31 July 2015).
              Quinze ans apres les Accords de paix (entre les burundais) de 2000, ET SI L’ON CROIT VRAIMENT EN CES ACCORDS, l’on ne devrait plus propager des « NIWE WENYENE »/Il est notre seul candidat(notre seul sauveur?), « BOCA TWESE BATUMARA »/L’on va tous nous liquider.
              Ce qui ne peut que perpetrer un climat de mefiance entre les differentes composantes de la societe burundaise (laquelle societe a plus que jamais besoin d’etre unie pour pouvoir etre competitive sur le plan regional et international).

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