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Interviews

Interview exclusive avec le gouverneur de Cibitoke :«La sécurité est totale sur la frontière »

07-12-2017

Des cadavres flottants sur la Rusizi, spéculation sur la vente du ciment, pénurie d’eau potable, relations avec les pays limitrophes, etc. Rencontre avec Joseph Iteriteka.

 

Joseph Iteriteka, gouverneur de Cibitoke

Depuis la crise de 2015, il y a des frictions entre le Burundi et le Rwanda. Aujourd’hui, quelle est la situation sur la frontière entre les deux pays ?

De notre côté, on se préoccupe plus de la situation sécuritaire sur notre territoire. Et cette dernière est très bonne. Avec l’aide des comités mixtes de sécurité et de la quadrilogie, la sécurité est totale sur la frontière. Aussi bien celle que nous partageons avec le Rwanda qu’avec la RDC. Il n’y a aucun problème.

Toutefois, certaines sources signalent des cadavres ligotés et enveloppés dans des sachets flottant sur la rivière Rusizi…

C’est nouveau pour moi. Vous pouvez peut-être vous adresser à ces personnes-là. Je pense qu’il faut bien vérifier. Parce qu’aujourd’hui, il y a des gens qui racontent du n’importe quoi avec d’autres visées inavouées. En vérité, ces cadavres n’existent pas.

Qu’en est-il des échanges entre la province et les pays frontaliers comme le Rwanda ?

Avant d’approvisionner les étrangers, il faut d’abord penser aux compatriotes. Il y avait beaucoup de produits qui étaient exportés vers les autres pays alors que nos compatriotes en ont besoin. Dans certaines provinces, des gens mouraient de faim. Il n’y a pas vraiment des lamentations des agriculteurs concernant l’écoulement de leurs produits.

Dernièrement, le président de la République a annoncé le début de l’extraction de différents minerais dans votre province. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

C’est vraiment une bonne chose. Dans la commune Mabayi, il y a plusieurs tonnes d’or et d’autres minerais. Les gens vont être embauchés, un terrain moderne de volleyball est déjà construit, des routes, des écoles, de l’électricité … vont suivre. Beaucoup de projets dans l’intérêt de la population. En plus, la commune va encaisser 50 mille dollars américains par an.

Mais il y a déjà des lamentations chez les anciens orpailleurs

Je pense que la population ne devrait pas se lamenter. Auparavant, l’extraction était faite de façon archaïque et individuelle. Mais aujourd’hui, même ces anciens orpailleurs en tireront profit via ces écoles, ces routes, l’électricité, etc. Cela sera bénéfique pour toute la population et le pays. A vrai dire, ces anciens orpailleurs perdaient beaucoup d’énergies sans rien récolter.

A Cibitoke, il existe une usine de fabrication du ciment. Mais, ce produit s’y raréfie et y est cher. Pourquoi ?

Oui. La province a eu la chance d’avoir l’usine Buceco. Mais de temps en temps, ils ont des problèmes de moyens matériels parce qu’ils importent la matière première. Ce qui fait que la production n’est pas toujours suffisante. Et par conséquent, les commerçants spéculent.

Et la solution ?

Nous avons tenu une réunion avec les dirigeants de l’usine, les commerçants et les administratifs. Et ce dans le but d’arrêter des mesures pouvant permettre à la population d’avoir facilement ce produit. Le constat a été que tout le monde veut faire le commerce du ciment car c’est un produit très recherché. Ainsi, chaque vendeur fait monter le prix à sa guise.

Nous avons alors décidé que chaque commune ait un seul dépôt, un seul vendeur. Et selon les clauses de la réunion, un sac de ciment doit être vendu à 22.500Fbu. Certains commerçants le vendaient même à 32.000Fbu. Et sur chaque dépôt, on va mettre un cadenas de la commune et le suivi sera strict.

Vous ne craignez pas que les commerçants profitent de la nuit pour reprendre leurs vieilles habitudes ?

Je ne pense pas. La quadrilogie fonctionne efficacement, et ce 24h/24. Nous comptons là-dessus. Celui qui tentera encore de spéculer sera démasqué et sévèrement puni. Les commerçants le savent.

Il s’observe dans la province de Cibitoke une pénurie d’eau potable. Y aurait-il des projets en cours pour pallier ce problème?

C’est en effet un problème auquel nous faisons face. Toutefois, nous remercions le gouvernement du Burundi qui ne ménage aucun effort pour aider la population.

Dans le cadre des 500 millions de Fbu que le gouvernement met à la disposition des communes, ce projet d’eau potable vient en première place. Par exemple, les communes Mugina et Rugombo se sont déjà mises ensemble pour construire un canal d’eau potable. Je pense que cela va atténuer ce manque criant d’eau potable.

Nous saluons aussi les efforts de nos partenaires et de la Regideso afin de trouver une solution à ce problème. Cette dernière a aujourd’hui installé de gros tuyaux pour alimenter le centre Cibitoke en pleine extension.

Malgré la construction des écoles, le taux d’abandon reste élevé dans votre province. Qu’êtes-vous en train de faire pour juguler ce phénomène?

Il arrive que les élèves abandonnent leurs études pour plusieurs raisons. Nous avons pris des mesures, notamment l’organisation des réunions de sensibilisation entre les autorités administratives, les responsables éducatifs et les parents. Aujourd’hui, les parents et les élèves ont compris les avantages d’avoir un diplôme, les terres s’étant sensiblement rétrécies. De plus, nous avons mis sur chaque colline, des comités d’éducation composés par des membres des comités mixtes de sécurité et des parents afin de déterminer les causes réelles de ces abandons. Ils vont suivre tous les enfants. Cela va aider à diminuer ces cas d’abandon.

Quels sont les grands chantiers que la province a déjà réalisés ?

Le développement dans notre province est une réalité. Des écoles, des centres de santé, un stade moderne de football … ont été construits. Des hôpitaux ont été également réhabilités. Sans oublier la présence de deux universités. La population mange à sa faim. Cibitoke constitue actuellement le grand grenier du pays, grâce à la paix et la sécurité qui y règnent.

  6   Vos commentaires
  1. Jean Habonimana

    A la lecture de cette interview, j’ai eu la même réaction que Senyamwiza Jean-Claude : J’ai eu pitié pour l’indigence intellectuelle de nos dirigeants et est venu à l’esprit l’image qui a fait le tour du net nous montrant croupissant à ras de terre alors que les voisins que nous détestons jouent dans la cour des grands à Davos, Harvard, Tel-Aviv etc.

  2. YOO !

    « C’est nouveau pour moi. Vous pouvez peut-être vous adresser à ces personnes-là. Je pense qu’il faut bien vérifier. Parce qu’aujourd’hui, il y a des gens qui racontent du n’importe quoi avec d’autres visées inavouées. En vérité, ces cadavres n’existent pas. » ! Chers journalistes, vous êtes mal informés et vous informez mail !!! Circulez il n’y a rien à voir.

  3. Urbaniste 2

    De grands projets, un « terrain de volley ball est déja construit » … Des Jeux sans le Pain …

    • SENYAMWIZA Jean Claude

      Quelle Vision, quel leadership ? Avec des dirigeants incompétents, violents et corrompus, ce pays est vraiment tombé trop bas… ! D’après les statistiques de la banque mondiale de 2016, ce pays le plus pauvre du monde avec un PIB à 295$/tête habitant
      (https://twitter.com/hallaboutafrica/status/938369307909722112). En d’autres mots, ceci veut dire simplement qu’un Burundais en moyenne ne gagne même pas 10.000 francs burundais par an ! Le responsable de ce bilan désastreux persiste et signe pour changer la constitution et régner à vie sur ce pays meurtri afin de continuer de jouir du pouvoir lui, sa famille et ses amis et ce, au détriment de 99% de la population burundaise qui croupit dans une misère sans nom et qui n’a fait que s’empirer depuis la malheureuse décision d’avril 2015 de briguer un 3è mandat de tous les dangers. Qui sauvera notre pays ?

      • Banza

        @SENYAMWIZA Jean Claude
         » …au détriment de 99% de la population burundaise qui croupit dans une misère sans nom… »

        Eh! Que racontez-vous?
        Il y a quelques jours paraissait ici un article sur un concours de beauté de superbes femmes rondes. Un internaute nous a certifié que nombreuses personnes souffrent d’obésité aussi bien dans la capitale qu’en provinces. Vous voulez dire que tous ces gens sont dans la misère tout en mangeant trop? Expliquez-moi!

        • Stan Siyomana

          @Banza: « Vous voulez dire que tous ces gens SONT DANS LA MISERE TOUT EN MANGEANT TROP? Expliquez-moi! »
          1. In PIB de $295 par habitant par an revient a $24,58 par habitant par mois.
          2. Tenons compte du grand taux de chomage parmi la jeunesse burundaise (par leur age, ces six femmes burundaises qui ont pris part a la competition regionale des femmes rondes sont des jeunes).
          3. Supposons qu’une de ces femmes vit avec son mari et deux enfants, donc pour cette famille de 4 personnes, le PIB serait de $24,58 x 4 = $98,33. Au taux officiel de change de 1.750,03 Fbu par dollar americain, le PIB de $98,33 pour cette famille est equivalent a 98,33 x 1.750,03 Fbu = 172.086,28 Fbu par mois.
          4. IL FAUDRAIT VOIR LA DIFFERENCE ENTRE CE QUE MONSIEUR ET MADAME GAGNENT PAR MOIS ET LES 172.086,28 Fbu POUR CONCLURE SI OUI OU NON MISS RONDE VIT DANS UNE FAMILLE RICHE.

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