Politique

Encore une résolution qui dérange

16/07/2018 Agnès Ndirubusa Commentaires fermés sur Encore une résolution qui dérange
Encore une résolution qui dérange
Le parlement européen en plein débat sur la situation du Burundi

Le parlement européen a adopté une résolution sur le Burundi. Il dresse un tableau plutôt sombre de la situation qui prévaut au Burundi. Bujumbura crie à la calomnie

C’est un réquisitoire sévère. Impunité permanente, exé-cutions sommaires, torture, disparitions forcées et détentions arbitraires, le pouvoir égislatif européen exprime sa profonde préoccupation. Le bilan de la crise qui débute en 2015 est alarmant.

Il évoque notamment quelques 1,67 million de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire et de plus de 410 mille réfugiés.Pour cette institution, pas question de se laisser distraire par le discours du président annonçant son retrait en 2020. La CPI doit poursuivre son enquête préliminaire. Il y a risque que la crise politique actuelle ne se transforme en un conflit ethnique. La preuve : des discours de haine indiquant « Les opposants, les membres de la société civile, les journalistes et les Tutsis comme des «ennemis du régime» qui doivent être éliminés »

Il est donc hors de question de reprendre l’aide financière directe, les sanctions doivent être maintenues. Un dégel n’est possible que s’il y a retour à l’État de droit et à la démocratie.

Ce parlement européen va plus loin. Il demande de fermer le robinet pour tout paiement supplémentaire aux contingents burundais engagés dans des missions de maintien de la paix des Nations unies et de l’Union africaine.

Une résolution condamnée par Bujumbura

Selon cette résolution, la piste essentielle pour redynamiser le dialogue inter-burundais qui accuse une lenteur serait une reprise urgente des pourparlers de manière inclusive et sans conditions préalables.

Le projet de résolution avait été soumis le 5 juillet. Le débat sur ce draft a eu lieu en fin de semaine dernière au parlement européen.

Des députés, à l’instar du Belge, Louis Michel l’ont défendu bec et ongles. Le parlement européen a statué sur l’adoption de la résolution. Il reste toutefois à l’exécutif européen de décider jusqu’où il veut aller dans la prise en compte de cette proposition parlementaire.

En tout cas, Bujumbura condamne et parle d’acharnement. Ce groupe de parlementaires européens qui a soumis le projet de résolution sont de mauvaise foi et éludent la nette amélioration de la situation du Burundi.

Au sein du parti Cndd-Fdd, on ne décolère pas. Cette résolution n’est qu’une autre preuve de plus du soutien des putschistes par certains cadres européens. Ces derniers ont actuellement du mal à digérer leur défaite et s’amusent à falsifier la vérité sur la situation du pays.

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Réactions

Willy Nyamitwe : « Ils ont du mal à reconnaître qu’ils se sont trompés »

Le Conseiller principal à la prési￾dence de la République évoque une animosité, vu la teneur de la résolu￾tion en question. Selon l’ambassadeur Willy Nyamitwe, on est en droit de s’interroger si la paix, la sécurité et la quiétude qui prévalent au Burundi ne sont pas de nature à déranger certains individus qui ont tout donné et investi dans la déstabilisation du Burundi et qui ont du mal à reconnaître qu’ils se sont trompés dans leurs analyses et qu’ils ont tout simplement échoué.

Anicet Niyonkuru «  L'argent du contribuable européen ne doit pas renforcer la dictature»

Le secrétaire exécutif du Cnared salue   « l’initiative et la hauteur d’esprit de ces députés européens » qui ont émis cette proposition de résolution. Anicet Niyonkuru avait encouragé sur twitter tous les députés du parlement européen à voter pour « cette précieuse résolution ». Selon lui, « l'argent du contribuable européen ne doit pas renforcer la dictature. »

Agathon Rwasa : «C’est Bujumbura qui donne matière » 

Le premier vice-président de l’Assemblée nationale indique que c’est le pouvoir qui donne matière à ceux qui pondent des résolutions en sa défaveur. Selon Agathon Rwasa, les arrestations de ceux qui ont voté non à la révision de la constitution se poursuivent jusqu’à présent. « Pour￾quoi dresser la liste de ceux qui ont milité pour le non et procéder aux arrestations et aux intimidations si on se dit être un pays des droits de l’Homme.» Il estime que Bujumbura devrait privilégier le dialogue pour régler les tensions avec ses partenaires.

Abel Gashatsi : « Les troupes burundaises au service de la sécurité internationale »

Pour le président de l’Uprona, c’est d’abord dans l’intérêt de la sécurité internationale que les troupes burundaises assurent le maintien de la paix en particulier en Somalie, au péril de leur vie. Abel Gashatsi demande au parlement européen de reconnaître l’amélioration de la situation au Burundi et de ne pas prêter une oreille attentive aux rumeurs et aux médisances. Il encourage cette institution européenne d’aider le Burundi à cheminer vers les élections de 2020.

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Editorial de la semaine

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Léandre Sikuyavuga Commentaires fermés sur L’autre…

La loi de proximité.  » Un des principes sacro-saints du journalisme. Contre toute attente, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe se retirent le 12 novembre de l’Accord de Genève  qu’ils avaient signé la veille pour désigner un candidat unique de l’opposition (…)

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